2 décembre 2017

Il court, il court, le furet (M.J. Arlidge)

Résumé :
Southampton, quartier rouge. Le corps d'un homme est retrouvé atrocement mutilé et le coeur arraché. Peu de temps après, un colis est déposé au domicile de la victime. En l'ouvrant, sa femme découvre, posé sur un tas de journaux, le coeur du disparu. Lorsqu'un deuxième corps es retrouvé avec la même mise en scène macabre, la peur s'empare de la ville. Le tueur en série est bientôt comparé à un Jack l'éventreur qui s'en prendrait aux clients : ses victimes, des hommes respectables, fréquentaient tous en secret les bas-fonds de la ville. Chargée de l'enquête, le commandant Helen Grace doit arrêter ce tueur déchaîné avant qu'il ne frappe de nouveau...

Mon avis :
Quelle joie !
Quelle joie immense de retrouver l'écriture de M.J. Arlidge qui m'avait conquise avec Am Stram Gram. De retrouver Helen Grace, cette flic aussi efficace que torturée, et Charlie, qui se remet comme elle peut de ce qu'elle a vécu peu de temps avant.
Ce duo est tellement merveilleux.
J'aime ces polars dans lesquels les principaux rôles sont donnés aux femmes (coucou le féminisme), loin des clichés que l'on peut lire ailleurs. Elles ne sont pas victimes. Ou pas comme on l'entend en général.

Nous retrouvons notre équipe un peu plus d'un an après Am Stram Gram. Tout le monde tente de surmonter un peu cette affaire qui a fait pas mal de dégâts.
Un respectable père de famille est découvert éventré dans le coin des putes. Dès le départ on comprend que rien ne sera facile pour les flics. Les cadavres tombent comme des mouches, ces hommes sont simplement torturés et tués de manière abominable.

J'ai passé un moment fabuleux. Les chapitres courts, l'écriture fluide, l'histoire passionnante et atroce.
Helen et Charlie qui doivent faire avec leurs cicatrices et leur traumatisme tout en menant à bien l'enquête, avec tellement peu d'indices ou de début de piste.
J'ai été horrifiée et scandalisée par la fin (ou du moins une partie). Les apparences, le sadisme, la cruauté, les sévices, la rage.
J'ai eu énormément de peine pour certains personnages, j'ai été heureuse pour d'autres, attendrie à certains moments de l'histoire.

Cette suite est clairement plus cruelle, plus degueu que le premier volume. Une merveille.

26 novembre 2017

La veuve (Fiona Barton)

Résumé :
La vie de Jane Taylor a toujours été ordinaire.
Un travail sans histoire, une jolie maison, un mari attentionné, en somme tout ce dont elle pouvait rêver, ou presque.
Jusqu'au jour où une petite fille disparaît et où les médias désignent Glen, son époux, comme LE suspect principal de cet acte.
Depuis, plus rien n'a été pareil.
Jane devient l'épouse d'un criminel aux yeux de tous.
Les quatre années suivantes ressemblent à une descente aux enfers : accusée par la justice, assaillie par les médias, abandonnée par les amis, elle ne connaît plus le bonheur ni la tranquillité, même après un acquittement.
Mais aujourd'hui, Glen est mort. Fauché par un bus.
Ne reste que Jane, celle qui a tout subi, qui pourtant n'est jamais partie.
Traquée par un policier en quête de vérité et une journaliste sans scrupule, la veuve va-t-elle enfin livrer sa version de l'histoire ?

Mon avis :
Le roman commence avec la mort de Glen. C'est rapide, soudain, on y assiste sans bien comprendre comment ça a pu arriver.
Les chapitres ensuite s'alternent entre le passé et le présent. Chacun centré sur un personnage. Le flic, la veuve, la journaliste, etc.
C'était super intéressant d'avoir tous ces différents points de vue pour une même situation.
Dès la mort de Glen, Jane est envahie par Kate, la journaliste. Elle lui propose son épaule pour pleurer puis une interview pour raconter ce qu'elle sait.
Une grande partie du roman relate la disparition de Bella, la petite fille. On apprend les circonstances du drame, l'avancée (ou non) de l'enquête, la vie de Glen et de la mère de Bella.
Jane nous livre sa version.
Jane est jeune, naïve et totalement soumise à son mari. Il n'y a pas de violence conjugale, Jane n'est pas maltraitée. Elle s'est simplement effacée derrière Glen. Il a toujours raison, elle n'a aucun avis sur rien et suit aveuglement ses conseils.
Quelle souffrance enfouit-elle ? Quel est son secret ? Que sait-elle ?

Que dire. Ce fut une lecture pas mal laborieuse. J'ai eu énormément de mal à rentrer dans l'histoire. Je n'ai pas été franchement passionnée par ce que je lisais. C'était intéressant, voir même sympa, mais loin d'être palpitant.
Il ne se passe strictement rien. On suit l'enquête, l'interview de Jane, on cherche à comprendre mais c'est tellement facile.
Même la fin laisse un arrière-goût de "bof" je trouve. Rien de bien transcendant même si c'est à ce moment que l'on comprend l'ampleur de l'affaire.
Jane pourrait être un personnage hyper intéressant, femme soumise mais avec son petit caractère. Mais elle n'est pas assez creusée, travaillée. Ni les autres personnages d'ailleurs.

La vérité fini par éclater et c'est bien le seul truc intéressant de ce roman. Le reste est moyen et j'en suis sortie assez déçue.

18 novembre 2017

Derrière les portes (B.A. Paris)

Résumé :
Jack est un homme charmant, un avocat brillant et un époux attentionné.
Grace est une femme élégante, une maîtresse de maison talentueuse.
Mais pourquoi ne la voit-on jamais sans son mari ?

Parfois, un mariage parfait cache un mensonge parfait.

Et vous, connaissez-vous vraiment vos amis ?

Mon avis :
Wahou. Je n'ai que ce mot à la bouche depuis que j'ai refermé ce livre. Wahou.
Jack est un brillant avocat, il s'occupe de défendre des femmes victimes de violences conjugales. Il est beau, tout lui réussit, c'est l'homme parfait.
Il rencontre par hasard Grace un après midi près d'un kiosque. Elle s'amuse avec sa petite sœur, Millie.
Rapidement, Jack et Grace tombent follement amoureux et se marient.
Le cauchemar commence durant le voyage de noces. Une fois dans leur chambre d'hôtel, Grace comprend qu'elle vient de faire la plus grosse connerie de sa vie, que désormais elle vivra un véritable cauchemar et qu'elle ne pourra jamais en sortir.
Elle ne perd malgré tout pas espoir, elle doit absolument tenir bon, pour sa sœur qui n'a plus qu'elle.

Jack est un putain de manipulateur. Rapidement, il a éloigné Grace de tous ses proches, il lui a tout retiré. Il ne lui a laissé aucune chance de lui échapper. Jack est intelligent mais aussi très malin.
L'entourage du couple ne devine pas une seule seconde la détresse de Grace. Et bien évidemment, si elle tente quoi que ce soit, Jack le lui fera payer.

Un thriller haletant, totalement passionnant, envoûtant. Si vous cherchiez la définition de "page-turner", ne cherchez pas plus loin que ce roman.
L'écriture de B.A. Paris est fascinante. Les chapitres alternent entre le passé et le présent, l'idylle et l'enfer. Parfois j'ai eu un peu de mal à restituer dans le temps, je me mélangeais certains détails, mais la lecture reste passionnante.
B.A. Paris dénonce avec brio les violences conjugales, la descente aux enfers, le pouvoir de manipulation des pervers narcissiques, de ces hommes avides de domination. Jack ne manipule pas uniquement sa femme, mais également leurs proches, ami.e.s ou collègues. Tout le danger est là : comment reconnaître un homme violent dans l'intimité de son couple quand il n'en montre que ce qu'il veut bien montrer ? Comment une femme intelligente, forte, indépendante et très bien insérée socialement et professionnellement peut-elle en arriver à se faire piéger, à être aveuglée ?
La société culpabilise systématiquement ces femmes. On n'a qu'à partir, quitter un homme ce n'est pas bien compliqué.
Si, ça l'est. Une femme victime de son mari est isolée et impuissante. Toutes les femmes, aussi fortes soient-elles peuvent être un jour victimes de violences conjugales.

J'ai été absolument époustouflée par ce bouquin. Impossible de le lâcher, j'étais plongée dans ma lecture, fascinée par Grace, sa force, son envie de s'en sortir, ses échecs.
Il y a aussi un autre personnage que j'ai particulièrement plus aimé que les autres, mais en dévoilant son nom je risque de vous spoiler et je ne veux pas vous retirer tout le plaisir de ce roman.
Juste, la fin est prodigieuse. Une des fins les plus dingues.
Je crois que ce thriller est un coup de cœur.

17 novembre 2017

Frappe-toi le coeur (Amélie Nothomb)

Résumé :
« Frappe-toi le cœur, c'est là qu'est le génie. »

Mon avis :
Ça fait énormément de temps que je n'avais pas lu Amélie Nothomb. J'aime tellement cette personne, l'auteure, la femme, sa vie, ses mystères, les histoires qu'elle raconte.
Ses romans sont toujours (trop) courts, on ne peut pas en profiter autant qu'ils le méritent. Et pourtant ils racontent tellement.

Ici, l'auteure s'attaque au sujet le plus épineux qui soit : la maternité. Il y a 150 manuels qui veulent nous expliquer comment être une "bonne mère", enfin, une mère qui ne sera jugée par personne, jamais regardée de travers. Mais personne ne nous explique vraiment comment être et faire dans la pratique.
Comment aimer nos enfants ? Quelle est la limite entre le trop et le pas assez ? Quelles conséquence selon à quel point on les aime (ou pas) ? Comment les élever avec nos défauts, nos névroses, notre caractère ?
Nous sommes ce que nous sommes grâce (ou à cause) de nos parents. Ce qu'ils ont été avec nous, l'amour qu'ils nous ont porté, tout ça a fait de nous l'adulte que nous sommes. Bon ou mauvais, on le leur doit.
Marie n'aime pas sa fille, Diane. Marie a grandie admirée de tou.te.s, tout le temps, depuis toujours. Belle, intelligente, merveilleuse Marie. Et puis un jour, Diane naît. La jalousie maladive de Marie explose. Diane est une petite merveille, une enfant absolument adorable et tellement mignonne. Tout ça rend Marie folle. Personne (ou presque) ne le remarque. Comment Diane peut-elle se construire sereinement avec une mère qui ne lui monte aucune signe d'affection ? Quelle adulte deviendra-t-elle ?

Amélie Nothomb nous décrit ici tous les ravages d'une mauvaise maternité. Le désamour, l'attente d'admiration ou d'attention. Les conséquences plus ou moins graves que tout ça peut avoir.

Ce texte est beau, vrai, violent, fabuleux. La recherche d'amour et de figure maternelle de Diane, la carapace qu'elle a été obligée de se forger pour survivre à sa mère.
Sublime.

16 novembre 2017

Sans faille (Valentin Musso)

Résumé :
Connait-on vraiment ses amis ? Romuald, Théo, Dorothée, David et Juliette se retrouvent pour une randonnée dans les Pyrénées. C'est Romuald, à qui tout réussit, qui les a invités dans son luxueux chalet. Mais la montagne lui est-elle aussi familière qu'il le prétend ?
L’expédition tourne au cauchemar. Le groupe s'égare, les secrets et les rivalités surgissent. Jusqu'au drame...

Mon avis :
Ça fait bien longtemps que j'ai eu la curiosité de lire Musso. J'ai d'abord tenté Guillaume et j'ai absolument pas adhéré. Alors j'ai lâché l'affaire mais évidemment tout le monde parlait à coté de Valentin, c'est très différent, ses romans sont vraiment bien, etc etc.
Alors j'ai tenté. J'ai rencontré l'auteur totalement à l'aveugle il y a quelques semaines. Je suis allée lui parler, lui faire dédicacé les deux romans que j'ai de lui, sans même savoir ce que je lirai un jour, si ça allait vraiment me plaire, etc.
Et puis pour vous dire la vérité, Musso et moi, on a pas mal de points communs. J'ai vécu 22 ans sur la cote d'azur dont 3 ou 4 à Antibes. Alors oui je suis ultra chauvine pour le coup.

Bref, en plus, Musso ou pas, l'histoire de Sans faille m'intriguait.
Des potes de lycée qui se retrouvent des années après, par hasard, pour finalement partir ensemble en week end à la montagne. Pour parler du bon vieux temps peut être ? Ou pour que chacun affiche sa réussite en la vomissant aux pieds des autres ?
David, Théo et Romuald se sont connus au lycée. Romuald est la pièce rapportée de la cité. Il a malgré tout réussi à s'intégrer dans le petit groupe de Théo. Et puis il y a les conneries d'adolescents. Et chacun trace sa route après les études, perdant de vue les deux autres.
Jusqu'à se retrouver en petit comité perdu dans la montagne, dans le chalet de Romuald. Pour fêter les retrouvailles, il leur propose une petite virée. Il connaît bien la montagne, son chalet est fabuleux, les filles sont en totale confiance.
Et puis, peu à peu, les rancœurs, le passé, les non-dits, tout ressurgit. L'angoisse, la parano, la méfiance.
Qui est vraiment Romuald ? Quelle est l'histoire de ce trio vécue il y a 15 ans ? Qui dit vrai ?

J'ai mais alors totalement adoré. Je suis Romuald. Je pourrais l'être. J'ai été à 100% derrière lui du début à la fin. J'ai mais alors tellement compris ce type. Tout ce qu'il a gardé au fond de lui toutes ces années. Chaque personnage est fantastique, les personnalités peut être exagérées mais tout était tellement réel.
Et l'histoire. L'angoisse qui monte aussi vite que les pages se tournent. La peur, le choc.
Et puis, que dire de l'écriture. Valentin Musso a un pur talent, j'ai pris un plaisir fou à le lire.
On est tour à tour à la montagne, puis 15 ans en arrière au lycée, pour savoir, pour comprendre.
Un roman très prenant, des personnages tous attachants (vraiment. à un moment ou un autre), les nerfs à fleur de peau. Rien n'est à jeter, j'ai adoré. Vivement les prochains.
(Promis, si un jour je rerencontre l'auteur, je me prosterne à ses pieds) (je suis cap hein)

12 novembre 2017

Code 93 (Olivier Norek)

Résumé :
Victor est capitaine de police au groupe crime du SDPJ 93. Depuis quinze ans, il a choisi de travailler en banlieue et de naviguer au cœur de la violence banalisée et des crimes gratuits.
Une série de découvertes étranges - un cadavre qui refuse de mourir, un toxico victime d’auto-combustion - l'incite à penser que son enquête, cette fois-ci, va dépasser le cadre des affaires habituelles.
Et les lettres anonymes qui lui sont adressées personnellement vont le guider vers des sphères autrement plus dangereuses...

Mon avis :
Une toxico larguée au rayon des invisibles, jetée comme de vulgaires ordures.
Un cadavre émasculé se réveille en pleine autopsie, pendant le charcutage de ses mollets (j'avoue, j'ai eu ultra mal pour lui. Les gens qui me connaissent savoir pourquoi).
Un corps assis totalement brûlé.
Il commence vachement bien ce bouquin.
Le capitaine Coste est un très bon flic. Respecté de son équipe, bien entouré, très pro.
Il prend toutes ces enquêtes à bras le corps, sans trop savoir quoi chercher ni où.
Et puis finalement, nous voilà embarqué dans un sombre trafic, de la manipulation, du mensonge et de la vengeance.
Qui peut s'amuser à mener les flics en bateau ? Et puis, toutes ces lettres que Coste reçoit, qui disent tout et rien en quelques mots simples. Qui le font douter et lui balancent un veritable coup de poing en pleine gueule.
L’équipe se retrouve plongée dans la violence des banlieues et des apparences de la haute.

Voilà, 107 ans après tout le monde, je découvre Olivier Norek.
Et j'ai plutôt apprécié. J'ai pas passé un moment de ouf non plus, c'est pas vraiment un coup de cœur. Mais j'ai adoré cette découverte.
Ce roman se lit très vite, l’écriture est évidemment pro et donc ça attire, ça passionne, ça donne envie de continuer.
L'histoire est super bien ficelée. Les magouilles, les petits et gros secrets, les vies bousillées.
On devine assez rapidement la vérité mais franchement  ça ne change rien au plaisir de la lecture.
L’équipe de Coste est absolument divine, je me suis éclatée à les lire, vraiment. Johanna est fabuleuse.

Une très bonne lecture pour moi donc, qui me donne largement envie de découvrir les suites.

11 novembre 2017

Que ta volonté soit faite (Maxime Chattam)

Résumé :
Bienvenue à Carson Mills, petite bourgade du Midwest avec ses champs de coquelicots, ses forets, ses maisons pimpantes, ses habitants qui se connaissent tous. Un véritable petit coin de paradis... S'il n'y avait Jon Petersen.
Il est ce que l'humanité a fait de pire, même le diable en a peur. Pourtant, un jour, vous croiserez son chemin.
Et là... sans doute réveillera-t-il l'envie de tuer qui sommeille en vous.

Mon avis :
Je n'avais jamais lu Maxime Chattam jusqu'à présent. Ses precedents romans ne m'ont jamais tentée.
Par contre, celui ci m'a attirée immédiatement avec son résumé. Quelques fans de Chattam m'ont mise en garde, fais attention il est très sombre, c'est pas son meilleur et nianiania.
Mais moi je m'en foutais, je plongeais dans l'inconnu alors le reste...

Et bien comme je m'y attendais, j'ai passé un très très bon moment avec ce roman.
Je l'ai même fait durer parce que je ne savais pas trop quoi attendre de la fin, j'avais peur de ce qui allait me tomber dessus.

Les personnages, bons comme mauvais, hyper travaillés, l'horreur présente mais aussi très suggérée, l'histoire qui est clairement abominable.
Riley, ce pauvre gamin qu'on a immédiatement envie de sauver. Il ne sait pas où il a atterrit, trop petit qu'il est pour se rendre compte.
Même Jon, né dans l'horreur et le sang. On sait que ça va avoir de graves consequences, on aurait aimé mettre en garde sa famille pour tenter de le sortir de là.
Tout mal a une origine. Celui qui brûle dans les veines de Jon est là, sous nos yeux, et pourtant personne ne fait rien.
Et au milieu de ce foutoir, nous avons ce cher Jarvis, qui suit l’évolution de sa ville, des habitants et qui fait ce qu'il peut pour sauver tout le monde, dans la bienveillance et l'amitié.

Jon Peterson est clairement le mal incarné, l'horreur suprême, la personne la plus odieuse, violente et inhumaine que vous pourriez croiser dans votre vie. Là où il est, il sème la terreur. Pour son bon plaisir, son équilibre. Il n’épargne personne. A se demander comment une personne sans cœur peut vivre.
Toute cette haine, cette violence, cet acharnement dans la destruction de l'autre. Qui pourrait l’arrêter ? Tout le monde a peur de lui, personne n'ose s'opposer à lui.

Les cadavres ne tombent pas comme des mouches à chaque page, il n'y a pas de détails sanglants. Tout est suggéré ou raconté à demi mot. L'horreur n'est pas affichée mais ressentie. Ça ajoute un petit coté malsain à la lecture, je me suis sentie très très mal à l'aise à plusieurs passages, avec des hauts le cœur.
La guerre contre le mal doit avoir une fin. Et la fin de ce roman est prodigieuse, explosive, perturbante et très réaliste. Toute cette histoire pour cette finalité, c’était absolument divin.
Je ne peux pas raconter tout ce que j'ai pensé de cette fin sans spoiler donc je ne dirais plus rien, si ce n'est que je n'ai pas été forcement hyper d'accord avec tout. Mais là est tout l’intérêt de cette fin. Maxime Chattam nous offre une leçon sur les limites du bien et du mal.

Je suis restée scotchée par cette lecture, j'ai passé un excellent moment, je suis absolument ravie.
Vous ne regarderez plus jamais un coquelicot comme avant.

31 octobre 2017

Juste une ombre (Karine Giebel)

Résumé :
D'abord, c'est une silhouette, un soir, dans la rue... Un face à face avec la mort.
Ensuite, c'est une présence. Le jour : à tous les carrefours. La nuit : à ton chevet. Impossible à saisir, à expliquer, à prouver.
Bientôt, une obsession. Qui ruine ta carrière, te sépare de tes amis, de ton amant. Te rend folle. Et seule.
Juste une ombre. Qui s'étend sur ta vie et s'en empare à jamais.
Tu lui appartiens, il est déjà trop tard...

Mon avis :
Oh bichette..
En commençant ce livre, je savais que j'allais passer un "bon" moment. Enfin, que je m'investirais à fond dans la lecture, que j'allais passer par plein plein d'émotions, des moments de joie ou d'angoisse. Je savais que ce serait un livre de qualité.
Mais je savais aussi que quand on lit un roman de Karine Giebel, il ne faut surtout pas s'attacher aux personnages, parce que ça part toujours en couilles à un moment ou un autre.
Donc, j'ouvre et je me dis "ok, ça va être cool, mais ne t'accroches pas trop hein". Alors évidemment, c'est plus facile à dire qu'à faire. Surtout que Gomez est quand même ultra cool, on s'attache forcement à lui.
A contrario, Chloé mérite des baffes, tout le temps. Elle est insupportable cette meuf. Mais on devine qu'elle a un bon fond alors on l'aime bien quand même. Et puis tout va bien dans sa vie, tout lui réussit alors on est content.e pour elle.
Chloé bosse dans une agence de pub, elle cartonne, elle est pro, crainte par beaucoup. Faut dire, elle a pas un caractère hyper facile la dame. Mais en même temps, elle a un truc hyper attirant, elle t'envoûte sans que tu t'en rendes compte. On la jalouse autant qu'on l'admire.
Pourtant, même la plus solide des carapaces a une faille.
Sa vie pleine de bonheurs s'effrite dès le moment où un soir, en quittant une fête, elle sent une ombre, un homme la suive, l'épier. Aucune raison de céder à la panique, ce genre de trucs ça arrive à n'importe quelle femme seule le soir dans la rue.
Mais peu à peu cette ombre se fait de plus en plus présente. Il n'y a évidemment que Chloé qui peut la voir. Alors elle se demande si elle ne deviendrait pas un peu folle. Elle a tellement de pression, de choses à gérer dans sa vie perso ou pro, ça peut taper sur le système à la longue.

Très vite Chloé se retrouve seule face à cette ombre, sans aide, sans soutien, sans écoute.
Un combat pour ne pas flancher, ne pas abandonner, gagner.
Mais il y a ce flic. Il n'y a que lui. De toute manière, la vie ne l'a pas épargné, il n'a plus rien, et s'occuper de cette ombre le maintient en vie.

Cette histoire est très très malaisante. Il y a énormément de passages difficiles à lire, à supporter.
Il n'y a pas de violence. Tout est dans l'ambiance, stressante, oppressante, angoissante. La descente, la psychose, l'horreur. 600 pages de chair de poule, c'est très dur.
Parce qu'on devine assez rapidement, c'est tellement évident. Mais l'angoisse est tellement forte.
Karine Giebel est un vrai bourreau, elle torture autant ses personnages que son lectorat. On ne lit pas un Giebel, on le vit.

Alors évidemment j'ai foiré. Même si je n'ai pas adoré Chloé (de toute manière, qui peut détrôner Marianne ?). Mais Alex, Laval et quelques autres personnages, oui. Tout ce petit monde. Ces gens qui vivent, se laissent porter, supportent leurs blessures, leurs faiblesses.
Je pense aussi à Sophie, qu'on admire.

Encore un Giebel qui m'aura remué les tripes, fait versé des litres de larmes. Je crois que je suis trop sensible en fait 😂
Mais je suis ressortie de ma lecture contente. Voir carrément soulagée. J'avoue avoir même esquissé un léger sourire.
Je n'ai pas vécu très longtemps avec cette histoire, mais ses personnages vont me manquer, je crois.

28 octobre 2017

Echo (Ingrid Desjours)

Résumé :
Ils étaient beaux, riches et pervers. Leur émission pulvérisait l'audimat; les invités en sortaient humiliés, insultés, blacklistés. Petite lucarne et jeux du cirque... Aujourd'hui, les Frères Vaillant ne sont plus. Et la scène de crime n'est pas belle à voir.
En arrivant sur les lieux, le commandant Vivier constate l'horreur des mutilations. Les deux pantins semblent figés en un tableau grotesque, d'un effroyable sadisme. Et l'avis de Garance Hermosa, sexo-criminologue au profil incendiaire, confirme ce premier diagnostic. Certes, les jumeaux ne manquaient pas d'ennemie, mais ce degré de violence rituelle laisse deviner un véritable monstre... Pour le démarquer, le flic et l'experte devront se voir en son miroir sans entrer dans son jeu. Car le crime, comme l'écho, se répète...

Mon avis :
Oh. Pu. Tain.
Echo est le premier roman d'Ingrid Desjours et le moins que je puisse dire, c'est qu'elle a fait très très fort. L'auteure a un esprit hyper tordu, limite flippant.
La mise en scène du meurtre des jumeaux est au delà de l'abominable. Le meurtrier a joué de leur ressemblance, il y a le mort et son reflet.
Le tueur s'est acharné, il vouait clairement de la haine pour les Vaillant.
Comme à peu pres 95% de la population. Ce qui ne va franchement pas aider la police. Tout le monde a un mobile. Et des choses à cacher.
Garance, criminologue exubérante et perturbante, étudiera tout. Les jumeaux, leur histoire. La scène de crime au détail près. Les suspects. Elle dressera un portrait de tous ces gens très précis, très clair.
Il ne reste plus qu'à trouver le seul coupable.
Mais comment ? N'importe qui avait au moins 10 raisons valables de massacrer Klaus et Lukas.
C'est un véritable jeu du chat et de la souris qui se met en place. Entre le coupable et Garance.
Heureusement qu'elle peut compter sur l'aide/le soutien indéfectible de Patrick Vivier.

Entre mythologie et jeu de pistes, Ingrid Desjours nous envoie en pleine figure l'horreur absolue, une cruauté sans nom, la folie ultime.

L'écriture est toujours très entraînante. Les chapitres sont courts et on ne se rend pas compte des pages qui se tournent. On est totalement subjugués par l'histoire. On doit savoir vite.
Les personnages sont hyper travaillés, tous plus fascinants les uns que les autres.
Les jumeaux étaient de véritables enfoirés, d'une perversion inimaginable, autant sexuelle que psychologique. De vrais monstres. Plus que le coupable ?
Le sexe et ses deviances mènent à tout. Même à la mort.

J'ai adoré toutes ces personnes. Garance est clairement ma préférée. J'aime ce genre de femmes. J'aimerais une amie comme elle (toi qui me lis, si tu te reconnais en elle, viens vite je t'attends !).
Le petit jeu entre elle et Patrick apporte une petite touche rassurante dans toute cette noirceur. J'ai aimé le flics et les rapports qui s'installent entre eux.

Un premier roman magistral qui montre tout le talent d'Ingrid Desjours, largement confirmé par ses romans suivants.

26 octobre 2017

Tu tueras le père (Sandrone Dazieri)

Résumé :
Non loin de Rome, un homme affolée tente d'arrêter les voitures. Son fils de 8 ans a disparu et le corps de sa femme gît, décapité, au fond d'une clairière. Le commissaire Colomba Caselli ne croit pas au drame familial et fait appel à un expert non conventionnel : Dante Torre. Aussi ironique que paranoïaque, il n'est pas un spécialiste en disparitions d'enfants pour rien. Kidnappé à l'âge de 6 ans, il a grandi enfermé dans un silo à grains avant de parvenir à s'échapper. Pendant des années, son seul contact avec l'extérieur a été son mystérieux geôlier, qu'il appelle "Le Père". Et Dante en est sûr aujourd'hui : le Père est de retour...

Mon avis :
J'ai tellement entendu de bien sur ce livre, j'avais terriblement hâte de m'y mettre. Et puis globalement, je fais assez confiance à La bête noire, je savais que ça allait être bien.
Un enfant disparu. Ça a suffit à Colomba pour entrer en contact avec Dante.
Dante est un homme étrange. De sa captivité, il garde une main pleine de cicatrices et une flopée de toc. Il a développé un sens de l'observation hallucinant. Mi Monk mi Shawn Spencer.
Colomba n'est plus officiellement commissaire. Elle a vécu l'horreur il y a quelques mois et n'est plus qu'en disponibilité pour la police.
Ces deux abîmés de la vie diamétralement opposés vont devoir faire équipe.
Dante a reconnu l'oeuvre du Père, il est convaincu que son bourreau est de retour. La police n'y croit pas.
Les voici donc eux deux contre le reste du monde. A la recherche d'un fantôme et avec trop peu d'indices.
Au fil des jours, Dante et Colomba se rapprochent, il y a un truc qui se passe entre eux. Faut dire, elle est la seule personne à le croire, à le prendre pour un doux dingue qui n'est peut être pas loin de la vérité.

S'en suit une véritable chasse à l'homme. A la limite de la légalité, nos deux héros deviennent vite des fugitifs...

J'ai mais alors tellement adoré ! Alors certes c'est un beau pavé et j'y ai passé un temps effroyable, mais alors je n'ai absolument pas été déçue.
L'écriture de Dazieri est entraînante, chaque chapitre se termine sur 10 000 questions. On ne peut pas lâcher cette histoire en plein milieu, on DOIT savoir. Chaque personnage est totalement passionnant.
De découverte on découverte on finit par se demander qui a raison dans cette affaire, et comment le Père fait il.

J'ai eu une compassion de dingue pour Dante. Comment il fait pour vivre à peu près normalement, pour tenir encore debout, après tout ce qu'il a vécu et vu l'état dans lequel il s'en est sorti ?

Et puis, arrive la vérité. J'ai eu un quart de seconde de déception, jme suis dit "quoi, déjà la vérité ?" alors que je m'étais déjà bien rapprochée de la fin. J'ai rien vu passer et ça, c'est bon.

Et la fin. Magnifique. Complètement dingue. Tout s'accélère, parce qu'il ne faut pas oublier ce gamin qui a disparu et qui est peut être déjà mort.
J'ai adoré le dénouement, de bout en bout, quand tout s’éclaire. Vraiment tout. Même l'inattendu.
Magistral.

18 octobre 2017

Du feu de l'enfer (Sire Cédric)

Résumé :
Manon maquille les cadavres, Ariel maquille les voitures. Elle est thanatopractrice, il est délinquant. Ils sont frère et sœur. Un jour, l'une des combines d'Ariel tourne mal et Manon se retrouve complice malgré elle. Lorsque les assassinats les plus sordides s'accumulent autour d'eux, traçant un jeu de piste sanglant vers une secte satanique, le capitaine Raynal s’intéresse à leur cas.
Commence alors une traque qui brouillera les limites entre alliés et prédateurs et mettra à l’épreuve les liens du sang.

Mon avis :
Ce bouquin mais j'avais une envie furieuse de le lire. J'ai craqué et fini par l'acheter alors que je devais freiner. Tout ça pour le laisser pourrir des mois dans ma PAL.
Il en est enfin sorti et vraiment, pour mon plus grand bonheur.

Manon et Ariel sont frère et sœur. L'un est un minable petit délinquant sans couilles ni envergure, l'autre pas.
Ils sont en froid depuis pas mal de temps, Manon en ayant eu marre de toujours sauver les miches de son frère, de rattraper ses coups tordus etc. Depuis leur plus tendre enfance c'est comme ça. Alors stop.
Stop ? Pas vraiment.
Manon se retrouve au pied du mur, à devoir héberger son frère malgré elle et son envie de ne plus le voir.

C'est au petit matin que les emmerdent commencent. Et vraiment.
Ariel a une bande de fous à ses trousses. Disons qu'il a volé la voiture aux mauvaises personnes, et que ce ne sont pas des petits rigolos.
Il embarque dans sa galère sa sœur. Elle qui se plaignait de la platitude de sa vie.

S'en suit un véritable bain de sang. Là où les Virgo passent, la mort est là, qui rode, qui détruit.
Du sang, de la violence à chaque page (ou presque).
Comment se sortir de là ? D'un coté il y a la secte, et de l'autre les flics. Et quand on est un petit voleur de bagnoles, mieux vaut ne pas se retrouver seul au milieu.

Comment vous dire à quel point j'ai pris un pied d'enfer.
C’était une lecture fabuleuse. J'ai eu des hauts le cœur à tout bout de champ, c’était abominable.
Tous ces boyaux, ces tortures, cette violence. Toute la folie. L'enfer, la secte.
Abominable.
L’écriture de Sire Cédric fait toujours mouche, j'ai lu l'histoire de Manon et Ariel sans m'en rendre compte, incapable de lâcher mon livre. J'ai été happée par l'horreur des sacrifices dès la première page.
C’était aussi horrible que bon.
Je commence à devenir sérieusement et furieusement fan de Sire Cédric.

14 octobre 2017

Et ne jamais la laisser partir (Ann Rule)

Résumé :
En juin 1996, à Wilmington, dans le Delaware, une jeune femme disparaît inexplicablement.
Proche collaboratrice du gouverneur de l'Etat, fiancée à un homme qui l'aimait, très entourée par sa famille et ses amis, Anne-Mari n'avait apparemment aucune raison de fuir. Enquêteurs et hommes de loi vont fouiller sa vie en tous sens avant d’établir les raisons et les circonstances de sa mort.

Mon avis :
Il est facile de connaitre la vérité au sujet d'Annie. C'est une histoire vraie, on demande à Google et on a toutes les infos possibles.
Anne-Marie a eu la malchance d’être une innocente jeune femme. Elle a été attirée par un homme marié, qui avait à peu près 20 ans de plus qu'elle. Inexpérimentée, elle était facile à manipuler.
Elle a juste commis l'erreur de tomber amoureuse du mauvais.

Ann Rule reprend toute l'histoire du début. Elle s’intéresse à la vie de toutes les personnes qui ont gravité autour d'Annie. L'enfance, les études, les fréquentations, le caractère. Absolument tout. Les enquêteurs se retrouvent obligés de fouiller la moindre parcelle de la vie privée d'Annie.
Annie est entourée mais finalement peu de gens proches connaissent tout d'elle.

Comme toujours, Ann Rule s’intéresse à un cas très particulier.
Pourquoi une jeune femme sans histoire, qui réussit sa vie privée et sa vie pro, qui est appréciée, disparaît comme ça ? Qui pourrait bien lui vouloir du mal ?
Cette affaire est passionnante. La personnalité de Tom, celle d'Annie.
Toute l'histoire est flippante. Le pouvoir mène à tout. Même à s'imaginer à l'abri.

Les débuts sont assez lourds. Anne Rule nous raconte la vie de tout le monde en détail et se farcir tout ça n'est pas forcement hyper palpitant. Mais une fois cette partie passée, on est happé par cette histoire terriblement cruelle. Le coté réel de l'histoire apporte une petite touche d'angoisse supplémentaire.
Ce roman est totalement fascinant.

8 octobre 2017

Les lieux sombres (Gillian Flynn)

Résumé :
Début des années 1980. Libby Day a sept ans lorsque sa mère et ses deux soeurs sont assassinées dans leur ferme familiale. Rescapée par miracle, la petite fille désigne le meurtrier à la police, son frère Ben, âgé de quinze ans. Ce fait divers émeut tout le pays, et la jeune Libby devient un symbole de l'innocence bafouée.
Vingt-cinq ans plus tard, alors que son frère est toujours derrière les barreaux, Libby, qui ne s'est jamais remise du drame, souffre de dépression chronique. Encouragée par une association d'un type très particulier, elle accepte de revisiter pour la première fois les lieux sombres de son passé. C'est là, dans un Middle West désolé, dévasé par la crise économique et sociale, qu'une vérité inimaginable commence à émerger. Et Libby n'aura pas d'autre choix, pour se reconstruire, et peut-être enfin recommencer à vivre, que de faire toute la lumière sur l'affaire, quelles qu'en soient les conséquences.

Mon avis :
J'adore Gillian Flynn. Mais vraiment. Elle a un tel talent. Pour raconter des histoires, les inventer, nous balancer un dénouement de dingue.
J'aime sa plume, sa façon d'écrire addictive.
Quoi de plus terrible que de voir sa famille se faire massacrer ? Libby est la seule survivante, mais son frère est le coupable. Comment se relever d'un cauchemar pareil ?
Libby ne s'en est pas remise. La dépression, les comportements à risques sont son quotidien depuis plus de 20 ans. Elle est seule, elle n'a plus personne et a toujours refusé d'aller voir son frère en prison.
Depuis, elle essaie de vivre, sans penser à cette nuit-là. Sans penser à son frère. Elle vit loin de sa ferme d'enfance, elle a renoncé à tout ça.

Sauf qu'un jour, une espèce de club entre dans sa vie. Vous savez, le genre d'asso d'aide aux prisonniers enfermés à tort, qui tentent par tous les moyens de prouver qu'il y a erreur judiciaire.
Alors évidemment ce club est  majoritairement féminin hein, Ben a énormément de succès. Il y a un homme dans le lot, un certain Lyle, qui s'occupe d'approcher Libby. Pour la convaincre. Qu'elle s'est plantée, qu'il faut qu'elle répare ses erreurs.

A contre coeur, Libby est de retour chez elle, dans sa ville, dans son passé.
Avec l'aide de Lyle, elle va partir sur les traces des témoins de l'époque, de l'entourage de Ben. Pour tenter de découvrir la vérité, savoir si elle a bien vu ce qu'elle a dit avoir vu. Comment retrouver son frère, et lui pardonner ?

De découvertes en découvertes, Libby va recevoir en pleine figure une réalité encore plus horrible. 

J'ai adoré, comme toujours. Tout. L'histoire de départ, totalement horrible. La famille Day complètement massacrée. Le Club de nanas qui sont persuadées de l'innocence de Ben juste parce qu'il est trop charmant. L'alternance des chapitres présent/jour du drame.
Gillian Flynn nous offre un roman époustouflant, fabuleux.

1 octobre 2017

Carnaval (Ray Celestin)

Résumé :
En 1919, un tueur en série s'attaque aux habitants de La Nouvelle-Orléans en laissant sur les lieux de ses crimes des cartes de tarot. La panique gagne peu à peu, on évoque le vaudou, les rivalités ethnique sont exacerbées. Un policier, Michael Talbot, un journaliste, John Riley, une jeune secrétaire de l'agence Pinkerton, Ida, et un ancien policier tout juste sorti de prison, Luca d'Andrea, vont tenter de résoudre l'affaire. Mais eux aussi ont leurs secrets...
Alors qu'un ouragan s'approche de la ville, le tueur, toujours aussi insaisissable, continue à sévir. Le chaos est proche.

Mon avis :
J'avais mais tellement tellement hâte de lire ce polar.
Epoque à peu près contemporaine, le racisme, le blues, le jazz. La musique partout dans la ville. Au top.
Ajoutons à cela un tueur en série plutôt assez dingue et degueu, et on a tout bon.
J'ai adoré la construction du roman. Chaque chapitre concerne un des protagoniste (Michael, puis John, etc). Ça parle du présent ou du passé pour comprendre un peu mieux l'histoire. Au début c'est un peu difficile à suivre mais on s'y fait.
Les meurtres sont assez atroces. Du sang partout, des murs souillés. Les noirs accusent les italiens, les italiens accusent les noirs... Enfin personne ne voit quel tordu peut bien faire un truc pareil.

Et puis on découvre un peu plus les personnages aussi au fil de l'histoire. Comment en sont-ils arrivés là, quels secrets cachent-ils, etc. C’était très intéressant, surtout en ce qui concerne Luca, l'ex flic sorti tout juste de prison.

L'histoire est captivante et instructive. J'ai adoré découvrir l'histoire de La Nouvelle-Orléans, son histoire musicale. Vous saviez que c’était inspiré d'un fait divers réel ?
Même si le roman s’essouffle un peu par moment, j'ai tout de même passé un agréable moment avec ces gens.

23 septembre 2017

Friend Zone (Mickaël Parisi)

Résumé :
Thomas Grant est un détective privé alcoolique, sociopathe, vendant ses services sur le Dark Web. Rayé des registres du gouvernement et vivant sous une fausse identité, il tente de faire de l'argent par n'importe quel moyen. Lorsque Opaline, jeune femme végan, fait appel à ses services pour sortir son frère embrigadé dans une secte puissante économiquement, Grant s'en frotte immédiatement les mains. Mais tout ne se passera pas comme prévu...

Mon avis :
Je savais que cette histoire allait mettre mes nerfs à rude épreuve. J'ai clairement pas été déçue du voyage. Thomas est un connard fini. Mais un connard drôle. C'est un grand fou furieux qui ne laisse clairement personne le faire chier.
Quoi de pire pour un misogyne que de devoir se coltiner une militante végane ? Rien.
Opaline l'engage pour sortir son frère d'une secte pourrie, Les trentenaires (le nom, steuplé...).
Ces deux là ne sont clairement pas faits pour s'entendre. Mais l'une a besoin de son frère et l'autre a besoin de thunes. Et ils vont former finalement un duo détonnant.
Leur recherche sera finalement un véritable carnage. Alcool, sexe, meurtres violents.
Thomas est clairement le personnage le plus exécrable de toute la littérature depuis l'invention de la littérature (ou du connard). Y'a pas une page où j'ai pas eu envie de le cramer. Je comprends même pas qu'Opaline l'ait pas fait. Elle qui a tellement de haine pour la race humaine (ce qu'on peut comprendre).
L'histoire est super intéressante et très bien trouvée. Le coup de la secte passe cependant rapidement au second plan, au profit de l'histoire de nos deux anti-héros. L'auteur laisse Thomas exprimer sa rage, sa violence. Tout est prétexte à une tuerie pour lui. Un vrai bain de sang.

J'ai passé un très bon moment avec ce court roman. L’écriture est vulgaire, crue, trash et directe. Les personnages sont complètement dingues, les caractères exagérés, clichés.
L'histoire part absolument dans tous les sens, un vrai foutoir. Des chats qui parlent, des chiottes, des zombies... Du grand n'importe quoi.
Une vraie degueulasserie, divine et drole à lire.

(et Opaline c'est très sympa comme prénom, merde :p )

21 septembre 2017

Le doute (S.K. Tremayne)

Résumé :
Un an après le décès accidentel de Lydia, l'une de leurs filles jumelles, Angus et Sarah Moorcroft quittent Londres pour oublier le drame. Ils s'installent sur une petite île écossaise, qu'ils ont héritée de la grand-mère d'Angus, au large de Skye.
Mais l'emménagement ne se passe pas aussi bien que prévu. Le comportement de Kirstie, leur fille survivante, devient étrange : elle se met à affirmer qu'elle est en réalité Lydia. Alors qu'un brouillard glacial enveloppe l'île, l'angoisse va grandissant... Que s'est-il vraiment passé en ce jour fatidique où l'une des deux sœurs a trouvé la mort ?

Mon avis :
La mort tragique de Lydia a mis le couple Moorcroft à rude épreuve. Enfin, même la naissance des jumelles avait tout chamboulé. On ne sait pas tout, mais on comprend que quelque chose ne va pas. Sarah cache des choses à Angus, mais lui même a quelques secrets..
La perte de Lydia est un drame. Pour tenter de remonter la pente et recommencer à peu près à zéro, la petite famille décide de se poser sur une petite île dont a hérité Angus. La vie là bas est austère, au gré des marées. Très froid l'hiver, pas très chaud en été. Mais tant pis, si ça peut faire oublier le passé, on tente.

Mais Kirstie se comporte comme si elle était deux, un dédoublement de la personnalité ou un truc flippant du même genre. Quand elle ne se prend pas pour Lydia, elle lui parle et joue avec elle. Cette pauvre gamine qui a perdu une part d'elle même fait flipper absolument tout le monde. Gamins de l'école, adultes, parents.
Quand Kirstie avoue à sa mère être Lydia, Sarah veut en avoir le cœur net et décide de mener sa petite enquête toute seule, sans en parler à Angus. Après tout, Lydia était sa préférée à elle, alors si elle est bien vivante, tant mieux !
Durant toute l'histoire on ne sait pas du tout ce qui se passe. Ce roman porte incroyablement bien son nom. J'ai douté à chaque instant, de tout et de tout le monde. Qui est réellement cette gamine ? Qu'est ce qui c'est vraiment passé ? Et les découvertes de Sarah sont-elles justes ? Non, c'est pas possible. Ou peut être.
Jusqu'au bout on se demande si on a affaire à Lydia ou Kirstie. Au milieu de cette gamine affolée, perdue et seule, se disputent des parents coupables et innocents.
L'environnement de ce roman est oppressant, angoissant. La tempête sur l'île, le brouillard, les marées... Rien ne nous épargne.

14 septembre 2017

Les fauves (Ingrid Desjours)

Résumé :
Votre pire prédateur : celui qui vous aura apprivoisé...
"Torturez-la ! Violez-la ! Tuez-la !" A la tête d'une ONG luttant contre le recrutement de jeunes par l'Etat islamique, l'ambitieuse Haiko est devenue la cible d'une terrible fatwa.
Lorsque sa mère - célèbre journaliste politique - engage Lars pour la protéger, le militaire tout juste revenu d'Afghanistan a un mauvais pressentiment. Sa cliente lui a-t-elle dit l'entière vérité sur ses activités ?
Dans cet univers où règnent paranoïa et faux-semblants, Haiko et Lars se fascinent et se défient tels deux fauves prêts à se sauter à la gorge, sans jamais baisser leur garde.

Mon avis :
Voilà très longtemps que je voulais lire ce roman. La lecture de La prunelle de ses yeux m'avait donné encore plus envie. Mais je n'ai jamais osé. L'Etat islamique, la guerre, etc etc, on en bouffe déjà tellement depuis un moment, j'avais peur de l'overdose.

Haiko et Nadia sont les meilleures amies du monde. Elles sont comme soeurs.
Alors quand Nadia annonce à son amie son désir de lâcher l'asso qu'elles ont montée ensemble, Haiko ne le supporte pas, elle a besoin d'elle, de sa force et de son soutien.
La fatwa dont Haiko est la cible est la goutte d'eau.
Alors, à contre coeur, Nadia quitte son amie et Haiko accepte une garde rapprochée.
Lars est un militaire qui se trimbale un syndrome de choc post-traumatique. Un tas de muscles. Un garde du corps comme ça, pas sure qu'Haiko en ait vraiment besoin.

Et puis, il y a toutes ces zones d'ombres dans cette affaire. Lars, le chef d'équipe, ne connaît rien de la moitié de ses hommes qui sont pourtant en charge de la sécurité d'Haiko. Comment leur faire confiance, dans ce cas ?
Sans parler des jeunes qu'Haiko dit avoir sauvés de l'embrigadement de l'EI.
La jeune femme a énormément de secrets, elle aussi.
Alors finalement, tout le monde se pose des questions. La police, les gardes du corps. Qui est vraiment Haiko ? Que cache-t-elle ? A qui ment-elle ? A propos de quoi ?

Au fil de l'histoire, on ne fait finalement plus confiance à personne. Pour le lecteur, chaque personnage est un méchant, un menteur, un cachottier, un danger public.
Si finalement on doit se méfier de tout le monde, comment l'histoire peut-elle se finir ?
Durant la lecture, on se pose des centaines de questions, on est intrigué autant par Haiko que par Lars.
On ne sait pas si on doit être triste ou pas.
Dans cette guerre "de religions", on ne sait plus où donner de la tête.

Même si j'ai énormément apprécié ce roman, j'avoue avoir été moins en stress, moins accro qu'à La prunelle de ses yeux.
Ingrid Desjours a un talent dingue d'écriture, elle donne envie d'en savoir toujours plus, on ne peut pas s'arrêter. Le style Desjours est simplement hyper addictif.

27 août 2017

Le loup peint (Jacques Saussey)

Résumé :
Vincent Galtier est vétérinaire dans une petite ville de l'Yonne, près d'Auxerre. Depuis la mort accidentelle de son fils, son couple est à la dérive. Seule Marion, sa maîtresse, parvient à lui faire vivre quelques rares moments d'oubli. Une nuit, alors qu'il vient de la quitter et traverse une foret isolée pour rentrer chez lui, les passagers d'une voiture inconnue lui tirent dessus et tentent de le précipiter dans un ravin. Lorsque Vincent arrive finalement à son domicile, après leur avoir échappé de justesse, c'est pour y découvrir une scène de massacre. Il y en aura d'autres.
Le cauchemar ne fait que commencer.

Mon avis :
Je retrouve enfin Jacques Saussey, un de mes nouveaux auteurs préférés du monde.
J'avais absolument kiffé Ne prononcez jamais leurs noms, j'avais tellement hâte de lire ses autres romans.
Et je suis mais folle de joie d'avoir lu Le loup peint !
Ce roman est une vraie bombe.
Ce ne sont pas des scènes de massacres que l'on découvre, c'est bien pire que ça.
Les victimes sont laissées dans un état abominable, indescriptible. Le tueur est pire qu'un monstre. On sent toute la rage, toute la haine qu'il a en lui, qui ne demande qu'à exploser.
Et puis il y a aussi ce virus, cette arme bactériologique, qui peut faire d'énormes dégâts.

Si Vincent est rapidement le suspect idéal pour les meurtres, il est tout aussi vite mis hors de cause, il y a bien trop de trucs qui clochent.
Mais alors qui a bien pu tuer ces gens ? Et pourquoi ? Et pourquoi un tel acharnement sur ce pauvre véto de la campagne profonde ?

L'histoire est aussi bien trouvée que menée. Les meurtres s'enchaînent, la haine explose, la violence est omniprésente.
Il y a également une histoire parallèle à ces enquêtes, discrète, courte, flippante.

Chaque personnage est de qualité. Le flic un peu couillon mais tellement drôle. Le frimeur qui se croit être le tombeur de ces dames. Le chef gueulard. La victime idéale, le coupable sans pitié qui ne veut que sa vengeance, le chef de service et son droit de cuissage.
On a de la peine pour Galtier, tant que les flics le soupçonnent on a envie de les secouer dans tous les sens, de leur gueuler qu'ils se plantent prodigieusement, foutez lui la paix à ce pauvre homme bordel !

Ce bain de sang est un roman fabuleux. J'ai passé un moment tellement agréable avec ces cadavres, ces victimes collatérales, ces personnages tellement attachants.
L'écriture de Jacques Saussey m'a une nouvelle fois fait totalement chavirer

25 août 2017

L'inciseur (Sebastian Fitzek - Michael Tsokos)

Résumé :
Paul Herzfeld dirige à Berlin le service de médecine légale de la police criminelle. Un matin, alors qu’il pratique l’autopsie d’une jeune femme savamment mutilée, il découvre dans son crâne une capsule métallique.
Quand il l’ouvre, stupeur ! Un bout de papier sur lequel figure un prénom, suivi d’un numéro de téléphone. Il le compose et la voix qu’il entend est celle de sa fille, Hannah…
Le message enregistré ne laisse place à aucun doute : « S’il te plaît, viens à mon secours ! Et pas à un mot à quiconque, sinon je mourrai… »
À lui de retrouver seul le psychopathe qui a élaboré ce macabre scénario et enlevé sa fille de dix-sept ans. Une course contre la montre bientôt jonchée d’autres cadavres, contenant d’autres indices…

Mon avis :
Depuis le temps que je voulais découvrir Fitzek. C'est enfin chose faite et clairement, j'ai pas été déçue du voyage.
Il y a dans ce roman à peu près tout ce que j'aime. Des autopsies sauvages, des boyaux partout, des cadavres vidés, des détails dégueulasses, des viols, de la violence, des traumatismes.
Un cocktail absolument détonnant.

L’équipe du Dr Herzfeld plus un stagiaire se retrouve à devoir autopsier un cadavre. Dès les premières pages. L'histoire commence fort. Les organes retirés du corps, le découpage, le stagiaire qui tourne de l’œil (et moi aussi).
De sa petite morgue, Herfeld se retrouve mêlé à une sombre histoire de disparitions de jeunes filles, de viols et de morts. Il doit "travailler" avec une jeune femme perdue et terrorisée sur l’île d'Heligoland. Une autopsie par téléphone, super !

Très vite, les deux comprennent qu'ils doivent faire vite, qu'ils sont tous les deux en danger et que tout n'est qu'une question de jour, voir d'heures.
C’était sans compter la tempête qui s'abat sur la région et donc rend impossible toute correspondance entre la métropole et l’île.
Comment Herzfeld peut il imaginer retrouver sa fille dans de telles conditions, avant qu'il ne soit trop tard ?

On sait rapidement qui est derrière cette affaire, et même pourquoi. Il ne reste plus qu'à l’arrêter. Pour ça, faut il encore réussir à lui mettre la main dessus.
Coupable introuvable, des cadavres à la pelle, une gamine en danger de mort, une femme harcelée.
On a envie que tout s’arrête, et vite. Que ces gens retrouvent une vie normale, sans turbulence.

Les détails sanglants sont dégueulasses, l'histoire est horrible. J'ai été totalement happée par ce roman. Chaque découverte me forçait à tourner les pages encore et encore pour essayer de comprendre, pour voir ce que ça impliquait pour les personnages.
J'ai adoré, j'ai passé un moment fabuleux. J'ai adoré Ingolf, pour qui je faisais totalement fausse route. Linda et Ender étaient au top.

Je suis ravie d'avoir enfin découvert cet auteur et je n’hésiterai pas bien longtemps à continuer la lecture de ses œuvres.

22 août 2017

La dernière des Stanfield (Marc Lévy)

Résumé :
Ma vie a changé un matin alors que j'ouvrais mon courrier. Une lettre anonyme m'apprenait que ma mère avait commis un crime trente-cinq ans plus tôt.
L'auteur de cette lettre me donnait rendez-vous dans un bar de pêcheurs sur le port de Baltimore et m'ordonnait de ne parler de cette histoire à personne.
J'avais enterré Maman à Londres au début du printemps ; l'été s'achevait et j'étais encore loin d'avoir fait mon deuil.
Qu'auriez-vous fait à ma place ?
Probablement la même erreur que moi.

Mon avis :
Arrêtez tout !!! J'ai lu Marc Lévy ! OUI OUI !!!
J'ai toujours eu une tonne de préjugés sur lui. Auteur populaire bas de gamme, histoires niaises sans intérêt. Non franchement, je lisais ses 4eme de couverture et j'avais envie de cramer les livres tellement c’était naze.
Et puis La dernière des Stanfield est arrivé. J'ai craqué totalement sur la couverture, je la trouve superbe. Mais voilà, c'est Marc Lévy. Tatiana de Rosnay, qui est une auteure que j'aime très fort, l'a adoré. Alors je me suis laissée tenter.
Au pire je passe un mauvais moment, tant pis, ça arrive et j'y suis préparée. Dans le meilleur des cas j'adore et j'en serais la première surprise. Dans tous les cas je me serais au moins faite ma propre opinion alors ma foi, tout ne sera pas perdu...

Bref.
Notre héroïne s'appelle Eleanor-Rigby. Oui. Parce que ses parents sont fans des Beatles. (et si son frère jumeau s'appelle Michel, je vous laisse deviner pourquoi).
Elle adore sa vie, sa famille, a été une enfant aimée par des parents géniaux.
Mais un jour, elle reçoit une lettre anonyme. L’écriture est fine, délicate et sophistiquée. Le courrier apprend à Elby que sa mère n'est pas celle qu'elle croyait. Evidemment, nos parents ont eu une vie avant nous, ils ont tous des choses à nous cacher, ou du moins dont nous ne voulons rien savoir.
Mais en parlant avec son père, finalement, ça l'intrigue parce qu'il y a deux trois détails qui déconnent.
Allez hop. Londres-Baltimore pour en savoir plus.
Là bas, elle a rendez-vous avec son corbeau à une magnifique table. Mais elle n'est pas seule.
George-Harrison est là aussi.
Cette histoire les concerne tous les deux, alors c'est tous les deux qu'ils partent à l'aventure et à la découverture d'un passé qu'on leur a toujours caché.
Un voyage entre Londres, les Etats-Unis et le Quebec, sur fond d'art, de passion et de seconde guerre mondiale.

Et bien figure toi que j'ai étrangement apprécié ma lecture.
Enfin, pour ma défense, moi, j'adore les Beatles alors t'imagines bien comme j'ai adoré lire George-Harrison partout.
L'histoire de base est vraiment bonne. Les secrets de famille, le passé inconnu, ça marche toujours. Surtout quand il y a énormément de gens qui gravitent autour. Là, c'est l'histoire de plusieurs familles, plusieurs époques. Ça n'en est que plus intéressant pour moi.
Et puis Elby est vraiment un très bon personnage, je l'ai beaucoup appréciée. J'ai adoré ses liens avec son jumeau, sa sœur et leur père, c'est une très belle famille. Et le patriarche est tellement attachant.
George-Harrison est un vrai ours, on ne connait vraiment rien de lui, si ce n'est que sa mère est malade et à l'hospice.

L’écriture est simple, facile à lire et à comprendre, le roman se lit très vite.
Par contre, si l'histoire de base est très intéressante, il y a eu quand même quelques trucs hyper convenus. Le prévisible ne m'a jamais attirée dans les romans et là j'avoue avoir été servie, c'est bien dommage. De plus, je ne suis pas suffisamment romantique pour pouvoir apprécier certains passages.
Ça reste une histoire basique, franchement pas hyper extraordinaire, mais ça reste un bon divertissement selon moi. Idéal pendant les vacances.

19 août 2017

Agatha Raisin - La quiche fatale (M.C. Beaton)

Résumé :
Sur un coup de tête, Agatha Raisin décide de quitter Londres pour goûter aux délices d’une retraite anticipée dans un paisible village des Costwolds, où elle ne tarde pas à s’ennuyer ferme. Afficher ses talents de cordon-bleu au concours de cuisine de la paroisse devrait forcément la rendre populaire. Mais à la première bouchée de sa superbe quiche, l’arbitre de la compétition s’effondre et Agatha doit révéler l’amère vérité : elle a acheté la quiche fatale chez un traiteur. Pour se disculper, une seule solution : mettre la main à la pâte et démasquer elle-même l’assassin.

Mon avis :
J'ai connu Agatha avec la série télé qui est passée il y a peu de temps sur France3.
Donc pour le suspens de ce premier tome, évidemment, on repassera.
De toute manière, le coupable de ce meurtre est évident. Il faut juste découvrir pourquoi et comment.

M.C. Beaton nous offre un roman totalement frais, léger, drôle, avec une enquête qui comble un peu les espaces. Entre deux polars sérieux ou sanglants, ça reste dans le thème tout en reposant l'esprit.
Agatha Raisin est une jeune quinqua qui, après avoir montée sa boite de relations publiques et avoir été une pro dans le domaine, décide de réaliser son rêve de petite fille : vivre dans la campagne anglaise.
Elle achète un petit cottage dans le village de Carlesy. Le soucis quand on arrive dans un charmant petit village, c'est qu'il est difficile de se faire une place là où tout le monde se connaît depuis toujours. Pas facile de se faire accepter, de se sentir à sa place.
Alors quand en plus on est responsable de la mort du juge d'un concours de quiche maison... Agatha va avoir du pain sur la planche pour rétablir la vérité.

L'enquête est un peu mise de coté pendant une bonne partie de l'histoire. Il faut dire que personne n'aide Agatha, personne ne comprend son acharnement, elle se retrouve donc rapidement à lâcher l'affaire. Elle veut juste vivre paisiblement sa petite retraite.

J'ai passé un très bon moment. Avec Agatha évidemment, qui est une femme maladroite, pétillante, et clairement pas faite pour la campagne. Je l'ai trouvée très drôle et donc très attachante.
Les autres personnages ne laisse pas indifférent non plus. Il y a les gentils évidemment, et puis les vieux relous insupportables qu'on aimerait bien empoisonner. Mais ils ont tous un petit truc qui nous les fait apprécier (un peu)

La quiche fatale a été une très bonne lecture et il me tarde de lire la suite.

14 août 2017

A la folie (Cindy Lia)

Résumé :
Infirmière fraîchement diplômée en psychiatrie, Alicia rejoint l’équipe du Center Hospital, vieille institution au cœur de New-York dont les légendes précèdent la réputation. Entre secrets et phénomènes inexplicables, la bâtisse renferme son lot de mystères. À commencer par Julian, un patient au tempérament de feu qui, à peine arrivé, donne déjà du fil à retordre aux équipes en place.
Alors que la loi du silence règne entre les murs, Alicia se retrouve au cœur d’une série de meurtres non résolus qui la plongent rapidement dans une enquête au péril même de sa vie…

Mon avis :
Alors je l'avoue, à la lecture du résumé je crois qu'en temps normal y'aurait eu très peu de chances que je me retourne sur ce bouquin.
Le coup du malade psy mystérieux et donc supposément super sexy et la jeune infirmière... oui non merci, très peu pour moi, hein.
Mais ce roman est largement plus que ça. Alors certes il y a le gros cliché malade/soignant.e mais finalement on passe au dessus, parce qu'on se rend vite compte que ça doit faire partie de l'histoire. Et surtout, il ne se passe pas franchement énormément de choses entre Alicia et Julian alors ma foi.

On devine rapidement qu'Alicia a ses petits secrets, elle cache une lourde épreuve de son passé mais alors on ne sait absolument rien là dessus, y'a ni piste ni indice durant toute l'histoire. On se retrouve à se triturer les méninges à se demander ce qui se passe, pourquoi elle s'obstine alors qu'elle est clairement en danger.
Il faut dire que toute cette affaire intrigue. Un coupable qui n'en est pas un, des morts suspectes et des comportements bien trop étranges, même pour un hôpital psy.
Sans compter sur le flic qui ne capte rien et n'écoute pas ce qu'a à lui dire Alicia. On pédale sévèrement dans la semoule.

Ajoutez à tout ça une atmosphère oppressante et vous aurez un lot gagnant.
L'histoire n'est pas ultra flippante mais on se retrouve avec des milliards de doutes et autant de questions. Qui ment et qui dit vrai ? Qui croire, quand on fait tout pour trouver une vérité ?
Certains personnages n'aident pas, non plus. Quel mystère cache le Dragon ? Et Julian, qui est-il vraiment ?

Avant de commencer cette lecture, je m'attendais à une romance, sur fond d'hôpital psychiatrique. Je m'attendais presque à un truc un peu plat et très chiant.
Très rapidement, je me suis dit que finalement, ça se lisait plutôt bien et que donc tout n'était pas à jeter.
Et en fait, ce roman, sans être le coup de cœur de l'année, restera une très très bonne surprise. Il se lit vite, l'intrigue fonctionne et clairement on a envie de savoir ce qui se cache là dessous.
Alors certes, j'ai rapidement deviné deux trois trucs sur certain.e.s personnages, mais j'ai également eu pas mal de surprises.

Et puis la fin... J'ai adoré la chute, ah ah.

Un très bon moment passé pour moi.

13 août 2017

Am Stram Gram (M.J. Arlidge)

Résumé :
Une jeune femme émerge de la foret, à peine vivante. Son histoire est au-delà du raisonnable. Mais elle est vraie. Chaque détail sordide l'est. Quelques jours plus tard, un autre survivant est retrouvé ; et une série semble se former. Des paires de victimes sont enlevées, emprisonnées et confrontées à un terrible choix : tuer ou être tué.
Préféreriez-vous perdre votre vie plutôt que votre esprit ? L'inspecteur Helen Grace connait la part sombre de la nature humaine, y compris la sienne. En dirigeant l’enquête, elle comprend que les survivants détiennent la clé de l’énigme. Et rien ne sera plus terrifiant que la vérité.

Mon avis :
3 paires de gens sont portées disparues l'une après l'autre. Chaque fois, une seule personne survit. Tant bien que mal. Parce que, comment continuer à vivre quand on a été poussé.e à tuer, quand on a vécu plusieurs jours d'enfermement dans des conditions abominables ?
Chaque survivant.e est retrouvé.e en miettes, physiquement et moralement. Cauchemars atroces, dépression.
Comment la tueuse s'y prend ? Parce que c'est avéré : il s'agit d'une femme, qui agit seule. Elle est donc hyper organisée, il n'y a pas un seul faux pas. Et pourtant, les victimes s’enchaînent.

Helen est capitaine de police. Admirée de tout le commissariat, elle a voué sa vie à son boulot. Pas de congés, pas de mec, pas de gosse, jamais malade. Cette femme est un roc. Elle est en charge de l’enquête parce qu'elle est la meilleure.
Rapidement, elle fait le lien entre certaines victimes. Elle tiendrait une piste si ça collait avec les autres.

La course a démarré. Il faut à tout prix arrêter cette tueuse. Pour stopper le carnage mais aussi calmer les journalistes.

Je n'avais lu que des avis hyper positifs sur cette histoire, j'avais autant hâte de commencer cette lecture que peur d'être déçue.
Et je dois dire que j'ai réellement adoré.
Les chapitres sont courts, tout s’enchaîne très vite. La lecture est donc hyper fluide et on peut finir ce livre très rapidement.
Il y a aussi toute l'horreur de l'enfermement. Pas de nourriture ni d'eau, la crasse, la moisissure. Le désespoir total.
On a également un aperçu assez rapide de la vie perso d'Helen. Au début on ne comprend pas très bien à quoi peut servir de savoir tout ça, ça n'apporte rien à l'histoire. Jusqu'à ce que l'on comprenne enfin tout.

Helen est épaulée, entre autre, par Mark. Un très bon flic, père célibataire exclu de sa vie de famille, il ne voit plus sa fille. Le flic torturé comme il faut, il se détruit à petit feu.

L’énigme est fabuleuse. Pourquoi enlever ces personnes là ? Qui peut être derrière tout ça ? Quel est le lien entre eux ?
C'est aussi tordu que recherché. J'ai tout bonnement pris mon pied sur le malheur des gens et l'horreur du passé.

Am Stram Gram est un très bon thriller qui nous fait nous poser 10 000 questions. Que ferions-nous à la place de ces gens séquestrés ? Serions nous toujours là pour les gens que l'on aime, pour nos proches ? Jusqu'où la haine peut elle nous mener ?

Fascinant. Totalement. J'ai bien hâte de lire la suite.

6 août 2017

Dans le jardin de l'ogre (Leïla Slimani)

Résumé :
"Une semaine qu'elle tient. Une semaine qu'elle n'a pas cédé. Mais cette nuit, elle en a rêvé et n'a pas pu se rendormir. Un rêve moite, interminable, qui s'est introduit en elle comme un souffle d'air chaud. Adèle ne peut plus penser qu'à ça."

Adèle semble heureuse avec Richard, le médecin qu'elle a épousé. Pourtant, elle ne peux s’empêcher de collectionner les conquêtes. Dans le jardin de l'ogre est l'histoire d'un corps esclave de ses pulsions que rien ne rassasie.
Un roman féroce et viscéral sur l'addiction sexuelle et ses implacables conséquences.

Mon avis :
Comme beaucoup, j'ai découvert l'auteure avec Chanson douce, que j'avais adoré. Je me suis rapidement ruée sur ce premier roman.
J'ai dévoré cette histoire comme Adèle dévore les hommes. Je ne pouvais pas interrompre la lecture.
Leïla Slimani a décidément une merveilleuse plume. J'ai aimé ses mots, cette histoire, la façon de raconter.
J'ai aimé Adèle, sa désinvolture totale, son mépris, sa joie de vivre et sa soif de plaisir. Avec la folle envie de lui mettre une paire de baffes.
Un nouvel amant à chaque page, presque. On se demande comment tout ça va finir, si Adèle ne pas à un moment en avoir simplement marre. On pense à ce pauvre Richard que sa femme regarde à peine. On cherche l'amour dans ce roman. Il n'y en a pas. De la tendresse, de l'attachement et du sexe, oui. Mais pas d'amour. Ou si peu.
Adèle rend les hommes fous. Tous. Jusqu'à quand ? Comment vivre en donnant le change, en ayant l'air de rien ?

L'histoire d'Adèle est triste, elle fait de la peine. Mais pourtant ce roman est une merveille, sa lecture fait du bien à l'âme.

Seul petit bémol pour moi. J'ai trouvé la fin hyper bâclée. J'aurais préféré autre chose. Quoi, j'en sais rien. Mais aux dernières pages, le soufflé est retombé. Dommage.

5 août 2017

Le vieux saltimbanque (Jim Harrison)

Résumé :
Dans ce dernier livre publié moins d'un mois avant sa mort, Jim Harrison a choisi de poursuivre ses mémoires sous la forme d'un texte à la troisième personne pour "échapper à l'illusion de réalité propre à l'autobiographie".
Souvenirs d'enfance, découverte de la poésie, mariage, amour de la nature, célébration des plaisirs de la chair et de la table, alcools et paradis artificiels, Jim Harrison tisse le roman d'une vie.

Mon avis :
Je ne connaissais absolument pas Jim Harrison, je n'ai jamais rien lu de lui. Tout ce que je connaissais de lui jusqu'à présent, c’était Wolf, et vaguement Légendes d'automne.
J'ai donc ouvert ce petit livre totalement à l'aveugle.
Et je dois dire que c’était hyper intéressant.
En très peu de pages, l'auteur nous raconte les moments les plus intéressants de sa vie. Il nous parle de sa femme, qu'il a aimée toute sa vie et avec laquelle il avait rapidement trouvé un certain équilibre, sa vie à la ferme, ses succès, ses voyages et son enfance.
J'ai trouvé ce livre très instructif, j'ai appris sur l'auteur, mais aussi sur les époques qu'il a vécu. Ses malheurs sont cités comme de simples anecdotes sans importance, il préfère nous parler des bons moments.
Jim Harrison a eu une vie hyper mouvementée et incroyablement remplie. J'ai passé une très bonne journée avec ce saltimbanque. Tout ce qu'il raconte est fascinant.

4 août 2017

La faute (Paula Daly)

Résumé :
Ses trois enfants, son mari et son travail au refuge pour animaux ne laissent guère de temps à Lisa Kallisto. Ou juste assez pour culpabiliser et envier la vie parfaite de sa voisine et amie Kathy.
Un soir, alors que la fille de Kathy doit justement venir dormir chez eux, l'adolescente disparait sans que Lisa, trop débordée, ne réalise son absence et prévienne sa mère. C'est le début du cauchemar. Et si Lucinda ne revenait pas ? Et si elle avait été enlevée, comme cette autre jeune fille retrouvée errant, à moitié nue et complètement traumatisée, dans les rues de la ville ?
Lisa en est persuadée : tout cela est sa faute.
Et elle doit maintenant la réparer.

Mon avis :
Je voulais lire ce roman depuis une éternité. J'avais adoré Ma meilleure ennemie de la même auteure, c'est donc avec une joie non dissimulée que je me suis attaquée à cette nouvelle histoire.
Lisa, Joe et leurs trois enfants mènent une vie parfaite. Enfin, ils ont leurs problèmes, courent à droite à gauche, mais finalement ils sont heureux ensemble, et c'est tout ce qui compte. Leur vie est simple, tout va bien.
La disparition de Lucinda intervient rapidement. Lisa culpabilise à mort. C'est normal évidemment, c'est de sa faute si cette gamine est introuvable. Elle se confond en excuses, les parents de l'ado ne lui en tiennent pas rigueur plus que ça. Ce n'est pas uniquement sa faute. Comment une ado a pu se laisser embarquer par un inconnu ? Les parents paraissent gérer l'affaire avec une patience d'ange. Sans cris, sans crise. Ils veulent juste retrouver leur fille.
Ils ont bon espoir puisque peu de temps auparavant, une ado du même age a été portée disparue puis retrouvée en ville, par hasard. Ça doit être le même type.
Mais l’enquête piétine, la police manque cruellement d'indices.
En attendant, Lisa culpabilise de plus en plus, elle est la première à aider son amie, à soutenir la famille. Dès le moindre problème, elle accourt. Son aide est accueillie avec plaisir et bienveillance.

Ce roman parle d'apparences. De sacrifices. De famille. Lisa adore sa copine mais clairement, elle envie sa vie merveilleuse, son boulot, sa maison. Tout chez Kathy fait envie.
Mais au fur et à mesure, le vernis s’écaille un peu plus. Chez Kathy mais aussi chez Lisa.
Tout le monde a des secrets. Ce qu'on cache peut avoir des conséquences terribles.
Il ne reste plus beaucoup de temps pour retrouver Lucinda.

L'histoire est un peu longue à demarrer, l'angoisse et le suspens se mettent en place petit à petit. Mais finalement, Paula Daly sait manier la plume avec brio. On s'interroge, on se demande ce que tout ce petit monde peut bien cacher. On devine certaines choses, on ne s'attend pas à d'autres. Puis on fait le lien. On espere. Il faut que tout finisse bien pour tout le monde.

J'ai passé un excellent moment avec ce livre, cette histoire, ces personnages. Faux semblants, apparences, maladien secrets et mensonges. Tout ce qu'il faut pour une histoire réussie.

1 août 2017

Mémé dans les orties - Aurélie Valognes

Résumé :
Ferdinand Brun, 83 ans, solitaire, bougon, acariâtre - certains diraient : seul, aigri, méchant-, s'ennuie à ne pas mourir. Son unique passe-temps ? Eviter une armada de voisines aux cheveux couleur pêche, lavande ou abricot. Son plus grand plaisir ? Rendre chèvre la concierge, Mme Suarez, qui joue les petits chefs dans la résidence. Mais lorsque sa chienne prend la poudre d'escampette, le vieil homme perd définitivement gout à la vie... jusqu'au jour où une fillette précoce et une mamie geek de 92 ans forcent littéralement sa porte, et son cœur.

Mon avis :
J'ai découvert Aurélie Valognes il y a un peu plus d'un an, avec son second roman Nos adorables belles-filles. J'avais beaucoup aimé son style, sa manière de raconter la vie et ses banalités.
J'ai donc été assez ravie de me plonger dans ce premier roman.
Et j'ai passé un très bon moment. Bien trop court pour moi, mais un très bon moment.
J'ai savouré la vie de Ferdinand, son mauvais caractère qui cache finalement un petit vieux au grand cœur. J'ai adoré la petite Juliette, son énergie, son culot, sa manière d'entrer dans la vie de Ferdinand.
J'ai beaucoup moins apprécié madame Suarez mais là je pense que tout le monde sera ok avec moi. Surtout à la fin. Quelle sale connasse !
Pendant 250 pages on suit toutes ces tranches de vie, on assiste à la vieillesse, à ce que devient la vie, à la solitude et l'abandon.
Ce roman n'est pas hyper palpitant, les personnages n'ont pas des vies de ouf, mais ce livre est simplement authentique. Des vies comme ça, il y en a partout autour de nous. Les gens les plus insupportables ne sont pas forcement le petit vieux isolé au dessus de notre tête. Prenons soin de nous, de nos proches, de notre famille. Et vive les petits vieux acariâtres.

25 juin 2017

Des enfants trop parfaits (Peter James)

Résumé :
Naomi et John ont perdu leur fils de quatre ans, Halley, emporté par une maladie génétique rare. Et ils sont aujourd'hui prêts à tout pour ne plus revivre un tel cauchemar. Même à l'insensé : faire appel aux services d'un généticien génial, mais très controversé. Pour 400 000 dollars, le docteur Dettore leur garantit un bébé en bonne santé. Comment résister à pareille promesse ? Ils auraient pourtant du être alertés par la liste qu'on leur a remise : choix de la couleur des yeux, de la taille, des traits de caractère, des aptitudes sportives...
Trop tard pour faire marche arrière. Naomi est enceinte, et déjà quelque chose ne tourne pas rond.

Mon avis :
J'avais tenté une première lecture de ce roman il y a pas mal de temps déjà. Mais j'avais rapidement lâché. De mémoire, c'était à cause du journal intime de Naomi, elle y avait écrit un truc que j'avais trouvé incroyablement stupide, j'en ai eu marre et je suis passée à autre chose.
Et puis en voyant le livre en rayon, j'ai eu envie de retenter le coup.
Et j'avoue que j'ai été beaucoup moins déçue.

Naomi et John sont un jeune couple, ils s'aiment et ont vécu la pire épreuve que des parents peuvent vivre. Leur adorable fils est mort dans d'atroces souffrances.
La période de deuil passée (si tant est qu'elle se finisse un jour), ils veulent refonder une famille. Alors pour limiter les risques d'avoir de nouveau un enfant souffrant d'une maladie rare, ils contactent ce savant fou.
Ils veulent juste un enfant en bonne santé. Une santé normale, au moins, sans maladie grave/incurable/rare/génétique.

Mais la manipulation génétique et les progrès scientifiques sont aussi bénéfiques que dangereux. Naomi et John vont très rapidement le comprendre.
Il y a tellement de choses qui leur font se poser des questions, qui resteront sans réponse.
Je ne peux évidemment pas trop en raconter sinon il n'y aura plus de surprise. Ce serait dommage de spolier un tel roman.

A travers Naomi et John (et le Dr Dettore), Peter James nous interpelle sur la manipulation génétique. Sur le hasard, la nature, sur ce qui fait que nos enfants sont comme ils sont et pas autrement.
Avoir des enfants parfaits, beaux, intelligents, en bonne santé, tout le monde en rêve. Mais à quel prix ? N'aimerions nous pas notre enfant même s'il est moche, con et malade ? Nos enfants sont nos enfants, nous ne devrions jamais vouloir plus que cela.
Et pourtant, ces enfants "du" Dr Dettore ne sont-ils pas un progrès pour l'évolution ? Notre monde est pourri jusqu'au noyau, par notre faute, gouverné par la haine et la violence. Le monde évolue, pas l'être humain. Si finalement des enfants génétiquement modifiés pouvaient sauver notre monde ? Dans un monde encore gouverné par la religion, quelle place ont la science et ses progrès ?
Et si finalement, tout n'était que de la faute des parents, qui mettent une pression de fou dans leurs enfants ?

Sur IG, Marionnette et ses livres m'avait prévenue que la fin n'était pas au top top.
J'avoue, moi j'ai plutôt aimé. Même si c'était complètement loufoque depuis un moment déjà. Les 200 dernières pages, l'histoire part totalement en couilles. En fait la fin est bien, elle suit bien l'idée de départ, mais je ne l'ai pas trouvée assez travaillée. Enfin je sais pas trop comment l'expliquer, mais l'idée est là. J'ai trouvé ça dommage, en fait.
Ça reste tout de même une très très bonne lecture.

19 juin 2017

Ne dis rien à papa (François-Xavier Dillard)

Résumé :
Quatre jours et quatre nuits se sont écoulés avant que la police ne retrouve la victime dans cette ferme isolée. Quatre jours et quatre nuits de cauchemars, de douleurs et de souffrance, peuplés de cris et de visions imaginaires en face de ce jardin dans lequel elle avait été enterrée vivante.
Sur un autre continent, loin de cet enfer, Fanny vit avec son mari et leurs jumeaux. Leur existence bien réglée serait parfaite si elle ne percevait pas, au travers des affrontements qui éclatent sans cesse entre ses enfants, chez l'un, une propension à la mélancolie et, chez l'autre, un véritable penchant pour le mal. Chaque jour elle se dit qu'elle ne pourra plus supporter une nouvelle crise de violence, ces cris qui la replongent au coeur d'images qu'elle voudrait tant oublier... A n'importe quel prix...

Et lorsqu'un nouveau voisin s'installe dans la grande maison, elle souhaite offrir le portrait d'une famille parfaite. Mais chaque famille a son secret et le sien est le plus terrible qui puisse exister.

Mon avis :
Ça fait 4heures que j'ai terminé ce livre et je ne sais toujours pas quoi dire.
En plus, je ne veux pas trop raconter l'histoire, parce qu'un mot de trop serait le spoil assuré, et ça casserait tout.
Je ne peux pas raconter la base de l'histoire, ce qui est arrivé dans le passé, qui a fait du présent de Fanny ce qu'il est.
J'ai suivi l'auteur sur FB, j'ai vu l'annonce de la sortie de ce bouquin, j’étais comme une dingue quand la date est tombée, j’étais comme une dingue quand je l'ai enfin eu dans mes mains. J'attendais énormément (de) ce roman.
Je l'ai lu en moins de 24heures et là, vous ne me voyez pas, mais je suis toujours en PLS.

J'ai grillé assez rapidement le fond de l'histoire. C'est évident dès les premiers chapitres, même sans être parfaitement clair, on comprend au moins dans les grandes lignes.
Évidemment, ça ne gêne en rien la suite de la lecture, parce que savoir qui, finalement, ce n'est pas le plus important.
L'important c'est le reste. L'avenir de la famille de Fanny, les flics qui doivent arrêter un meurtrier qui s'amuse à péter tous les os de ses victimes (merci, j'ai ri comme jamais).

Et puis il y a Fanny. Cette femme qui a fait promettre à son mari de ne jamais lui poser de question sur son passé. Cet  homme qui veut pourtant savoir. Ces enfants. Les jumeaux. L'un est timide et fragile, émotif. L'autre est le dominant, il aime faire pleurer son frère, le pousser à faire des choses qui sont mal. Mais il faut toujours se méfier des enfants.

J'ai mais alors tellement compris Fanny ! Elle cache un secret très très lourd. A ce demander comment elle peut être si détachée et continuer à vivre à peu près normalement. Parce que le drame qu'elle a vécu n'est finalement que le déclencheur. Il y a eu d'autres choses, d'autres épreuves.

J'ai tellement envie de vous parler de Glenn, de tout ce que j'ai ressenti pour lui... C'était finalement presque beau, émouvant.

François-Xavier Dillard m'a de nouveau foutu une claque magistrale. Ne dis rien à papa est presque mieux que Fais-le pour maman. Vraiment, j'en suis toute chamboulée.

18 juin 2017

Une mère (Alejandro Palomas)

Résumé :
Barcelone, 31 decembre. Amalia et son fils Fernando s'affairent en attendant leurs invités. En ce dîner de la Saint-Sylvestre, Amalia, 65 ans, va enfin réunir ceux qu'elle aime. Ses deux filles, Siliva et Emma ; Olga, la compagne d'Emma, et l'oncle Eduardo, tous seront là cette année. Un septième couvert est dressé, celui des absents.
Chacun semble arriver avec beaucoup à dire, ou, au contraire, tout à cacher. Parviendront-ils à passer un dîner sans remous ?
Entre excitation, tendresse et frictions, rien ne se déroulera comme prévu.

Mon avis :
Oh mais... La claque que je me suis prise ! Je ne m'y attendais mais alors tellement pas.
Je pensais lire simplement une histoire familiale. Avec des secrets et des non-dits, ok, mais je ne m'attendais pas du tout à un truc aussi fort, aussi puissant.
Amalia a 65 ans et depuis le départ du père de ses enfants vit seule avec son petit chien dans un appartement.
Chaque année, elle tente  de réunir tous ses proches pour le repas du 31 décembre. Chaque année il y a un loupé. L'oncle à l'autre bout du monde, une fille pas dispo, etc.
Cette année, c'est la bonne. Même tous les absents seront là, à table.

Amalia goûte à une liberté nouvelle. Après tant d'années à vivre sous le joug de son mari, à avoir peur, à ne pas oser quoi que ce soit. Maintenant, elle tente un peu trop de nouvelles expériences, se mettant parfois (souvent. tout le temps) en danger. Elle n'a visiblement absolument pas conscience de la réalité des choses. Elle a le défaut de ne voir que le bon en chacun, et clairement, ça se retourne systématiquement contre elle.
Ses enfants n'en peuvent plus, les pauvres, de devoir la gérer et la surveiller, comme si les rôles s'inversaient.
Mais cette gentille petite vieille dame isolée a une énorme qualité : elle est présente. Pour ses proches, les gens qu'elle aime. Quoi qu'il arrive, elle sera toujours là pour prendre soin de son frère ou ses enfants. A la limite du sacrifice. Mais sans s'oublier, désormais.

Le dîner arrive, tout le monde est là. Chacun.e a un truc à annoncer, une vérité à dire.
J'étais là au milieu de tous ces personnages forts, à imaginer le bruit, les cris, les conversations (j'ai une belle famille ibère alors je sais ce que c'est ah ah).
Je voyais très bien l'extravagance d'Eduardo qui est complètement gelé, Silvia la frustrée/sévère/coincée et Emma, la douce Emma pleine de tristesse mêlée d'amour.
Chacun.e a des secrets, des failles, des manques.
Fernando est le narrateur de cette douce famille, il nous raconte les secrets de chacun.e, des épisodes de leur vie, ce que telle ou telle épreuve a changé, amélioré ou cassé.

L'histoire de cette famille est belle. Comment supporter l'absence ? Comment ne pas péter un câble ? Comment survivre au deuil, au désamour ?
Une mère est une comédie douce-amère passionnante, captivante, drôle et émouvante. Il m'aura fallut moins d'une journée pour la lire, la dévorer et l'aimer, comme tous les personnages.

15 juin 2017

Sujet 375 (Nikki Owen)

Résumé :
Atteinte du syndrome d'Asperger, le chirurgien Maria Martinez paraissait promise à un avenir brillant. Mais aujourd'hui accusée d'avoir tué un prêtre, elle se retrouve seule, en prison, sans le moindre souvenir du meurtre.
Les tests adn ne laissent pourtant pas de doute : elle était sur la scène du crime. Le médecin essaie alors de se souvenir : une chambre étrange... Des personnes plus étranges encore... On les observe...
Le puzzle dont la jeune femme s'efforce de rassembler les morceaux n'est peut-être qu'une illusion de plus. A moins de croire à des années de mensonges et de faux-semblants...

Mon avis :
Une jeune chirurgienne atteinte d'Asperger. Déjà ça, ça m’intéresse. C'est essentiellement pour ça que j'ai acheté ce livre presque au pif.
Si en plus il y a une sombre histoire de meurtre, c'est du bonus.

Maria est envoyée en prison pour un meurtre dont elle ne garde aucun souvenir. Son cerveau, pourtant si infaillible d'habitude, l'a lâchée.
Son pere est mort depuis des années, son arrestation a anéantie sa pauvre mère.
La prison est d'autant plus difficile à gérer pour Maria à cause de son syndrome. Ses peurs, ses émotions, la gestion du monde extérieur, tout ça devient plus compliqué.
Elle peut heureusement compter sur le soutien et l'aide très précieuse de sa codétenue.
Mais Maria observe et note absolument tout dans un carnet.
Comment faire quand les faits et le discours des gens qui l'entourent ne coïncident ni avec sa mémoire, ni avec ses écrits ? 
Comment faire quand finalement, les psy, les médecins, l’équipe carcérale ont chacun un discours différent ? Qui ment ? Qui dit la vérité ?
Maria ne se sent clairement pas en sécurité en prison. Elle devine que quelqu'un lui ment, la manipule. Alors elle fonce, cherche des réponses, veut découvrir la vérité.
Pourquoi elle, pourquoi la prison, pourquoi toutes ces manipulations ?
Dans cette prison, tout le monde ment. Ou pas.
Drogue, hallucinations, Maria ne sait plus rien. Le danger rode pourtant, et il faut agir vite.
Maria se sent seule, elle qui a toujours vécu avec l'idée que les gens sont honnêtes, aujourd'hui elle apprend qu'on ne peut vraiment faire confiance à personne. Elle se retrouve seule pour rester en vie.

J'ai adoré ! Évidemment, je n'ai réellement aimé que Maria. Difficile de s'attacher aux autres personnages quand on se demande s'ils sont au fond gentils ou méchants.
Maria est une femme forte, prête à tout pour découvrir la vérité, être innocentée et libérée. Elle sait, elle sent qu'elle est innocente, malgré toutes les preuves et son dossier médical contre elle.
J'ai adoré cette histoire totalement fascinante. Les mensonges, le programme, les services secrets. Tout était finement mené et très bien trouvé. Et puis quand on apprend finalement la vérité, on se retrouve à ne quand même pas savoir qui croire. Dès les premières pages on a appris à se méfier de chacun des personnages alors difficile de quitter cette idée à la dernière page.

Le seul truc qui m'a dérangée, c'est la façon de parler de Maria. Non pas que je gère super bien l'autisme et le syndrome d'Asperger, mais il me semble que les personnes qui en sont atteintes ont du mal avec les subtilités du langage. Maria ne sait pas gérer/exprimer ses émotions, quand elle parle elle est maladroite, comme les autistes. Mais je sais pas. Les métaphores et autres figures de styles sont difficiles à gérer, normalement.
(Tu vois Sheldon Cooper ? Voilà.)
Maria a le même langage que n'importe qui, et pour moi ça colle pas avec Asperger.
Mais c'est un sujet tellement vaste et sensible, que, ma foi...