22 août 2017

La dernière des Stanfield (Marc Lévy)

Résumé :
Ma vie a changé un matin alors que j'ouvrais mon courrier. Une lettre anonyme m'apprenait que ma mère avait commis un crime trente-cinq ans plus tôt.
L'auteur de cette lettre me donnait rendez-vous dans un bar de pêcheurs sur le port de Baltimore et m'ordonnait de ne parler de cette histoire à personne.
J'avais enterré Maman à Londres au début du printemps ; l'été s'achevait et j'étais encore loin d'avoir fait mon deuil.
Qu'auriez-vous fait à ma place ?
Probablement la même erreur que moi.

Mon avis :
Arrêtez tout !!! J'ai lu Marc Lévy ! OUI OUI !!!
J'ai toujours eu une tonne de préjugés sur lui. Auteur populaire bas de gamme, histoires niaises sans intérêt. Non franchement, je lisais ses 4eme de couverture et j'avais envie de cramer les livres tellement c’était naze.
Et puis La dernière des Stanfield est arrivé. J'ai craqué totalement sur la couverture, je la trouve superbe. Mais voilà, c'est Marc Lévy. Tatiana de Rosnay, qui est une auteure que j'aime très fort, l'a adoré. Alors je me suis laissée tenter.
Au pire je passe un mauvais moment, tant pis, ça arrive et j'y suis préparée. Dans le meilleur des cas j'adore et j'en serais la première surprise. Dans tous les cas je me serais au moins faite ma propre opinion alors ma foi, tout ne sera pas perdu...

Bref.
Notre héroïne s'appelle Eleanor-Rigby. Oui. Parce que ses parents sont fans des Beatles. (et si son frère jumeau s'appelle Michel, je vous laisse deviner pourquoi).
Elle adore sa vie, sa famille, a été une enfant aimée par des parents géniaux.
Mais un jour, elle reçoit une lettre anonyme. L’écriture est fine, délicate et sophistiquée. Le courrier apprend à Elby que sa mère n'est pas celle qu'elle croyait. Evidemment, nos parents ont eu une vie avant nous, ils ont tous des choses à nous cacher, ou du moins dont nous ne voulons rien savoir.
Mais en parlant avec son père, finalement, ça l'intrigue parce qu'il y a deux trois détails qui déconnent.
Allez hop. Londres-Baltimore pour en savoir plus.
Là bas, elle a rendez-vous avec son corbeau à une magnifique table. Mais elle n'est pas seule.
George-Harrison est là aussi.
Cette histoire les concerne tous les deux, alors c'est tous les deux qu'ils partent à l'aventure et à la découverture d'un passé qu'on leur a toujours caché.
Un voyage entre Londres, les Etats-Unis et le Quebec, sur fond d'art, de passion et de seconde guerre mondiale.

Et bien figure toi que j'ai étrangement apprécié ma lecture.
Enfin, pour ma défense, moi, j'adore les Beatles alors t'imagines bien comme j'ai adoré lire George-Harrison partout.
L'histoire de base est vraiment bonne. Les secrets de famille, le passé inconnu, ça marche toujours. Surtout quand il y a énormément de gens qui gravitent autour. Là, c'est l'histoire de plusieurs familles, plusieurs époques. Ça n'en est que plus intéressant pour moi.
Et puis Elby est vraiment un très bon personnage, je l'ai beaucoup appréciée. J'ai adoré ses liens avec son jumeau, sa sœur et leur père, c'est une très belle famille. Et le patriarche est tellement attachant.
George-Harrison est un vrai ours, on ne connait vraiment rien de lui, si ce n'est que sa mère est malade et à l'hospice.

L’écriture est simple, facile à lire et à comprendre, le roman se lit très vite.
Par contre, si l'histoire de base est très intéressante, il y a eu quand même quelques trucs hyper convenus. Le prévisible ne m'a jamais attirée dans les romans et là j'avoue avoir été servie, c'est bien dommage. De plus, je ne suis pas suffisamment romantique pour pouvoir apprécier certains passages.
Ça reste une histoire basique, franchement pas hyper extraordinaire, mais ça reste un bon divertissement selon moi. Idéal pendant les vacances.

19 août 2017

Agatha Raisin - La quiche fatale (M.C. Beaton)

Résumé :
Sur un coup de tête, Agatha Raisin décide de quitter Londres pour goûter aux délices d’une retraite anticipée dans un paisible village des Costwolds, où elle ne tarde pas à s’ennuyer ferme. Afficher ses talents de cordon-bleu au concours de cuisine de la paroisse devrait forcément la rendre populaire. Mais à la première bouchée de sa superbe quiche, l’arbitre de la compétition s’effondre et Agatha doit révéler l’amère vérité : elle a acheté la quiche fatale chez un traiteur. Pour se disculper, une seule solution : mettre la main à la pâte et démasquer elle-même l’assassin.

Mon avis :
J'ai connu Agatha avec la série télé qui est passée il y a peu de temps sur France3.
Donc pour le suspens de ce premier tome, évidemment, on repassera.
De toute manière, le coupable de ce meurtre est évident. Il faut juste découvrir pourquoi et comment.

M.C. Beaton nous offre un roman totalement frais, léger, drôle, avec une enquête qui comble un peu les espaces. Entre deux polars sérieux ou sanglants, ça reste dans le thème tout en reposant l'esprit.
Agatha Raisin est une jeune quinqua qui, après avoir montée sa boite de relations publiques et avoir été une pro dans le domaine, décide de réaliser son rêve de petite fille : vivre dans la campagne anglaise.
Elle achète un petit cottage dans le village de Carlesy. Le soucis quand on arrive dans un charmant petit village, c'est qu'il est difficile de se faire une place là où tout le monde se connaît depuis toujours. Pas facile de se faire accepter, de se sentir à sa place.
Alors quand en plus on est responsable de la mort du juge d'un concours de quiche maison... Agatha va avoir du pain sur la planche pour rétablir la vérité.

L'enquête est un peu mise de coté pendant une bonne partie de l'histoire. Il faut dire que personne n'aide Agatha, personne ne comprend son acharnement, elle se retrouve donc rapidement à lâcher l'affaire. Elle veut juste vivre paisiblement sa petite retraite.

J'ai passé un très bon moment. Avec Agatha évidemment, qui est une femme maladroite, pétillante, et clairement pas faite pour la campagne. Je l'ai trouvée très drôle et donc très attachante.
Les autres personnages ne laisse pas indifférent non plus. Il y a les gentils évidemment, et puis les vieux relous insupportables qu'on aimerait bien empoisonner. Mais ils ont tous un petit truc qui nous les fait apprécier (un peu)

La quiche fatale a été une très bonne lecture et il me tarde de lire la suite.

14 août 2017

A la folie (Cindy Lia)

Résumé :
Infirmière fraîchement diplômée en psychiatrie, Alicia rejoint l’équipe du Center Hospital, vieille institution au cœur de New-York dont les légendes précèdent la réputation. Entre secrets et phénomènes inexplicables, la bâtisse renferme son lot de mystères. À commencer par Julian, un patient au tempérament de feu qui, à peine arrivé, donne déjà du fil à retordre aux équipes en place.
Alors que la loi du silence règne entre les murs, Alicia se retrouve au cœur d’une série de meurtres non résolus qui la plongent rapidement dans une enquête au péril même de sa vie…

Mon avis :
Alors je l'avoue, à la lecture du résumé je crois qu'en temps normal y'aurait eu très peu de chances que je me retourne sur ce bouquin.
Le coup du malade psy mystérieux et donc supposément super sexy et la jeune infirmière... oui non merci, très peu pour moi, hein.
Mais ce roman est largement plus que ça. Alors certes il y a le gros cliché malade/soignant.e mais finalement on passe au dessus, parce qu'on se rend vite compte que ça doit faire partie de l'histoire. Et surtout, il ne se passe pas franchement énormément de choses entre Alicia et Julian alors ma foi.

On devine rapidement qu'Alicia a ses petits secrets, elle cache une lourde épreuve de son passé mais alors on ne sait absolument rien là dessus, y'a ni piste ni indice durant toute l'histoire. On se retrouve à se triturer les méninges à se demander ce qui se passe, pourquoi elle s'obstine alors qu'elle est clairement en danger.
Il faut dire que toute cette affaire intrigue. Un coupable qui n'en est pas un, des morts suspectes et des comportements bien trop étranges, même pour un hôpital psy.
Sans compter sur le flic qui ne capte rien et n'écoute pas ce qu'a à lui dire Alicia. On pédale sévèrement dans la semoule.

Ajoutez à tout ça une atmosphère oppressante et vous aurez un lot gagnant.
L'histoire n'est pas ultra flippante mais on se retrouve avec des milliards de doutes et autant de questions. Qui ment et qui dit vrai ? Qui croire, quand on fait tout pour trouver une vérité ?
Certains personnages n'aident pas, non plus. Quel mystère cache le Dragon ? Et Julian, qui est-il vraiment ?

Avant de commencer cette lecture, je m'attendais à une romance, sur fond d'hôpital psychiatrique. Je m'attendais presque à un truc un peu plat et très chiant.
Très rapidement, je me suis dit que finalement, ça se lisait plutôt bien et que donc tout n'était pas à jeter.
Et en fait, ce roman, sans être le coup de cœur de l'année, restera une très très bonne surprise. Il se lit vite, l'intrigue fonctionne et clairement on a envie de savoir ce qui se cache là dessous.
Alors certes, j'ai rapidement deviné deux trois trucs sur certain.e.s personnages, mais j'ai également eu pas mal de surprises.

Et puis la fin... J'ai adoré la chute, ah ah.

Un très bon moment passé pour moi.

13 août 2017

Am Stram Gram (M.J. Arlidge)

Résumé :
Une jeune femme émerge de la foret, à peine vivante. Son histoire est au-delà du raisonnable. Mais elle est vraie. Chaque détail sordide l'est. Quelques jours plus tard, un autre survivant est retrouvé ; et une série semble se former. Des paires de victimes sont enlevées, emprisonnées et confrontées à un terrible choix : tuer ou être tué.
Préféreriez-vous perdre votre vie plutôt que votre esprit ? L'inspecteur Helen Grace connait la part sombre de la nature humaine, y compris la sienne. En dirigeant l’enquête, elle comprend que les survivants détiennent la clé de l’énigme. Et rien ne sera plus terrifiant que la vérité.

Mon avis :
3 paires de gens sont portées disparues l'une après l'autre. Chaque fois, une seule personne survit. Tant bien que mal. Parce que, comment continuer à vivre quand on a été poussé.e à tuer, quand on a vécu plusieurs jours d'enfermement dans des conditions abominables ?
Chaque survivant.e est retrouvé.e en miettes, physiquement et moralement. Cauchemars atroces, dépression.
Comment la tueuse s'y prend ? Parce que c'est avéré : il s'agit d'une femme, qui agit seule. Elle est donc hyper organisée, il n'y a pas un seul faux pas. Et pourtant, les victimes s’enchaînent.

Helen est capitaine de police. Admirée de tout le commissariat, elle a voué sa vie à son boulot. Pas de congés, pas de mec, pas de gosse, jamais malade. Cette femme est un roc. Elle est en charge de l’enquête parce qu'elle est la meilleure.
Rapidement, elle fait le lien entre certaines victimes. Elle tiendrait une piste si ça collait avec les autres.

La course a démarré. Il faut à tout prix arrêter cette tueuse. Pour stopper le carnage mais aussi calmer les journalistes.

Je n'avais lu que des avis hyper positifs sur cette histoire, j'avais autant hâte de commencer cette lecture que peur d'être déçue.
Et je dois dire que j'ai réellement adoré.
Les chapitres sont courts, tout s’enchaîne très vite. La lecture est donc hyper fluide et on peut finir ce livre très rapidement.
Il y a aussi toute l'horreur de l'enfermement. Pas de nourriture ni d'eau, la crasse, la moisissure. Le désespoir total.
On a également un aperçu assez rapide de la vie perso d'Helen. Au début on ne comprend pas très bien à quoi peut servir de savoir tout ça, ça n'apporte rien à l'histoire. Jusqu'à ce que l'on comprenne enfin tout.

Helen est épaulée, entre autre, par Mark. Un très bon flic, père célibataire exclu de sa vie de famille, il ne voit plus sa fille. Le flic torturé comme il faut, il se détruit à petit feu.

L’énigme est fabuleuse. Pourquoi enlever ces personnes là ? Qui peut être derrière tout ça ? Quel est le lien entre eux ?
C'est aussi tordu que recherché. J'ai tout bonnement pris mon pied sur le malheur des gens et l'horreur du passé.

Am Stram Gram est un très bon thriller qui nous fait nous poser 10 000 questions. Que ferions-nous à la place de ces gens séquestrés ? Serions nous toujours là pour les gens que l'on aime, pour nos proches ? Jusqu'où la haine peut elle nous mener ?

Fascinant. Totalement. J'ai bien hâte de lire la suite.

6 août 2017

Dans le jardin de l'ogre (Leïla Slimani)

Résumé :
"Une semaine qu'elle tient. Une semaine qu'elle n'a pas cédé. Mais cette nuit, elle en a rêvé et n'a pas pu se rendormir. Un rêve moite, interminable, qui s'est introduit en elle comme un souffle d'air chaud. Adèle ne peut plus penser qu'à ça."

Adèle semble heureuse avec Richard, le médecin qu'elle a épousé. Pourtant, elle ne peux s’empêcher de collectionner les conquêtes. Dans le jardin de l'ogre est l'histoire d'un corps esclave de ses pulsions que rien ne rassasie.
Un roman féroce et viscéral sur l'addiction sexuelle et ses implacables conséquences.

Mon avis :
Comme beaucoup, j'ai découvert l'auteure avec Chanson douce, que j'avais adoré. Je me suis rapidement ruée sur ce premier roman.
J'ai dévoré cette histoire comme Adèle dévore les hommes. Je ne pouvais pas interrompre la lecture.
Leïla Slimani a décidément une merveilleuse plume. J'ai aimé ses mots, cette histoire, la façon de raconter.
J'ai aimé Adèle, sa désinvolture totale, son mépris, sa joie de vivre et sa soif de plaisir. Avec la folle envie de lui mettre une paire de baffes.
Un nouvel amant à chaque page, presque. On se demande comment tout ça va finir, si Adèle ne pas à un moment en avoir simplement marre. On pense à ce pauvre Richard que sa femme regarde à peine. On cherche l'amour dans ce roman. Il n'y en a pas. De la tendresse, de l'attachement et du sexe, oui. Mais pas d'amour. Ou si peu.
Adèle rend les hommes fous. Tous. Jusqu'à quand ? Comment vivre en donnant le change, en ayant l'air de rien ?

L'histoire d'Adèle est triste, elle fait de la peine. Mais pourtant ce roman est une merveille, sa lecture fait du bien à l'âme.

Seul petit bémol pour moi. J'ai trouvé la fin hyper bâclée. J'aurais préféré autre chose. Quoi, j'en sais rien. Mais aux dernières pages, le soufflé est retombé. Dommage.

5 août 2017

Le vieux saltimbanque (Jim Harrison)

Résumé :
Dans ce dernier livre publié moins d'un mois avant sa mort, Jim Harrison a choisi de poursuivre ses mémoires sous la forme d'un texte à la troisième personne pour "échapper à l'illusion de réalité propre à l'autobiographie".
Souvenirs d'enfance, découverte de la poésie, mariage, amour de la nature, célébration des plaisirs de la chair et de la table, alcools et paradis artificiels, Jim Harrison tisse le roman d'une vie.

Mon avis :
Je ne connaissais absolument pas Jim Harrison, je n'ai jamais rien lu de lui. Tout ce que je connaissais de lui jusqu'à présent, c’était Wolf, et vaguement Légendes d'automne.
J'ai donc ouvert ce petit livre totalement à l'aveugle.
Et je dois dire que c’était hyper intéressant.
En très peu de pages, l'auteur nous raconte les moments les plus intéressants de sa vie. Il nous parle de sa femme, qu'il a aimée toute sa vie et avec laquelle il avait rapidement trouvé un certain équilibre, sa vie à la ferme, ses succès, ses voyages et son enfance.
J'ai trouvé ce livre très instructif, j'ai appris sur l'auteur, mais aussi sur les époques qu'il a vécu. Ses malheurs sont cités comme de simples anecdotes sans importance, il préfère nous parler des bons moments.
Jim Harrison a eu une vie hyper mouvementée et incroyablement remplie. J'ai passé une très bonne journée avec ce saltimbanque. Tout ce qu'il raconte est fascinant.

4 août 2017

La faute (Paula Daly)

Résumé :
Ses trois enfants, son mari et son travail au refuge pour animaux ne laissent guère de temps à Lisa Kallisto. Ou juste assez pour culpabiliser et envier la vie parfaite de sa voisine et amie Kathy.
Un soir, alors que la fille de Kathy doit justement venir dormir chez eux, l'adolescente disparait sans que Lisa, trop débordée, ne réalise son absence et prévienne sa mère. C'est le début du cauchemar. Et si Lucinda ne revenait pas ? Et si elle avait été enlevée, comme cette autre jeune fille retrouvée errant, à moitié nue et complètement traumatisée, dans les rues de la ville ?
Lisa en est persuadée : tout cela est sa faute.
Et elle doit maintenant la réparer.

Mon avis :
Je voulais lire ce roman depuis une éternité. J'avais adoré Ma meilleure ennemie de la même auteure, c'est donc avec une joie non dissimulée que je me suis attaquée à cette nouvelle histoire.
Lisa, Joe et leurs trois enfants mènent une vie parfaite. Enfin, ils ont leurs problèmes, courent à droite à gauche, mais finalement ils sont heureux ensemble, et c'est tout ce qui compte. Leur vie est simple, tout va bien.
La disparition de Lucinda intervient rapidement. Lisa culpabilise à mort. C'est normal évidemment, c'est de sa faute si cette gamine est introuvable. Elle se confond en excuses, les parents de l'ado ne lui en tiennent pas rigueur plus que ça. Ce n'est pas uniquement sa faute. Comment une ado a pu se laisser embarquer par un inconnu ? Les parents paraissent gérer l'affaire avec une patience d'ange. Sans cris, sans crise. Ils veulent juste retrouver leur fille.
Ils ont bon espoir puisque peu de temps auparavant, une ado du même age a été portée disparue puis retrouvée en ville, par hasard. Ça doit être le même type.
Mais l’enquête piétine, la police manque cruellement d'indices.
En attendant, Lisa culpabilise de plus en plus, elle est la première à aider son amie, à soutenir la famille. Dès le moindre problème, elle accourt. Son aide est accueillie avec plaisir et bienveillance.

Ce roman parle d'apparences. De sacrifices. De famille. Lisa adore sa copine mais clairement, elle envie sa vie merveilleuse, son boulot, sa maison. Tout chez Kathy fait envie.
Mais au fur et à mesure, le vernis s’écaille un peu plus. Chez Kathy mais aussi chez Lisa.
Tout le monde a des secrets. Ce qu'on cache peut avoir des conséquences terribles.
Il ne reste plus beaucoup de temps pour retrouver Lucinda.

L'histoire est un peu longue à demarrer, l'angoisse et le suspens se mettent en place petit à petit. Mais finalement, Paula Daly sait manier la plume avec brio. On s'interroge, on se demande ce que tout ce petit monde peut bien cacher. On devine certaines choses, on ne s'attend pas à d'autres. Puis on fait le lien. On espere. Il faut que tout finisse bien pour tout le monde.

J'ai passé un excellent moment avec ce livre, cette histoire, ces personnages. Faux semblants, apparences, maladien secrets et mensonges. Tout ce qu'il faut pour une histoire réussie.

1 août 2017

Mémé dans les orties - Aurélie Valognes

Résumé :
Ferdinand Brun, 83 ans, solitaire, bougon, acariâtre - certains diraient : seul, aigri, méchant-, s'ennuie à ne pas mourir. Son unique passe-temps ? Eviter une armada de voisines aux cheveux couleur pêche, lavande ou abricot. Son plus grand plaisir ? Rendre chèvre la concierge, Mme Suarez, qui joue les petits chefs dans la résidence. Mais lorsque sa chienne prend la poudre d'escampette, le vieil homme perd définitivement gout à la vie... jusqu'au jour où une fillette précoce et une mamie geek de 92 ans forcent littéralement sa porte, et son cœur.

Mon avis :
J'ai découvert Aurélie Valognes il y a un peu plus d'un an, avec son second roman Nos adorables belles-filles. J'avais beaucoup aimé son style, sa manière de raconter la vie et ses banalités.
J'ai donc été assez ravie de me plonger dans ce premier roman.
Et j'ai passé un très bon moment. Bien trop court pour moi, mais un très bon moment.
J'ai savouré la vie de Ferdinand, son mauvais caractère qui cache finalement un petit vieux au grand cœur. J'ai adoré la petite Juliette, son énergie, son culot, sa manière d'entrer dans la vie de Ferdinand.
J'ai beaucoup moins apprécié madame Suarez mais là je pense que tout le monde sera ok avec moi. Surtout à la fin. Quelle sale connasse !
Pendant 250 pages on suit toutes ces tranches de vie, on assiste à la vieillesse, à ce que devient la vie, à la solitude et l'abandon.
Ce roman n'est pas hyper palpitant, les personnages n'ont pas des vies de ouf, mais ce livre est simplement authentique. Des vies comme ça, il y en a partout autour de nous. Les gens les plus insupportables ne sont pas forcement le petit vieux isolé au dessus de notre tête. Prenons soin de nous, de nos proches, de notre famille. Et vive les petits vieux acariâtres.

25 juin 2017

Des enfants trop parfaits (Peter James)

Résumé :
Naomi et John ont perdu leur fils de quatre ans, Halley, emporté par une maladie génétique rare. Et ils sont aujourd'hui prêts à tout pour ne plus revivre un tel cauchemar. Même à l'insensé : faire appel aux services d'un généticien génial, mais très controversé. Pour 400 000 dollars, le docteur Dettore leur garantit un bébé en bonne santé. Comment résister à pareille promesse ? Ils auraient pourtant du être alertés par la liste qu'on leur a remise : choix de la couleur des yeux, de la taille, des traits de caractère, des aptitudes sportives...
Trop tard pour faire marche arrière. Naomi est enceinte, et déjà quelque chose ne tourne pas rond.

Mon avis :
J'avais tenté une première lecture de ce roman il y a pas mal de temps déjà. Mais j'avais rapidement lâché. De mémoire, c'était à cause du journal intime de Naomi, elle y avait écrit un truc que j'avais trouvé incroyablement stupide, j'en ai eu marre et je suis passée à autre chose.
Et puis en voyant le livre en rayon, j'ai eu envie de retenter le coup.
Et j'avoue que j'ai été beaucoup moins déçue.

Naomi et John sont un jeune couple, ils s'aiment et ont vécu la pire épreuve que des parents peuvent vivre. Leur adorable fils est mort dans d'atroces souffrances.
La période de deuil passée (si tant est qu'elle se finisse un jour), ils veulent refonder une famille. Alors pour limiter les risques d'avoir de nouveau un enfant souffrant d'une maladie rare, ils contactent ce savant fou.
Ils veulent juste un enfant en bonne santé. Une santé normale, au moins, sans maladie grave/incurable/rare/génétique.

Mais la manipulation génétique et les progrès scientifiques sont aussi bénéfiques que dangereux. Naomi et John vont très rapidement le comprendre.
Il y a tellement de choses qui leur font se poser des questions, qui resteront sans réponse.
Je ne peux évidemment pas trop en raconter sinon il n'y aura plus de surprise. Ce serait dommage de spolier un tel roman.

A travers Naomi et John (et le Dr Dettore), Peter James nous interpelle sur la manipulation génétique. Sur le hasard, la nature, sur ce qui fait que nos enfants sont comme ils sont et pas autrement.
Avoir des enfants parfaits, beaux, intelligents, en bonne santé, tout le monde en rêve. Mais à quel prix ? N'aimerions nous pas notre enfant même s'il est moche, con et malade ? Nos enfants sont nos enfants, nous ne devrions jamais vouloir plus que cela.
Et pourtant, ces enfants "du" Dr Dettore ne sont-ils pas un progrès pour l'évolution ? Notre monde est pourri jusqu'au noyau, par notre faute, gouverné par la haine et la violence. Le monde évolue, pas l'être humain. Si finalement des enfants génétiquement modifiés pouvaient sauver notre monde ? Dans un monde encore gouverné par la religion, quelle place ont la science et ses progrès ?
Et si finalement, tout n'était que de la faute des parents, qui mettent une pression de fou dans leurs enfants ?

Sur IG, Marionnette et ses livres m'avait prévenue que la fin n'était pas au top top.
J'avoue, moi j'ai plutôt aimé. Même si c'était complètement loufoque depuis un moment déjà. Les 200 dernières pages, l'histoire part totalement en couilles. En fait la fin est bien, elle suit bien l'idée de départ, mais je ne l'ai pas trouvée assez travaillée. Enfin je sais pas trop comment l'expliquer, mais l'idée est là. J'ai trouvé ça dommage, en fait.
Ça reste tout de même une très très bonne lecture.

19 juin 2017

Ne dis rien à papa (François-Xavier Dillard)

Résumé :
Quatre jours et quatre nuits se sont écoulés avant que la police ne retrouve la victime dans cette ferme isolée. Quatre jours et quatre nuits de cauchemars, de douleurs et de souffrance, peuplés de cris et de visions imaginaires en face de ce jardin dans lequel elle avait été enterrée vivante.
Sur un autre continent, loin de cet enfer, Fanny vit avec son mari et leurs jumeaux. Leur existence bien réglée serait parfaite si elle ne percevait pas, au travers des affrontements qui éclatent sans cesse entre ses enfants, chez l'un, une propension à la mélancolie et, chez l'autre, un véritable penchant pour le mal. Chaque jour elle se dit qu'elle ne pourra plus supporter une nouvelle crise de violence, ces cris qui la replongent au coeur d'images qu'elle voudrait tant oublier... A n'importe quel prix...

Et lorsqu'un nouveau voisin s'installe dans la grande maison, elle souhaite offrir le portrait d'une famille parfaite. Mais chaque famille a son secret et le sien est le plus terrible qui puisse exister.

Mon avis :
Ça fait 4heures que j'ai terminé ce livre et je ne sais toujours pas quoi dire.
En plus, je ne veux pas trop raconter l'histoire, parce qu'un mot de trop serait le spoil assuré, et ça casserait tout.
Je ne peux pas raconter la base de l'histoire, ce qui est arrivé dans le passé, qui a fait du présent de Fanny ce qu'il est.
J'ai suivi l'auteur sur FB, j'ai vu l'annonce de la sortie de ce bouquin, j’étais comme une dingue quand la date est tombée, j’étais comme une dingue quand je l'ai enfin eu dans mes mains. J'attendais énormément (de) ce roman.
Je l'ai lu en moins de 24heures et là, vous ne me voyez pas, mais je suis toujours en PLS.

J'ai grillé assez rapidement le fond de l'histoire. C'est évident dès les premiers chapitres, même sans être parfaitement clair, on comprend au moins dans les grandes lignes.
Évidemment, ça ne gêne en rien la suite de la lecture, parce que savoir qui, finalement, ce n'est pas le plus important.
L'important c'est le reste. L'avenir de la famille de Fanny, les flics qui doivent arrêter un meurtrier qui s'amuse à péter tous les os de ses victimes (merci, j'ai ri comme jamais).

Et puis il y a Fanny. Cette femme qui a fait promettre à son mari de ne jamais lui poser de question sur son passé. Cet  homme qui veut pourtant savoir. Ces enfants. Les jumeaux. L'un est timide et fragile, émotif. L'autre est le dominant, il aime faire pleurer son frère, le pousser à faire des choses qui sont mal. Mais il faut toujours se méfier des enfants.

J'ai mais alors tellement compris Fanny ! Elle cache un secret très très lourd. A ce demander comment elle peut être si détachée et continuer à vivre à peu près normalement. Parce que le drame qu'elle a vécu n'est finalement que le déclencheur. Il y a eu d'autres choses, d'autres épreuves.

J'ai tellement envie de vous parler de Glenn, de tout ce que j'ai ressenti pour lui... C'était finalement presque beau, émouvant.

François-Xavier Dillard m'a de nouveau foutu une claque magistrale. Ne dis rien à papa est presque mieux que Fais-le pour maman. Vraiment, j'en suis toute chamboulée.

18 juin 2017

Une mère (Alejandro Palomas)

Résumé :
Barcelone, 31 decembre. Amalia et son fils Fernando s'affairent en attendant leurs invités. En ce dîner de la Saint-Sylvestre, Amalia, 65 ans, va enfin réunir ceux qu'elle aime. Ses deux filles, Siliva et Emma ; Olga, la compagne d'Emma, et l'oncle Eduardo, tous seront là cette année. Un septième couvert est dressé, celui des absents.
Chacun semble arriver avec beaucoup à dire, ou, au contraire, tout à cacher. Parviendront-ils à passer un dîner sans remous ?
Entre excitation, tendresse et frictions, rien ne se déroulera comme prévu.

Mon avis :
Oh mais... La claque que je me suis prise ! Je ne m'y attendais mais alors tellement pas.
Je pensais lire simplement une histoire familiale. Avec des secrets et des non-dits, ok, mais je ne m'attendais pas du tout à un truc aussi fort, aussi puissant.
Amalia a 65 ans et depuis le départ du père de ses enfants vit seule avec son petit chien dans un appartement.
Chaque année, elle tente  de réunir tous ses proches pour le repas du 31 décembre. Chaque année il y a un loupé. L'oncle à l'autre bout du monde, une fille pas dispo, etc.
Cette année, c'est la bonne. Même tous les absents seront là, à table.

Amalia goûte à une liberté nouvelle. Après tant d'années à vivre sous le joug de son mari, à avoir peur, à ne pas oser quoi que ce soit. Maintenant, elle tente un peu trop de nouvelles expériences, se mettant parfois (souvent. tout le temps) en danger. Elle n'a visiblement absolument pas conscience de la réalité des choses. Elle a le défaut de ne voir que le bon en chacun, et clairement, ça se retourne systématiquement contre elle.
Ses enfants n'en peuvent plus, les pauvres, de devoir la gérer et la surveiller, comme si les rôles s'inversaient.
Mais cette gentille petite vieille dame isolée a une énorme qualité : elle est présente. Pour ses proches, les gens qu'elle aime. Quoi qu'il arrive, elle sera toujours là pour prendre soin de son frère ou ses enfants. A la limite du sacrifice. Mais sans s'oublier, désormais.

Le dîner arrive, tout le monde est là. Chacun.e a un truc à annoncer, une vérité à dire.
J'étais là au milieu de tous ces personnages forts, à imaginer le bruit, les cris, les conversations (j'ai une belle famille ibère alors je sais ce que c'est ah ah).
Je voyais très bien l'extravagance d'Eduardo qui est complètement gelé, Silvia la frustrée/sévère/coincée et Emma, la douce Emma pleine de tristesse mêlée d'amour.
Chacun.e a des secrets, des failles, des manques.
Fernando est le narrateur de cette douce famille, il nous raconte les secrets de chacun.e, des épisodes de leur vie, ce que telle ou telle épreuve a changé, amélioré ou cassé.

L'histoire de cette famille est belle. Comment supporter l'absence ? Comment ne pas péter un câble ? Comment survivre au deuil, au désamour ?
Une mère est une comédie douce-amère passionnante, captivante, drôle et émouvante. Il m'aura fallut moins d'une journée pour la lire, la dévorer et l'aimer, comme tous les personnages.

15 juin 2017

Sujet 375 (Nikki Owen)

Résumé :
Atteinte du syndrome d'Asperger, le chirurgien Maria Martinez paraissait promise à un avenir brillant. Mais aujourd'hui accusée d'avoir tué un prêtre, elle se retrouve seule, en prison, sans le moindre souvenir du meurtre.
Les tests adn ne laissent pourtant pas de doute : elle était sur la scène du crime. Le médecin essaie alors de se souvenir : une chambre étrange... Des personnes plus étranges encore... On les observe...
Le puzzle dont la jeune femme s'efforce de rassembler les morceaux n'est peut-être qu'une illusion de plus. A moins de croire à des années de mensonges et de faux-semblants...

Mon avis :
Une jeune chirurgienne atteinte d'Asperger. Déjà ça, ça m’intéresse. C'est essentiellement pour ça que j'ai acheté ce livre presque au pif.
Si en plus il y a une sombre histoire de meurtre, c'est du bonus.

Maria est envoyée en prison pour un meurtre dont elle ne garde aucun souvenir. Son cerveau, pourtant si infaillible d'habitude, l'a lâchée.
Son pere est mort depuis des années, son arrestation a anéantie sa pauvre mère.
La prison est d'autant plus difficile à gérer pour Maria à cause de son syndrome. Ses peurs, ses émotions, la gestion du monde extérieur, tout ça devient plus compliqué.
Elle peut heureusement compter sur le soutien et l'aide très précieuse de sa codétenue.
Mais Maria observe et note absolument tout dans un carnet.
Comment faire quand les faits et le discours des gens qui l'entourent ne coïncident ni avec sa mémoire, ni avec ses écrits ? 
Comment faire quand finalement, les psy, les médecins, l’équipe carcérale ont chacun un discours différent ? Qui ment ? Qui dit la vérité ?
Maria ne se sent clairement pas en sécurité en prison. Elle devine que quelqu'un lui ment, la manipule. Alors elle fonce, cherche des réponses, veut découvrir la vérité.
Pourquoi elle, pourquoi la prison, pourquoi toutes ces manipulations ?
Dans cette prison, tout le monde ment. Ou pas.
Drogue, hallucinations, Maria ne sait plus rien. Le danger rode pourtant, et il faut agir vite.
Maria se sent seule, elle qui a toujours vécu avec l'idée que les gens sont honnêtes, aujourd'hui elle apprend qu'on ne peut vraiment faire confiance à personne. Elle se retrouve seule pour rester en vie.

J'ai adoré ! Évidemment, je n'ai réellement aimé que Maria. Difficile de s'attacher aux autres personnages quand on se demande s'ils sont au fond gentils ou méchants.
Maria est une femme forte, prête à tout pour découvrir la vérité, être innocentée et libérée. Elle sait, elle sent qu'elle est innocente, malgré toutes les preuves et son dossier médical contre elle.
J'ai adoré cette histoire totalement fascinante. Les mensonges, le programme, les services secrets. Tout était finement mené et très bien trouvé. Et puis quand on apprend finalement la vérité, on se retrouve à ne quand même pas savoir qui croire. Dès les premières pages on a appris à se méfier de chacun des personnages alors difficile de quitter cette idée à la dernière page.

Le seul truc qui m'a dérangée, c'est la façon de parler de Maria. Non pas que je gère super bien l'autisme et le syndrome d'Asperger, mais il me semble que les personnes qui en sont atteintes ont du mal avec les subtilités du langage. Maria ne sait pas gérer/exprimer ses émotions, quand elle parle elle est maladroite, comme les autistes. Mais je sais pas. Les métaphores et autres figures de styles sont difficiles à gérer, normalement.
(Tu vois Sheldon Cooper ? Voilà.)
Maria a le même langage que n'importe qui, et pour moi ça colle pas avec Asperger.
Mais c'est un sujet tellement vaste et sensible, que, ma foi...

13 juin 2017

Le diable, tout le temps (Donald Ray Pollock)

Résumé :
De l'Ohio à la Virginie-Occidentale, de 1945 à 1965, des destins se mêlent et s'entrechoquent : un rescapé de l'enfer du Pacifique, traumatisé et prêt à tout pour sauver sa femme malade ; un couple qui joue à piéger les auto-stoppeurs ; un prédicateur et un musicien en fauteuil roulant qui vont de ville en ville, fuyant la loi...

Mon avis :
Dans cette sombre histoire, tous les destins, tous les personnages sont liés. Liens du sang, connaissances, voisinage.
On suit tour à tour les aventures de chacun. Toutes ces petites histoires sont intéressantes. Jusqu'où sommes nous prêts à aller par amour ? Ou pour sauver notre peau ? Quelle est notre limite pour tuer quelqu'un ?
Parce que, là est la morale de l'histoire. Finalement, le mal est en chacun de nous, partout, chez tout le monde, sans exception. Qu'on saute le pas ou non n'est finalement qu'une question de chance, ou d'occasions. Même le gamin le plus chou et le plus innocent du monde peut d'un seul coup se saisir d'une arme et tuer de sang froid.
Parmi cette brochette de personnages hyper complexes, beaucoup finalement ont eu simplement une vie de merde, ont enchainé les ennuis qui ont fait que... Et ceux là m'ont fait pas mal de peine. Une vie gâchée pour rien, juste pour un choix mal réfléchi.

Ce roman est un bain de sang, rien de plus. Il y a des morts partout, du sang gicle à chaque page. La mort rode, c'est plus ou moins trash selon les personnages, mais c'est toujours captivant.
L'histoire est hyper prenante, c'etait une lecture passionnante, j'ai dévoré ce livre.
Mais j'avoue être restée sur ma faim tout de même. De ce que j'en ai lu par ci par là, je m'attendais à un truc beaucoup plus trash. Malgré ma passion pour ce roman, je n'ai pas eu les tripes retournées comme je le pensais. Et c'est bien dommage parce que c'est clairement un roman que je recommande.

7 juin 2017

Derriere les portes closes (Care Santos)

Résumé :
Violeta quitte Chicago pour se rendre à Barcelone. La grande demeure où ont vécu ses grands-parents doit être entièrement restaurée. Or, juste avant son arrivée, la jeune femme reçoit une étrange lettre : une Italienne l'invite à lui rendre visite dans la région de Côme car elle a d'incroyables révélations à lui faire sur sa famille...
Mais dans la maison de Barcelone en pleins travaux, un technicien fait une macabre découverte : derrière une porte scellée, un placard renferme un corps momifié. Qui est-ce ? Qui l'y a caché ? Ce mystère trouverait-il une réponse en Italie ? Pour Violeta, sa famille ne forme plus qu'une incroyable énigme...

Mon avis :
Oh oh oh !!! Un bon gros secret de famille, voilà qui me tentait grandement.

Violeta vit à Chicago avec mari et enfants. A l'approche de ses 40 ans, elle prépare une expo sur son grand-père, célèbre peintre espagnol des années 30.
C'est un peu à contre cœur qu'elle s'en va pour Barcelone. S'occuper de la maison familiale qui doit être transformée en musée n'a rien de passionnant pour elle. Elle ne sait pas grand chose sur sa famille et se sent un peu étrangère à tout ça.
Et puis, dans cette maison règne tout de même une ambiance étrange. On sent que ces murs ont vécu pas mal de choses, des drames, des secrets, des bonheurs, c'est très oppressant.
Jusqu'au moment où, abattant une cloison, les ouvriers découvrent un corps momifié dans une pièce secrète.
Qui est ce cadavre ? Pourquoi l'avoir caché à cet endroit ?
Care Santos va nous offrir toutes les réponses que l'on attend, en nous contant l'histoire de cette étrange famille bourgeoise du début du XXeme siècle, les Lax.
La richesse, l’opulence, les conventions sociales, se mêlent ici à la révolution industrielle, à la libération des femmes, la vie qui se modernise, les secrets de famille, les émotions tues. Il n'y a dans ce roman que des personnages hauts en couleurs, intrigants, envoutants et passionnants. Chaque personne de cette histoire apporte du rire, de la réflexion, de la joie.
On passe tour à tour de l'année 2010, avec Violeta, sa vie, ses découvertes sur sa famille, au début du XXeme siècle, avec l'histoire familiale, la dynastie Lax.
Au milieu de l'art se mêlent la guerre civile espagnole et les conflits familiaux, les sentiments tiraillés entre envies et lois bourgeoises.

L'histoire des Lax est passionnante. L'auteure a réussi à inventer une famille entière, avec les personnes qui gravitent autour (proches, amis ou servantes), toute une histoire pleine de mystères passionnants, une culture, une célébrité.
Tout ceci est très bien mené, les personnages fictifs se mêlent avec brio aux personnes réelles.
L'histoire autour du mystérieux cadavre n'est que du bonus, tant tout le reste est passionnant.
Care Santos nous offre ici une magnifique leçon. J'ai adoré ce livre, l'histoire, les personnages, la culture et l'histoire espagnoles, la vie des années 20-30 dans la bourgeoisie, le choc des classes sociales.
Cette lecture restera un très très bon souvenir, j’étais pas loin du coup de cœur.

4 juin 2017

Dérive arctique (Clive Cussler)

Résumé :
Une scientifique en passe de découvrir le moyen de freiner le réchauffement climatique réchappe de justesse à une explosion qui a tout d'un attentat.
Une série d'incidents diplomatiques éclate entre les Etats-Unis et le Canada, et les morts inexpliquées se multiplient en Colombie-Britannique...
Lorsque Dirk Jr. et Summer, les deux enfants du directeur de la NUMA, découvrent sur un bateau trois cadavres empoisonnés au dioxyde carbone, ils comprennent qu'il existe un lien entre ces évènements.
Mais pour tout indice, ils ne possèdent qu'un mystérieux minerai et l'espoir de retrouver l’épave de deux navires d'exploration disparus dans les glaces de l'Arctique, qui ont laissé derrière eux une bien étrange légende...

Mon avis :
Quand j'ai gagné ce bouquin, j’étais moyennement enjouée. Le résumé ne me tentait pas des masses, sans trop savoir pourquoi.
Et finalement, j'ai déjà très envie de lire tous les autres romans de Clive Cussler.

L'histoire commence en 1848. Deux navires périssent en arctique de façon assez mystérieuse.
Puis de nos jours. Une scientifique découvre totalement par hasard comment stopper le réchauffement climatique et la pollution. Grace à un minerai très rare.
Qui dit rare, dit très prisé. Un attentat raté, une noyade inexpliquée.

Cette histoire est hyper intéressante finalement. Si tant est qu'on aime la mer et que tous les termes spécifiques ne nous effraient pas.
Beaucoup d'action, beaucoup de morts, des personnages absolument parfaits, des gentils très gentils, des méchants très méchants.
J'ai été totalement captivée. L’écriture des auteurs fait que les 600 pages coulent toutes seules. Je n'arrivais pas à lâcher ce livre, cette lecture était fabuleuse.
Tout y était intéressant. L'histoire en mer, tous ces navires, ces marins. Le thème écologique et les solutions pour sauver notre planète. La partie scientifique, qui aurait pu être très chiante, mais finalement très instructive. La politique, la corruption, la poursuite du pouvoir et de la richesse au détriment de convictions et vies humaines.
Si tout ça vous parle, n’hésitez plus, Clive Cussler est fait pour vous.

1 juin 2017

Jane Eyre (Charlotte Brontë)

Résumé :
Jane Eyre est pauvre, orpheline, pas très jolie. Pourtant, grâce à sa seule force de caractère, et sans faillir à ses principes, elle parviendra à faire sa place dans la société rigide de l'Angleterre victorienne et à trouver l'amour... Une héroïne qui surmonte les épreuves sans perdre foie en son avenir, une intrigue où se succède mystères et coups de théâtre, une passion amoureuse qui défie tous les obstacles.

Mon avis :
Jane Eyre... Ca doit faire 20 ans que j'ai envie de lire ce bouquin (les fans de Friends comprendront). La littérature classique n’étant pas franchement mon kiff, je laissais trainer, j'ai jamais trop osé.
Et finalement, c'est arrivé.
Jane Eyre est une pauvre orpheline. Elle a été recueillie par sa tante qui avait promis à son mari sur son lit de mort de la traiter comme ses propres enfants.
Jane est une gamine mal aimée. Voir pas aimée du tout, en fait.
Elle est un véritable fardeau pour sa tante, qui ne sait pas du tout comment faire avec elle, alors que ses trois enfants sont tellement merveilleux.
Après la petite rébellion de trop, la tante décide d'envoyer la mauvaise nièce dans une pension pour jeunes filles difficiles. Le directeur promet d'en faire une jeune fille instruite, bien élevée et respectable.
Même si la vie à la pension n'est pas facile, elle reste plus agréable que dans sa famille. Ici, Jane n'est pas seule. Elle a une amie, est appréciée par les professeurs.
Elle restera 8 ans dans cette pension, puis partira pour s'occuper d'une enfant elle aussi orpheline, recueillie par un certain Mr Rochester. Jane a enfin une vie plutôt agréable, elle se plait au milieu de cette petite famille.
Les drames de la vie faisant, Jane finit par s’échapper. Sans laisser plus aucun signe de vie, pas même une lettre.
Elle doit maintenant se débrouiller toute seule, elle n'a plus Rochester pour l'aider ou subvenir à ses besoins.
Comment survivre, ou remonter la pente, quand on est seule au monde ?
Jane est une femme forte, bourrée de ressources insoupçonnées. Elle est cultivée, débrouillarde, très bien élevée. Elle n'accepte l'amour que sous certaines conditions et vit sa vie pour elle et selon elle.
Pas une seule fois elle n'a hésité à s’élever contre l'injustice.

J'ai trouvé l’écriture bien plus fluide que ce que je pensais. Jane Eyre est un tres beau roman. On ressent bien l’ambiance de l’époque, on visualise parfaitement les lieux, les visages.
Jane est très attachante, on a énormément de peine pour cette pauvre gamine qui a très mal démarré dans la vie mais qui se révèle être une battante, une femme forte.
J'aurais aimé mettre moins de temps pour lire ce roman, tant l'histoire est passionnante. Je ne regrette pas un seul instant cette lecture très inspirante.

23 mai 2017

La règle de l'or (Juana Salabert)

Résumé :
Tout commence en 2012 à Madrid avec le cadavre d'un bijoutier égorgé, un message épinglé sur la poitrine. Il vendait et achetait de l'or aux familles victimes de la crise, il était aussi usurier. Mais c'est le troisième cadavre de la série. Le jeune inspecteur Alarde, perspicace et réfléchi, est chargé de l'enquête, et il tente de recomposer le puzzle.
Les suspects sont nombreux et les mécanismes complexes de la cupidité prennent des formes variées : évasion des fortunes vers les paradis fiscaux, vol d'héritages, fausse croisade contre les usuriers.

Mon avis :
La crise touche le monde entier. Les espagnol.e.s triment pour survivre.
Un des moyens de se faire un peu d'argent, c'est de revendre nos objets en or chez un bijoutier-prêteur sur gages.
Seulement voilà, les bijoutiers aussi galèrent. Certains ont vite fait d'arnaquer de pauvres gens pour s'enrichir. 
Et fatalement, ça ne plaît pas. Trois bijoutiers sont ainsi retrouvés morts en plein Madrid.
Un tueur en série à l'âme d'un Zorro vengeur de pauvres ? C'est la seule piste, alors l'inspecteur Alarde l'exploite à fond.
Il faut trouver un lien entre ces trois victimes. Un même client, n'importe quoi.
Alors on piétine, on avance doucement. Et peu à peu, certains petits secrets se dévoilent, des liens sont mis à jour. Jusqu'à ce qu'on découvre toute la vite. Qui est le coupable, pourquoi et comment ?

J'ai beaucoup apprécié ce roman. Un peu court selon moi, mais la culture espagnole est quelque chose de fabuleux.
L'inspecteur Alarde est très attachant, c'est un personnage très humain.
L'écriture est agréable aussi, ça coule tout seul, le roman se lit très rapidement. Surtout parce qu'on crève d'envie de savoir qui est derrière tout ça.
Et je dois dire que j'ai adoré toute cette magouille, c'est drôlement bien trouvé, bien ficelé et bien mené.

Je suis juste un peu déçue par le manque d'action. On s'attarde aussi un peu trop sur les interrogatoires des témoins ou proches, pas assez sur le reste de l'enquête.
Mais j'ai tout de même passé un bon moment avec Alarde et pas mal d'autres personnages (même la personne coupable). Merci beaucoup à Babelio-Masse Critique ainsi qu'aux éditions Metailié

20 mai 2017

La théorie du chaos (Leonard Rosen)

Résumé :
Arriere-petit-fils de Jules Henri Poincaré, dont les travaux sont à l'origine de la théorie du chaos, Henri Poincaré, commissaire à Interpol, est bien moins concerné par les équations que par le crime. Et pourtant... lorsque James Fenster, un mathématicien, est assassiné à Amsterdam dans des circonstances très mystérieuses -au moment de prendre la parole à une conférence sur le commerce mondialisé, le commissaire va commencer à s'intéresser de près à ses théories. Si l'enquête laisse apparaître un lien possible avec un étrange attentat kamikaze à Milan et la mort violente d'une jeune femme à Barcelone, Poincaré, seul contre tous, est persuadé que la solution réside dans les travaux de Fenster. Le chaos qui s'installe autour de lui et les multiples pistes que ses collègues s'apprêtent à suivre ne lui laissent que très peu de temps pour reconstituer un puzzle en effet très mathématique, aux enjeux et aux conséquences inattendus.

Mon avis :
Je n'ai absolument rien pigé à ce bouquin. Les maths, ça n'a jamais été mon fort (je t'ai dit que j'avais fait 2 ans d'études scientifiques ?), j'y comprends rien et je galère déjà à aider mon fils qui est en 6eme. Alors autant te dire que le travail de James Fester m'est passé mais complètement et largement au dessus de la tête.
Et pourtant ! C'était sacrement intéressant. J'ai quand même appris quelques trucs (qui sont finalement évidents, quand on y pense), je prêterais un peu plus d'attention à tout ce qui m'entoure, l'infiniment grand comme l'infiniment petit.

Poincaré doit enquêter sur la mort de Fenster, la disparition de plusieurs personnes qui semblent mêlées à cet attentat, et protéger sa famille d'un fou furieux qu'il a foutu en prison. Challenge.
Sans parler du fait que le 15 août approche et avec, la fin du monde. Les terroristes ici portent des toges blanches et agissent au nom du Christ.

Poincaré est un impulsif, il a 30 ans de carrière à interpol et il fait facilement ce qu'il veut, dès qu'il sent que ça mènera quelque part. C'est un bon flic, mais pourtant on comprend en même temps que lui, que plus il découvre de choses, plus il est perdu. Il découvre des infos assez dingues, cherche les traces de personnes disparues depuis des années. Tout ça pour sauver sa famille et arrêter un tueur.

L'enquête policière est captivante parce que très instructive. Les rebondissements s'enchaînent et m'ont tenue en haleine.
J'ai l'impression d'avoir lu ce livre rapidement, mais j'y ai qd même passé une semaine, bien qu'il ne fasse même pas 500 pages. J'ai plusieurs fois eu envie de l'abandonner parce que je n'arriver pas à avancer, à me plonger réellement dedans. Et finalement, une fois la première moitié passée, le reste coule tout seul.
On s'attache à Poincaré, aux proches de Fenster. On compte le temps jusqu'à la fin du monde avec ces personnages.
J'ai passé un excellent moment avec ce roman, mais moins que ce que j'aurais cru. Ça reste tout de même une très bonne lecture que je conseille à quiconque aime les sciences et les thrillers. (Ou juste les thrillers. Ou juste les sciences)

15 mai 2017

7 ans du blog - CONCOURS



YOUHOU !!
Hé oui, ce tout petit blog fête ce mois ci ses 7 ans.
Il ne croule pas sous les commentaires, abonnés ou partenariats, mais c'est mon petit blog et j'en suis très fière.

Je voulais profiter du double événement Anniversaire-abonnés IG pour organiser un petit concours.
Et puis finalement je me suis dit qu'en faire deux, c'est aussi une bonne idée.
Il y a donc un concours sur IG, et un ici. Vous pouvez bien évidemment participer aux deux puisque les gains sont différents, à la seule condition d’être abonné.e à mon IG.

Pour participer à ce concours, vous devez deviner quel livre se cache sous les indices (parfois pourris, désolée :p ), en m'envoyant votre réponse par mail à ifolire@gmail.com
En plus des 3 indices, je vous en donne un plus général :
Ces trois livres font partie de mes coups de coeur
(vous pouvez trouver la liste avec le bouton "coups de coeur", là, à droite ;) ) (comment je vous mache tout le boulot putain)

Éventuellement, validez votre participation en commentant cet article.
Vous pouvez tentez de gagner un livre, ou deux, ou trois.
Les participations seront cloturés le vendredi 26 mai et les resultats annoncés le dimanche 28.


13 mai 2017

La jeune fille à la perle (Tracy Chevalier)

Résumé :
La jeune et ravissante Griet est engagée comme servante dans la maison du peintre Vermeer. Nous sommes à Delft, au dix-septième siècle, l'âge d'or de la peinture hollandaise. Griet s'occupe du ménage et des six enfants de Vermeer en s'efforçant d'amadouer l'épouse, la belle-mère et la gouvernante, chacune très jalouse de ses prérogatives.
Au fil du temps, la douceur, la sensibilité et la vivacité de la jeune fille émeuvent le maître qui l'introduit dans son univers. A mesure que s'affirme leur intimité, le scandale se propage dans la ville...

Mon avis :
J'ai longtemps été attirée par ce roman, sans jamais oser l'acheter. Les histoires qui se déroulent loin dans le passé me rebutent pas mal. Mais le résumé était tellement tentant.
C'est donc avec joie que je me suis plongée dans ce petit livre qui se lit bien plus facilement que je ne l'aurais imaginé.
L'écriture et le langage sont très typiques du XVIIeme siècle, et pourtant la lecture est hyper fluide.

Ce roman raconte l'histoire fictive derrière le célèbre tableau de Vermeer.
Griet est envoyée dans la famille du peintre pour en être la nouvelle servante, préposée au linge, la cuisine, les courses au marché les enfants.
La femme du peintre, Catharina, est méfiante depuis sa rencontre avec la jeune fille. Griet doit faire des efforts hallucinants pour être acceptée dans le clan Vermeer, aussi bien par la famille que par la gouvernante.

Elle s'adapte finalement assez vite à sa nouvelle vie, même si sa famille lui manque. Fort heureusement, elle est autorisée à rentrer auprès de ses parents chaque dimanche.
Et puis, le boucher du marché commence à avoir clairement des vues sur elle.
Mais Griet, elle, se sent bizarrement attirée par son maître. Sans le connaître véritablement pourtant.
Petit à petit, la servante est autorisée à s'occuper de plus en plus de l'atelier de Vermeer. Elle finit par y prendre ses aises, même.

J'ai vraiment adoré ce roman. La vie de l'époque, la maladie, la pauvreté et les sacrifices pour subvenir aux besoins de la famille, l'art, la peinture de Vermeer, l'histoire imaginée de certains tableaux célèbres (vous ne regarderez plus jamais La laitière de la même façon)
J'avoue que la première partie, l'arrivée de Griet chez les Vermeer, ne m'a pas franchement passionnée. Plus de 100 pages sur le ménage, son organisation, le linge etc, c'était loin d'être palpitant.
Mais l'histoire est captivante, j'avais hâte de savoir ce qui allait arriver, quand et comment.
J'ai aimé le lien entre le peintre et la servante, même si après lecture du résumé je m'attendais à plus.
De même pour le scandale qui éclate. Je pensais lire un truc énorme, mais finalement le scandale reste entre les murs de la maison Vermeer. Mieux vaut ne pas ébruiter la honte.
J'ai aimé le caractère de Griet, qui tente de se faire respecter et de ne pas trop se laisser marcher sur les pieds tout en restant à sa place de bonne à tout faire.
Même si c'est une fiction, j'ai adoré ce livre que j'ai trouvé très intéressant. On imagine Vermeer avec ses petits rituels pour peindre, la création des couleurs pour la peinture.
J'ai très envie de découvrir le film, ainsi que les autres romans de Tracy Chevalier.

10 mai 2017

Le livre des Baltimore (Joel Dicker)

Résumé :
Jusqu'au jour du Drame, il y avait deux familles Goldman. Les Goldman-de-Baltimore et les Goldman-de-Montclair.
Les Goldman-de-Montclair, dont est issu Marcus Goldman, sont une famille de la classe moyenne, habitant une petite maison à Montclair, dans le New Jersey.
Les Goldman-de-Baltimore sont une famille prospère à qui tout sourit, vivant dans une luxueuse maison d'une banlieue riche de Baltimore, à qui Marcus vouait une admiration sans borne.
Mais les années passent et le vernis des Baltimore s'effrite à mesure que le Drame se profile. Jusqu'au jour où tout bascule. Et cette question qui hante Marcus depuis : qu'est-il vraiment arrivé aux Goldman-de-Baltimore ?

Mon avis :
Qu'est ce que j'étais contente de commencer ce livre !
Il n'est pas bien épais, je savais que les presque 600 pages allaient être avalées en 2 jours maxi.
Joel Dicker a cette plume particulière qui nous plonge totalement dans l'histoire, on est incapable de lâcher ce livre. Les pages se tournent, la lecture avance, et sans qu'on s'en aperçoive, on arrive à la dernière page.
J'avais très envie de retrouver Marcus. Et là, on fait connaissance avec sa famille.
Nous avons d'un coté Nathan et Deborah, les parents de Marcus. Et de l'autre, Saul et Anita, les parents d'Hillel.
Hillel et Nathan ont exactement le même âge. Ils sont inséparables. Comme des frères. Ils s'adorent. Et chaque fois que vient le moment de se dire au revoir, c'est clairement un déchirement entre ces deux là.
Les Baltimore sont riches, ont une maison absolument magnifique, une maison de vacances pas franchement pire, et un style de vie plus que confortable. Oncle Saul est un avocat de renom.
Et puis, Les Montclair. Moins riches, maison moins grande, moins de succès.
A chaque réunion de famille, enfant, Marcus remarque que les grands-parents font une nette préférence pour les Baltimore. Après tout, ils ont réussi, eux.
Il faut avouer que Marcus aussi, a une préférence pour les Baltimore. Leur vie le fait rêver. Sa tante est parfaite.
Et puis, ils sont tellement généreux qu'ils adoptent presque un autre gamin, Woody, qui est le garde du corps du frêle Hillel.
Le Gang des Goldman s'agrandit, Marcus est heureux mais follement jaloux quand il quitte ses "frères". Mais c'est tellement du bonheur chaque fois qu'ils se retrouvent.

Et puis Marcus grandit. Les drames et épreuves de la vie s'enchaînent. A l'époque, Marcus est bien trop jeune pour se rendre compte.
En repensant à cette période de sa vie, Marcus se pose de plus en plus de questions. Et découvre de plus en plus de choses.
Quel a été le point de départ qui a mené au Drame ? Pourquoi les Baltimore ont volé en éclats, eux qui étaient pourtant bénis des Dieux ? Quel bien nous faisons-nous en restant bloqué dans le passé, dans notre enfance merveilleuse ?

Joel Dicker nous emmène à travers les secrets de la famille Goldman et nous montre que les apparences sont très souvent trompeuses. Et qu'en grandissant, notre regard sur nos proches change.

J'ai passé un moment fabuleux avec les Goldman. Avec le Gang, les parents et les "pièces rapportées" qui font tout autant partie de cette grande et belle famille.
Le roman se lit très vite, les pages se tournent sans que l'on s'en rende compte, l'écriture de Joel Dicker nous plonge magnifiquement dans l'histoire.
J'ai malgré tout encore eu un peu de mal avec les retours en arrière à chaque fois que Marcus parlait du présent, des coupures pour reprendre un chapitre plus tard. Mais finalement le récit reste heureusement facile à comprendre.

7 mai 2017

Parmi les dix milliers de choses (Julia Pierpont)

Résumé :
Manhattan. Jack est un artiste et un séducteur reconnu ; Deb a troqué sa carrière de danseuse pour élever leurs deux enfants. Un bonheur presque parfait tant que Deb s'applique à ignorer les infidélités de son mari. Jusqu'à ce colis anonyme : une liasse d'e-mails chroniquant sans pudeur la vie secrète de Jack, tombée par mégarde entre les mains des enfants. Aussi effroyable que pathétique, la vengeance de la maîtresse délaissée bouleversera à jamais le destin de la famille...

Mon avis :
Un jour, Simon et Kay, les enfants du couple, rentrent chez eux et récupèrent un colis pour leur mère. La curiosité infantile étant ce qu'elle est, il ne leur faut pas 2 minutes pour déballer le truc et se rendre compte que leur père est un immense connard. Et leur mère une sombre idiote qui n'a rien vu venir.
Le soir, le mari rentre. La famille et la petite vie tranquille volent en éclats.

Ça donne super envie. C'est pour ça que j'ai acheté ce livre. Le sujet de l'adultère, la séparation, se reconstruire, démarrer une nouvelle vie et peut être se venger.
Et en fait, non. Ce bouquin a été la lecture la plus laborieuse de toute ma vie.
L'écriture est chiante, bourrée de détails inutiles (du genre, à un moment, Deb parle avec un ami de son ex-couple et lui dit "il a eu quelqu'un d'autre". L'auteure juge utile de rajouter "pas la peine de préciser qui avait eu quelqu'un d'autre, c'était assez évident pour Gary" ÉVIDEMMENT CONNASSE. De qui voudrait-elle parler en dehors du mari ??).
L'histoire est d'une platitude. Il ne se passe rien. Le couple se dispute, les enfants en veulent au père et la vie continue. Pas de crise de colère, pas de cris non plus. Rien.
Sans parler de la construction du livre. La première partie parle de l'adultère et sa "découverte". La seconde partie nous envoie hyper loin dans le futur (les vieux sont morts, les enfants sont adultes). Et la troisième, paf, on retourne à l'époque de la première. Sérieux ? C'est ingérable à suivre ce truc.
Et puis la maitresse. C’était clairement pas à elle de se venger. Quand tu es la maitresse, normalement, tu sais très bien où est ta place, tu sais que ça ne durera pas ou que le mec ne larguera pas sa femme pour ta gueule. Y'a pas de vengeance à avoir quand tu tiens ce rôle. 

L'idée de départ était super bonne, y'avait moyen de faire un très bon roman, un "guide" pour mère cocue, etc. Mais non, cette histoire est bien trop mal foutue, et c'est dommage.
Je ne suis pas du genre à persister, quand un livre ne me fait aucun effet ou m'ennuie autant, j'abandonne. Là, j'ai donné une chance à ce roman, je voulais vraiment savoir quand ça allait bouger, alors j'ai persisté. Et j'ai perdu du temps.

Par contre, ça se lit vraiment très facilement, ça reste une lecture assez fluide.

3 mai 2017

En mémoire de Fred (Clayton Lindemuth)

Résumé :
Baer Creighton est un cul-terreux fruste et macho obsédé par le Bien et le Mal. Depuis que, gamin, son grand frère Larry a essayé de l’électrocuter, il reçoit une décharge chaque fois que quelqu'un lui ment. Ou alors il voit une lueur rouge dans les yeux du menteur. Un don fort utile, mais est-ce suffisant maintenant qu'il faut venger Fred ? Le pitbull, son seul ami dans les bois de Caroline du Nord où il vit pas très loin des personnages de Ron Rash, a été kidnappé. On le lui a rendu en piteux état, victime d'un des impitoyables combats de chiens clandestins qu'organise l'abominable Joe Stipe, le caïd de la région. Quand il ne soigne pas Fred devenu quasi aveugle, Baer distille une gnôle si sublime que tout le monde lui en achète, le shérif compris. Ça lui donne du courage pour murir son plan. Non qu'il en manque, mais, en face, l'ennemi surarmé est en nombre et la lutte semble inégale. "Œil pour œil, dent pour dent", tel est le code de l'honneur hérité des pionniers. Baer l'appliquera jusqu'au bout. Voire plus loin.

Mon avis :
Quand j'ai choisi ce livre, je n'avais pas lu tout le résumé. Du coup je savais vraiment pas dans quoi je mettais les pieds. Je savais juste que ça parlait de chien (youpi, j'ai une peur panique des clebards).
Et puis j'ai tenté quand même, parce que ce roman raconte l'histoire d'un homme qui aime la justice, pour qui il ne faut pas laisser le mal impuni.
Certes, Baer n'utilise pas des méthodes super clean, mais il remet toujours les pendules à l'heure, aide les gentils et fait payer les méchants. Et c'est le principal.
Baer n'a qu'un seul ami : Fred, son pit. Ensemble, ils vivent dans les bois, à l’écart du monde et heureux.
Son chien, son pote, son doudou, a été enlevé. Il lui a été rendu aussi vite, pas discrètement, et salement amoché. De grosses plaies sur le poitrail, les yeux éclatés, Fred est une larve.
Baer prendra infiniment soin de son chien. Suture, désinfection des plaies, le maitre devient un véritable infirmier pour son compagnon.
Baer n'a rien vu. Il sait simplement qu'il y a des combats de chiens. Alors il y va. Il va mener son enquête. Baer doit savoir qui est responsable, pour venger son chien, arrêter le massacre.

Baer est un personnage très bourru, brut de pomme, et pourtant très complexe. Il y a énormément de violence en lui, visiblement depuis toujours. Mais pourtant, ce n'est pas un vrai méchant. Grace au don qu'il a reçu avec sa petite décharge électrique, il a très tôt appris que dans la vie, tout le monde ment, sans pitié ni sans peine. Il a appris à vivre avec, il n'a pas trop le choix. Il a simplement une longueur d'avance sur les gens.
C'est presque facile pour lui de mener sa petite enquête.
A coté de ça, il a toujours son petit trafic d'alcool qui lui permet de vivre plutot confortablement.
Et puis, il prépare sa vengeance. Calmement, sournoisement. Son plan est absolument génial. Mais si la vengeance soulage, elle peut aussi tout détruire sur son passage. 

J'ai adoré. L’écriture, le langage franc et brut, les personnages. Baer était évidemment mon préféré. Bourru, violent, mais pas un mauvais fond. C'est un gros ours, quoi.
Et puis son amitié avec son chien. Ses blessures du passé. Ses conflits avec son frère qui le haïra jusqu'au bout. Et Mae, cette pauvre mère isolée.
Les personnages sont hyper travaillés, le texte est fabuleux. J'ai été prise à fond, même dans les combats de chiens. C’était terrible, j'avais l'impression d'y être. Le sang, les cris, la mort qui rode.

En mémoire de Fred est un fabuleux roman d'amitié, de loyauté et de justice. Une merveille.

Merci infiniment à Babelio pour ce joli cadeau. Mais je reste définitivement du coté de la #TeamChat

28 avril 2017

La vieille qui voulait tuer le bon Dieu (Nadine Monfils)

Résumé :
Y'a un truc qui tourne pas rond dans la cafetière fêlée de Mémé Cornemuse. Rescapée d'un séjour chez les flics, la vieille a déniché un boulot de concierge dans un immeuble de péquenots. Pas pour descendre les poubelles, tu penses, mais pour préparer discrètement le casse de la bijouterie du coin. L'assassinat du mari de la voisine – Ginette, fan de Lady Di – risque de compliquer les choses. D'autant que le crime n'est pas ordinaire : on retrouve le zizi de Marcel au frigo, planté dans un camembert. Tu parles d'une planque !

Mon avis :
Quand je retrouve Mémé Cornemuse, je sais que je vais passer un moment complètement loufoque et que je vais adorer.
C'est sans trop de risque donc que j'ai ouvert cette 3eme aventure de cette vieille barge.
Vous rêviez d'une concierge comme Mémé Cornemuse ? Nadine Monfils l'a fait !
Et clairement, c'est pas triste.
Mémé est une concierge abominable. Elle s'enferme dans sa loge, à parler à des posters de JCVD (oui oui) en ouvrant le courrier des locataires au cas où y'aurait pas un ou deux billets planqués.
Et laver les escaliers, c'est le minimum. Mais vraiment le minimum.
Et puis un jour, des morts sont retrouvés dans l'immeuble, pendant que Mémé magouille encore un coup tordu. Et Ginette là qui se mêle un peu trop de ce qui la regarde pas, qui harcèle littéralement notre pauvre Mémé qui peut pas être tranquille 5 minutes !
Qui peut bien être derrière ces morts ? Pourquoi ? Et c'est finalement pas la personne que l'on croit. 

J'ai pris un plaisir de fou à retrouver la plume de Nadine Monfils, son langage cru, vulgaire et drôle, ses expressions belges. Ses personnages déjanté.e.s et exubérant.e.s, ses histoires farfelues et improbables.

Comme toujours, c'est un thriller complètement tordu et j'ai adoré.  

26 avril 2017

Demain les chats (Bernard Werber)

Résumé :
Pour nous, une seule histoire existait : celle de l'humanité.
Mais il y a eu LA rencontre.
Et eux, les chats, ont changé à jamais notre destinée.

Mon avis :
Bastet est une gentille petite chatte qui vit paisiblement dans sa maison avec sa servante à Paris.
Elle ne comprend pas trop le monde des humains, et ne comprend d'ailleurs pas toujours son humaine. Mais tout se passe à peu près bien dans sa vie.
Un jour, elle fait la connaissance du nouveau voisin. Pythagore, un magnifique siamois hyper arrogant.  Il a un chapeau trop bizarre sur le haut de la tête. C'est en fait un port usb qui lui permet de communiquer avec sa servante, et à assimiler toutes les connaissances humaines. Autant dire que ce charmant matou porte bien son nom (qu'il a choisi lui même, steuplé)

Nous suivons donc la vie, d'un point de vue chat. Leur manière de vivre, leurs habitudes, l’interprétation humaine de leurs actions. On vit selon eux.

Et puis un jour, la guerre éclate. A Paris, c'est déjà presque la fin du monde.
Assassinats, attentats, pillages de maisons.
Rapidement, les humains et les chats doivent s'unir malgré leurs différences et leurs difficultés à se comprendre. Le pays est assiégé par... des rats !
Serait-ce possible que le rat soit supérieur au chat ?
Une lutte sans pitié commence, pour que ni les humains ni les chats ne disparaissent de la terre. Les uns ont un besoin vital des autres.

J'ai trouvé ce bouquin mais alors tellement passionnant !
Déjà, je suis clairement de la TeamChat. Je déteste les chiens. Donc un roman avec des chats partout, tu penses.
Je n'avais lu Werber qu'une fois, à l'adolescence (les fourmis, comme tout le monde), et j'avais clairement pas kiffé du tout. Mais cette histoire me tentait beaucoup trop.
Et j'ai adoré.
L'histoire est racontée par Bastet, et rien que ça, c'etait super. Elle nous explique pourquoi les chats font telle ou telle chose, comment ils vivent vraiment et comment ils voient le monde.
Autant dire que nous, humains, sommes complètement à coté de la plaque.
Ce livre est hyper instructif. On apprend énormément sur l'histoire des chats, les coutumes à travers le monde et les génération, toutes les croyances liées à cet animal.
Et puis il y a la petite morale, sur la paix dans le monde, le vivre (vraiment) ensemble, la lutte contre le mal pour un monde heureux.

Demain les chats est une histoire dramatique mais tellement drôle.

23 avril 2017

2 heures du matin à Richmond street (Marie-Helene Bertino)

Résumé :
Madeleine Altimari, 10 ans dans deux jours. Un grand nez, plus de maman, un vocabulaire de docker, mais une voix d'ange et le reve absolu de devenir chanteuse.
Jack Francis Lorca, le propriétaire du Cat's Pajamas. Des tatouages, de moins en moins d'envies face à la menace de perdre son club de jazz.
Sabina Greene, la prof de dessin de Madeleine. Une sonnerie embarrassante à son portable, un sentiment d’échec persistant depuis son divorce et le désir avoué de retrouver l'amour.
Trois destins boiteux que cette nuit de Noël à Richmond Street pourrait bien bouleverser.

Mon avis :
J'avais tenté une première lecture l'année dernière. Je m’étais arrêtée à une 20aine de pages je crois, tellement je m'ennuyais.
J'ai rouvert ce livre avec quelques appréhensions donc. Et puis finalement, ça s'est lu tout seul.
Il y a une foule de personnages. Certains super intéressants, comme Lorca, Alex ou Madeleine. Et d'autres super insignifiants, comme Ben ou Sabina.

Sérieusement, j'ai jamais vu une nana aussi plate que Sabina. Chaque fois qu'elle apparaissait, j'avais envie de la secouer dans tous les sens et lui mettre deux trois baffes.
Lorca est propriétaire d'un club de jazz qui ne respecte pas les lois. Il doit, entre autres, fermer à 2h du matin.
Madeleine rêve d’être chanteuse. Sa mère lui a tout appris. Madeleine n'a que 10 ans mais un talent fou qui envahit toute la pièce dès qu'elle enchaîne deux notes.

Et malgré tous ces personnages à la vie cabossée, je me suis quand même pas mal emmerdée pendant ces 300 pages. Il ne se passe absolument rien de vraiment captivant.
Madeleine essaye de mener sa vie sans sa mère et avec son père dépressif, Sarina court derrière son ex comme une débile, et Lorca se fout de tout, même de son fils.

Il faut attendre la fin de l'histoire, pour que tout le monde se croire au Cat's Pajamas. C'est dans les dernières pages que ces vies prennent un nouveau tournant.
L'écriture n'est pas spécialement entraînante, il n'y a absolument aucune ambiance jazzy que j'attendais pourtant.

Je suis passée totalement à coté de ce bouquin. Et c'est bien dommage parce que vu de l'extérieur, il avait tout pour me plaire. Et la fin est vraiment jolie malgré tout. Dommage.

16 avril 2017

Meurtres pour rédemption (Karine Giébel)

Résumé :
Marianne, vingt ans. Les barreaux comme seul horizon. Perpétuité pour cette meurtrière.
Indomptable, incontrôlable, Marianne se dresse contre la haine, la brutalité et les humiliations quotidiennes.
Aucun espoir de fuir cet enfer, ou seulement en rêve, grâce à la drogue, aux livres, au roulis des trains qui emporte l'esprit au-delà des grilles. Grace à l'amitié et à la passion qui portent la lumière au cœur des ténèbres.
Pourtant, un jour, une porte s'ouvre. Une chance de liberté.
Mais le prix à payer est terrifiant pour Marianne qui n'aspire qu'à la rédemption.

Mon avis :
Il m'a fallut une heure pour commencer à me remettre de cette lecture pour tenter d'en parler.
Ce livre est abominable. Je l'ai refermé le cœur en miettes et l'âme en vrac. J'ai passé le week-end le plus éprouvant de toute ma vie.

Pas un seul instant j'ai réussi à me dire que Marianne était un monstre. C'est juste une pauvre gamine qui n'a pas eu bol. Une ado rebelle contre l'ordre familial établi.
Élevée par ses grands-parents paternels et bourgeois, son avenir est tout tracé : avocate, médecin, ou épouse de gros friqué. Marianne a osé commettre l'affront de vouloir être prof d'arts martiaux. La honte de la famille.
C'est là que sa vie est partie en couilles. Petits et gros délits avec son mec, cambriolage, fusillade, des morts sur son passage.
Prison à vie. Marianne n'a que 21 ans mais a déjà passé 4 ans derrière les barreaux. En isolement ou au mitard. Parce qu'elle est un danger pour les autres détenues, et inversement.
La prison n'a pas calmé Marianne. Elle est devenue une bête féroce, sanguinaire. Mais jamais sans raison.
Poussée à bout par une matonne et d'autres détenues, Marianne va laisser quelques cadavres à la maison d'arrêt.
Elle n'a plus de famille, mais n'est pas seule pour autant. Elle a réussi à être amie avec deux autres détenues, deux matonnes et le chef des surveillants.
Elle vit malgré tout un enfer évident entre les 4 murs de sa cellule. Elle a vécu 4 ans d'enfer. Les violences physiques ou morales, les privations, les bastons, de viols, de peurs, d'insomnies.
Jusqu'au jour où 3 flics viennent au parloir. Le commissaire Franck lui propose un deal : tuer une personne en échange de sa liberté (nouvelle identité, nouveau pays, la totale). Les flics savent convaincre. Marianne refuse, veut réfléchir. Alors ils reviennent à la charge, régulièrement.

Marianne n'a rien vécu, elle ne rêve que de liberté. Évidemment qu'elle accepte.
Mais l'horreur ne s'arrête pas aux portes d'une prison. La liberté n'est-elle pas pire, quand on est comme Marianne ? Qui est cette mystérieuse victime ? Que cache le commissaire à Marianne ?

Ce bouquin a été une horreur. Je déteste Karine Giebel. Pour avoir autant joué avec mes sentiments, et mes  nerfs. Il m'a fallut 10 minutes pour lire les deux dernières pages, tellement je ne voyais plus rien à cause de mes larmes (oui, je chiale tout le temps).
La fin de cette histoire est abominable. J'ai passé plus de 900 pages avec Marianne et tous les autres, ils étaient devenus des amis, et paf, la claque. Magistrale, la claque.
Je n'ai pratiquement pas lâché mon livre du week end. J'ai juste fait des pauses forcées régulièrement pour me remettre de mes émotions, tellement j'en pouvais plus.
J'ai tellement aimé Daniel, Justine, Marianne. Et Franck (et son équipe) aussi, un peu. J'ai aimé Marianne, sa force de caractère, sa résistance, sa soif de vengeance. Incroyable pour une si jeune femme.
Meurtres pour rédemption a beau être un pavé, j'arrive pas à me faire à l'idée que ce soit terminé, que je vais devoir passer à autre chose, à un autre livre, comme si de rien n’était.
Pour moi, on est largement au delà du coup de cœur. Ce roman est au dessus de tout.
Joel Dicker a écrit "Un bon livre est un livre que l'on regrette d'avoir terminé". Meurtres pour rédemption, c'est ça. Aussi éprouvant soit-il.


13 avril 2017

Mala Vida (Marc Fernandez)

Résumé :
De nos jours en Espagne. Alors que les nostalgiques de Franco ont remporté les élections, une série de meurtres est perpétrée : un homme politique, un médecin, une religieuse...
Diego Martin, journaliste de radio, découvre vite que l'affaire dépasse le simple fait divers. Son enquête le mènera au plus près d'un scandale national, au coeur des secrets les plus honteux de l'ère Franco, dans une Espagne toujours hantée par son histoire récente.

Mon avis :
Quand j'ai appris que j'avais gagné ce petit bouquin sur le site de Lecteurs, j'étais mais totalement aux anges.
L'Espagne est un pays qui me fascine depuis que je suis toute gamine.
L'affaire des bébés volés est un scandale qui a frappé le pays (et d'autres !) pendant des années, sous Franco. Les opposantEs aux franquisme, principalement des communistes, se voyaient annoncer à la maternité que leur bébé était mort-né. Doux mensonge, pour revendre ces bébés à des couples franquistes, pour élever "correctement" ces gamins.
Une association vient de voir le jour, l'Association Nationale des Enfants Volés. Des parents dans le doutes, des adultes qui se posent des questions sur leurs origines, ou qui recherchent leurs vrais parents. Leur porte-parole est Isabel, une avocate franco-espagnole. L'histoire des bébés volés la touche de très près.
Et puis il y a Ana, détective transgenre.
Aidée de Diego et David, juge, toute cette petite équipe va révéler l'affaire au grand jour. Peut être au péril de leurs vies.
Évidemment le peuple est au courant depuis toujours, mais pas de l'ampleur que ça a pris.

A coté de cette affaire, il y a aussi des meurtres. Visiblement de sang froid. Hyper préparé, le coupable est clairement un pro. Pas d'indices, discrétion totale, jamais repéré. Une balle dans la tête. Simple et efficace.
Le lecteur apprend rapidement l'identité du tueur. Il ne nous reste plus qu'à apprendre pourquoi.
Un notaire, une bonne sœur, un homme politique et un médecin. Pourquoi eux ? Et puis déjà, est ce qu'il y a le moindre lien entre ces morts ? Lequel ?

Ce roman est terriblement addictif. Trop court, il se lit très vite. Je l'ai difficilement lâché, tellement j'étais envahie par l'histoire. Le franquisme est une horreur, l'affaire des bébés volés est un scandale plus énorme que ce que vous pensez.
Marc Fernandez aborde le sujet avec brio. Ce livre nous raconte un pan important de l'histoire espagnole.
Et clairement je lirai avec grand plaisir ses autres livres.

J'ai été vraiment ravie d'avoir eu l'opportunité d'en apprendre plus grâce à ce roman et j'en remercie infiniment Lecteurs.

Franco est mort, pas le mal qu'il a enfanté.

11 avril 2017

Maman a tort (Michel Bussi)

Résumé :
Rien n'est plus éphémère que la mémoire d'un enfant...
Quand Malone, du haut de ses trois ans et demi, affirme que sa maman n'est pas sa vraie maman, même si cela semble impossible, Vasile, psychologue scolaire, le croit.
Il est le seul. Il doit agir vite. Découvrir la vérité cachée. Trouver de l'aide. Celle de la commandante Marianne Augeresse par exemple. Car, déjà, les souvenirs de Malone s'effacent. Ils ne tiennent plus qu'à un fil. Le compte à rebours a commencé.
Qui est vraiment Malone ?

Mon avis :
Marianne Augeresse a la tête plongée dans l'enquête d'un braquage quand un psy scolaire vient la supplier de l'aider.
Un gamin de 3 ans prétend que sa mère n'est pas sa mère. Un gamin de 3 ans, à l'imagination débordante et une grande naïveté. Qui peut croire une chose pareille ?
Le psy a été envoyé à Marianne par une amie commune, du genre "dis lui que je t'ai conseillé d'aller la voir, elle t'aidera".
Ça n'a pas loupé. Après réflexion, Marianne accepte d'enquêter. Le psy a eu un discours assez convainquant sur l'enfance, la mémoire, l'urgence de l'affaire, etc.

C'est comme ça que Marianne et son équipe se retrouvent à gérer deux enquêtes clairement impossibles en même temps.
Un braquage survenu quelques mois plus tôt, avec un fugitif sur les bras. Et un gamin qui prétend que sa mère n'est pas sa mère, avec une histoire de pirates, d'ogres et de fusée.
Bon courage.

L'histoire est très très bien ficelé, Michel Bussi a réussi à monter un truc très bien travaillé. Ça triture les méninges, on ne sait pas trop où on va, on se demande si ce qui vient d'arriver est vraiment arrivé, on se demande ce qui ce passe, ce que veut dire l'auteur...
J'ai été baladée pendant plus de 500 pages, je ne m'attendais jamais à rien (sauf à deux trois petits détails sans trop d'importance), j'ai trouvé l'histoire fascinante.
J'ai eu une peine immense pour Malone. Et pour sa mère (laquelle ? AH AH).
Cette histoire est quand même sacrement triste, on voit que Malone est un gamin très perturbé. Il a tellement peur de la pluie que dès les premières gouttes il entre dans une crise de panique affolante, il a tout le temps froid, il s'isole, s'invente un monde.

Vraiment, j'ai trouvé que le concept était bien trouvé. La vraie mère de Malone, pourquoi il répète que sa mère n'est pas sa mère, comment on en est venu à cette configuration familiale, etc.
Alors certes, ce n'est pas le thriller de l'année, mais l'histoire se lit assez vite, j'ai vraiment été plongée dans le récit. Et il y a eu un vrai travail d'écriture, la partie pedopsy est hyper intéressante.

Le seul bémol que j'aurais, c'est par rapport à Marianne. Célibataire, sans enfant, cheffe de la police, fort caractère. Très bien. C'est une femme indépendante etc, c'est cool.
Mais franchement, son coté "feu aux fesses" constamment derrière chaque mec un peu mignon, franchement ?
Et la toute toute fin de l'histoire, était-elle vraiment nécessaire ? Franchement moi, ce qui se passe à ce moment là (et après), je m'en cogne complet. Ça n'apporte rien d'important.

10 avril 2017

Alabama song (Gilles Leroy)

Résumé :
Alabama, 1918. Quand Zelda, "Belle du sud", rencontre le lieutenant Scott Fitzgerald, sa vie prend un tournant décisif. Lui s'est juré de devenir écrivain : le succès retentissant de son premier roman lui donne raison. Le couple devient la coqueluche du Tout-New York. Mais Scott et Zelda ne sont encore que des enfants : propulsés dans le feu de la vie mondaine, ils ne tardent pas à se brûler les ailes...

Mon avis :
La seule chose que je connais de F. Scott Fitzgerald, c'est Gatsby. Et j'ai prodigieusement détesté.
Mais curieusement, Alabama Song m'a toujours attirée. Parce qu'il n'y avait pas que Scott. Zelda aussi a fait l'histoire.
Mi biographie, mi roman, Alabama Song se concentre principalement sur la vie de Zelda, racontée par elle-même.
Fille d'un juge et petite-fille d'un sénateur, Zelda profite de ce privilège pour partir du principe qu'elle a le droit de tout faire, de s'autoriser toutes les folies et excentricités.
Très vite, Zelda traîne une sale réputation et est un peu la honte de la famille.

Sa rencontre avec Scott ne va rien arranger. Coup de foudre, amour passionné. Le couple se marie et s'enfuit.
Scott sort son premier roman, L'envers du paradis, qui fait de lui une star. Le couple est célèbre.
Fêtes, alcool, plaisirs et folies.

Et puis, très vite, tout explose. Le couple reste marié mais se déchire. Scott fait interner Zelda, par intermittence.
On fait la connaissance de Scott le monstre sans cœur et sans amour, qui n'a plus aucune pitié pour sa femme. Sans Zelda pourtant, il ne serait rien. Il ne doit son succès qu'à elle.

On a clairement de la peine pour cette pauvre Zelda. Enfermée, privée de tout et de tous. Elle ne voit jamais sa fille, n'a pas le droit d'écrire. Elle a tout juste le droit de peindre.
Zelda a eu une fin de vie absolument tragique. J'ai trouvé ça infiniment triste, j'ai eu énormément de peine pour elle. Cette vie de luxe, pour finir comme ça, c'est terrible. 

Ce roman raconte dans les grandes lignes la vraie vie de Zelda Fitzgerald. Le principal y est vrai. La rencontre avec Scott, celle avec Edouard, les internements, l'infortune de Scott.
Et finalement, c'est triste. Le couple a brillé très fort et très vite. Trop vite. Si tôt montés, si tôt déchus. Ils ont brûlé leur vie par les deux bouts, ils ont (mal) profité de tout ce à quoi ils ont eu droit. Et sont devenus des mythes.
Ce roman m'a vaguement rappelé Madame Hemingway. L'épouse mise en avant plutôt que l'écrivain célèbre. Parce qu'ils ne sont jamais seuls, et que leurs femmes aussi ont été quelqu'un.
Et cette petite lecture m'a donné très envie de découvrir Tendre est la nuit.