21 septembre 2017

Le doute (S.K. Tremayne)

Résumé :
Un an après le décès accidentel de Lydia, l'une de leurs filles jumelles, Angus et Sarah Moorcroft quittent Londres pour oublier le drame. Ils s'installent sur une petite île écossaise, qu'ils ont héritée de la grand-mère d'Angus, au large de Skye.
Mais l'emménagement ne se passe pas aussi bien que prévu. Le comportement de Kirstie, leur fille survivante, devient étrange : elle se met à affirmer qu'elle est en réalité Lydia. Alors qu'un brouillard glacial enveloppe l'île, l'angoisse va grandissant... Que s'est-il vraiment passé en ce jour fatidique où l'une des deux sœurs a trouvé la mort ?

Mon avis :
La mort tragique de Lydia a mis le couple Moorcroft à rude épreuve. Enfin, même la naissance des jumelles avait tout chamboulé. On ne sait pas tout, mais on comprend que quelque chose ne va pas. Sarah cache des choses à Angus, mais lui même a quelques secrets..
La perte de Lydia est un drame. Pour tenter de remonter la pente et recommencer à peu près à zéro, la petite famille décide de se poser sur une petite île dont a hérité Angus. La vie là bas est austère, au gré des marées. Très froid l'hiver, pas très chaud en été. Mais tant pis, si ça peut faire oublier le passé, on tente.

Mais Kirstie se comporte comme si elle était deux, un dédoublement de la personnalité ou un truc flippant du même genre. Quand elle ne se prend pas pour Lydia, elle lui parle et joue avec elle. Cette pauvre gamine qui a perdu une part d'elle même fait flipper absolument tout le monde. Gamins de l'école, adultes, parents.
Quand Kirstie avoue à sa mère être Lydia, Sarah veut en avoir le cœur net et décide de mener sa petite enquête toute seule, sans en parler à Angus. Après tout, Lydia était sa préférée à elle, alors si elle est bien vivante, tant mieux !
Durant toute l'histoire on ne sait pas du tout ce qui se passe. Ce roman porte incroyablement bien son nom. J'ai douté à chaque instant, de tout et de tout le monde. Qui est réellement cette gamine ? Qu'est ce qui c'est vraiment passé ? Et les découvertes de Sarah sont-elles justes ? Non, c'est pas possible. Ou peut être.
Jusqu'au bout on se demande si on a affaire à Lydia ou Kirstie. Au milieu de cette gamine affolée, perdue et seule, se disputent des parents coupables et innocents.
L'environnement de ce roman est oppressant, angoissant. La tempête sur l'île, le brouillard, les marées... Rien ne nous épargne.

14 septembre 2017

Les fauves (Ingrid Desjours)

Résumé :
Votre pire prédateur : celui qui vous aura apprivoisé...
"Torturez-la ! Violez-la ! Tuez-la !" A la tête d'une ONG luttant contre le recrutement de jeunes par l'Etat islamique, l'ambitieuse Haiko est devenue la cible d'une terrible fatwa.
Lorsque sa mère - célèbre journaliste politique - engage Lars pour la protéger, le militaire tout juste revenu d'Afghanistan a un mauvais pressentiment. Sa cliente lui a-t-elle dit l'entière vérité sur ses activités ?
Dans cet univers où règnent paranoïa et faux-semblants, Haiko et Lars se fascinent et se défient tels deux fauves prêts à se sauter à la gorge, sans jamais baisser leur garde.

Mon avis :
Voilà très longtemps que je voulais lire ce roman. La lecture de La prunelle de ses yeux m'avait donné encore plus envie. Mais je n'ai jamais osé. L'Etat islamique, la guerre, etc etc, on en bouffe déjà tellement depuis un moment, j'avais peur de l'overdose.

Haiko et Nadia sont les meilleures amies du monde. Elles sont comme soeurs.
Alors quand Nadia annonce à son amie son désir de lâcher l'asso qu'elles ont montée ensemble, Haiko ne le supporte pas, elle a besoin d'elle, de sa force et de son soutien.
La fatwa dont Haiko est la cible est la goutte d'eau.
Alors, à contre coeur, Nadia quitte son amie et Haiko accepte une garde rapprochée.
Lars est un militaire qui se trimbale un syndrome de choc post-traumatique. Un tas de muscles. Un garde du corps comme ça, pas sure qu'Haiko en ait vraiment besoin.

Et puis, il y a toutes ces zones d'ombres dans cette affaire. Lars, le chef d'équipe, ne connaît rien de la moitié de ses hommes qui sont pourtant en charge de la sécurité d'Haiko. Comment leur faire confiance, dans ce cas ?
Sans parler des jeunes qu'Haiko dit avoir sauvés de l'embrigadement de l'EI.
La jeune femme a énormément de secrets, elle aussi.
Alors finalement, tout le monde se pose des questions. La police, les gardes du corps. Qui est vraiment Haiko ? Que cache-t-elle ? A qui ment-elle ? A propos de quoi ?

Au fil de l'histoire, on ne fait finalement plus confiance à personne. Pour le lecteur, chaque personnage est un méchant, un menteur, un cachottier, un danger public.
Si finalement on doit se méfier de tout le monde, comment l'histoire peut-elle se finir ?
Durant la lecture, on se pose des centaines de questions, on est intrigué autant par Haiko que par Lars.
On ne sait pas si on doit être triste ou pas.
Dans cette guerre "de religions", on ne sait plus où donner de la tête.

Même si j'ai énormément apprécié ce roman, j'avoue avoir été moins en stress, moins accro qu'à La prunelle de ses yeux.
Ingrid Desjours a un talent dingue d'écriture, elle donne envie d'en savoir toujours plus, on ne peut pas s'arrêter. Le style Desjours est simplement hyper addictif.

27 août 2017

Le loup peint (Jacques Saussey)

Résumé :
Vincent Galtier est vétérinaire dans une petite ville de l'Yonne, près d'Auxerre. Depuis la mort accidentelle de son fils, son couple est à la dérive. Seule Marion, sa maîtresse, parvient à lui faire vivre quelques rares moments d'oubli. Une nuit, alors qu'il vient de la quitter et traverse une foret isolée pour rentrer chez lui, les passagers d'une voiture inconnue lui tirent dessus et tentent de le précipiter dans un ravin. Lorsque Vincent arrive finalement à son domicile, après leur avoir échappé de justesse, c'est pour y découvrir une scène de massacre. Il y en aura d'autres.
Le cauchemar ne fait que commencer.

Mon avis :
Je retrouve enfin Jacques Saussey, un de mes nouveaux auteurs préférés du monde.
J'avais absolument kiffé Ne prononcez jamais leurs noms, j'avais tellement hâte de lire ses autres romans.
Et je suis mais folle de joie d'avoir lu Le loup peint !
Ce roman est une vraie bombe.
Ce ne sont pas des scènes de massacres que l'on découvre, c'est bien pire que ça.
Les victimes sont laissées dans un état abominable, indescriptible. Le tueur est pire qu'un monstre. On sent toute la rage, toute la haine qu'il a en lui, qui ne demande qu'à exploser.
Et puis il y a aussi ce virus, cette arme bactériologique, qui peut faire d'énormes dégâts.

Si Vincent est rapidement le suspect idéal pour les meurtres, il est tout aussi vite mis hors de cause, il y a bien trop de trucs qui clochent.
Mais alors qui a bien pu tuer ces gens ? Et pourquoi ? Et pourquoi un tel acharnement sur ce pauvre véto de la campagne profonde ?

L'histoire est aussi bien trouvée que menée. Les meurtres s'enchaînent, la haine explose, la violence est omniprésente.
Il y a également une histoire parallèle à ces enquêtes, discrète, courte, flippante.

Chaque personnage est de qualité. Le flic un peu couillon mais tellement drôle. Le frimeur qui se croit être le tombeur de ces dames. Le chef gueulard. La victime idéale, le coupable sans pitié qui ne veut que sa vengeance, le chef de service et son droit de cuissage.
On a de la peine pour Galtier, tant que les flics le soupçonnent on a envie de les secouer dans tous les sens, de leur gueuler qu'ils se plantent prodigieusement, foutez lui la paix à ce pauvre homme bordel !

Ce bain de sang est un roman fabuleux. J'ai passé un moment tellement agréable avec ces cadavres, ces victimes collatérales, ces personnages tellement attachants.
L'écriture de Jacques Saussey m'a une nouvelle fois fait totalement chavirer

25 août 2017

L'inciseur (Sebastian Fitzek - Michael Tsokos)

Résumé :
Paul Herzfeld dirige à Berlin le service de médecine légale de la police criminelle. Un matin, alors qu’il pratique l’autopsie d’une jeune femme savamment mutilée, il découvre dans son crâne une capsule métallique.
Quand il l’ouvre, stupeur ! Un bout de papier sur lequel figure un prénom, suivi d’un numéro de téléphone. Il le compose et la voix qu’il entend est celle de sa fille, Hannah…
Le message enregistré ne laisse place à aucun doute : « S’il te plaît, viens à mon secours ! Et pas à un mot à quiconque, sinon je mourrai… »
À lui de retrouver seul le psychopathe qui a élaboré ce macabre scénario et enlevé sa fille de dix-sept ans. Une course contre la montre bientôt jonchée d’autres cadavres, contenant d’autres indices…

Mon avis :
Depuis le temps que je voulais découvrir Fitzek. C'est enfin chose faite et clairement, j'ai pas été déçue du voyage.
Il y a dans ce roman à peu près tout ce que j'aime. Des autopsies sauvages, des boyaux partout, des cadavres vidés, des détails dégueulasses, des viols, de la violence, des traumatismes.
Un cocktail absolument détonnant.

L’équipe du Dr Herzfeld plus un stagiaire se retrouve à devoir autopsier un cadavre. Dès les premières pages. L'histoire commence fort. Les organes retirés du corps, le découpage, le stagiaire qui tourne de l’œil (et moi aussi).
De sa petite morgue, Herfeld se retrouve mêlé à une sombre histoire de disparitions de jeunes filles, de viols et de morts. Il doit "travailler" avec une jeune femme perdue et terrorisée sur l’île d'Heligoland. Une autopsie par téléphone, super !

Très vite, les deux comprennent qu'ils doivent faire vite, qu'ils sont tous les deux en danger et que tout n'est qu'une question de jour, voir d'heures.
C’était sans compter la tempête qui s'abat sur la région et donc rend impossible toute correspondance entre la métropole et l’île.
Comment Herzfeld peut il imaginer retrouver sa fille dans de telles conditions, avant qu'il ne soit trop tard ?

On sait rapidement qui est derrière cette affaire, et même pourquoi. Il ne reste plus qu'à l’arrêter. Pour ça, faut il encore réussir à lui mettre la main dessus.
Coupable introuvable, des cadavres à la pelle, une gamine en danger de mort, une femme harcelée.
On a envie que tout s’arrête, et vite. Que ces gens retrouvent une vie normale, sans turbulence.

Les détails sanglants sont dégueulasses, l'histoire est horrible. J'ai été totalement happée par ce roman. Chaque découverte me forçait à tourner les pages encore et encore pour essayer de comprendre, pour voir ce que ça impliquait pour les personnages.
J'ai adoré, j'ai passé un moment fabuleux. J'ai adoré Ingolf, pour qui je faisais totalement fausse route. Linda et Ender étaient au top.

Je suis ravie d'avoir enfin découvert cet auteur et je n’hésiterai pas bien longtemps à continuer la lecture de ses œuvres.