10 décembre 2016

Réparer les vivants (Maylis de Kerangal)

Résumé :
« Le cœur de Simon migrait dans un autre endroit du pays, ses reins, son foie et ses poumons gagnaient d’autres provinces, ils filaient vers d’autres corps. »
Réparer les vivants est le roman d’une transplantation cardiaque. Telle une chanson de gestes, il tisse les présences et les espaces, les voix et les actes qui vont se relayer en vingt-quatre heures exactement. Roman de tension et de patience, d’accélérations paniques et de pauses méditatives, il trace une aventure métaphysique, à la fois collective et intime, où le cœur, au-delà de sa fonction organique, demeure le siège des affects et le symbole de l’amour.

Mon avis :
Simon a 19 ans. Sa vie, c'est le surf. Du genre à se lever en pleine nuit pour aller planche sous le bras sur la cote.
Et puis, au petit matin, c'est l'heure de rentrer. Il est avec ses potes. Sur la route. On ne sait trop comment, c'est l'accident. Simon n'avait pas de ceinture.
Alors, il faut se décider urgemment pour un don d'organes. Comment savoir ce que pensait sur le sujet un gamin de même pas 20 ans ?

J'avoue, j'ai rien compris. 95% du bouquin, c'est l'accident, la mort de Simon.
L'opération pour les transplantation arrive à la toute fin du livre.
Et du coup par moments ça peut être assez lourd. Barbant, même.

Mais l'histoire est magnifique.
Par contre, j'ai trouvé l'écriture hyper indigeste. Les phrases interminables qui s'enchaînent. Les dialogues plantés au milieu comme ça. Et puis on passe du coq à l'âne en plein milieu d'une phrase. Une longue, très longue parenthèse et on passe à autre chose. On perd le fil, on ne sait plus comment on est arrivé là, ni ce qu'on lisait 30 secondes avant. C'est assez insupportable en fait.
Et pourtant c'était aussi très poétique

3 décembre 2016

Point final (William Lafleur)

Résumé :
L'homme mort est le journal de bord d'un père de famille ayant mis en scène son propre décès pour observer les réactions de sa famille. Reclus derrière son ordinateur, il les regarde vivre au travers de ses écrans, grâce aux caméras et micros dont il a truffé son domicile avant de disparaître.

Mon avis :
Oh tiens, une lecture que j'assume moyen.
Je suis pas super fan de Mr le prof à la base (enfin, fut un temps où oui.), mais je sais pas, j'ai adoré l'idée de ce bouquin. Sans savoir que c'etait un blog à l'origine.
Alors autant un roman, j'adore l'idée. Mais faut etre sacrement tordu pour créer un blog en se faisant passer pour quelqu'un d'autre qui se fait passer pour mort.
Et pourtant, l'idée est geniale. Bin ouais. Si le mec est un grand malade d'epier sa famille pour voir comment est la vie depuis qu'il est mort, que penser des gens qui se delectent du recit de ce qu'il observe chaque jour ? Le lecteurs du blog (pourtant pas si cons, puisque certains ont grillé le fake direct) sont tout autant voyeurs que le mec planqué dans une piaule avec des cameras de surveillance partout chez lui.

Bref. Nous lisons donc la vie d'une mere et ses deux enfants apres la mort du mari et père. Des caméras et des micros partout, pour voir et entendre, ce qu'ils font, ce qu'ils disent. Pour voir si finalement sa mort a reellement un impact sur eux, s'il etait vraiment aimé.
Il assiste (et nous aussi) au deuil, au drame, à ses funerailles, à tous les chamboulements causés par une mort. Et faut pas croire, c'est pas evident pour lui (sans blague). Voir ses enfants malheureux, pour rien finalement.

Ce roman est bien court, evidemment les "chapitres" se lisent tres vite et on a rapidement le denoument. Et partie non negligeable : l'auteur nous a fait cadeau de quelques commentaires, gentils comme mechants (surement pour montrer toutes les facettes de l'humain, face au deuil ou à la supercherie), qu'a reçu son blog.

29 novembre 2016

King Kong théorie (Virginie Despentes)

Résumé :
"J'écris de chez les moches, pour les moches, les frigides, les mal baisées, les imbaisables, toutes les exclues du grand marché à la bonne meuf, aussi bien que pour les hommes qui n'ont pas envie d'être protecteurs, ceux qui voudraient l'être mais ne savent pas s'y prendre, ceux qui ne sont pas ambitieux, ni compétitifs, ni bien membrés. Parce que l'idéal de la femme blanche séduisante qu'on nous brandit tout le temps sous le nez, je crois bien qu'il n'existe pas."

Mon avis
Je découvre enfin un écrit de Virginie Despentes. Je connaissais bien évidemment la femme, que je lisais par ci par là, dans des interviews, articles.
Je me souviens, en 2000, j'ai été choquée par la sortie du film Baise-moi. J'avais 18 ans, j'étais pure et innocente (et un peu con oui) et je me demandais comment on pouvait donner un titre pareil à un film, faire une telle promo pour un porno.
Et là, je lis enfin Despentes.
Sans grande surprise, la plume est crue et vulgaire. Comme celle d'un mec quoi.
L'auteure aborde les plus grands sujets qui concernent les femmes : le porno et le viol.
Et ce que la société nous impose. Et impose du même coup aux hommes.
Si la FÂme est féminine, délicate et fragile, le mâle doit être fort, riche et ne pas chialer, cette espèce de pédé.
Virginie Despentes explose un à un les clichés misogynes et les codes qu'on nous impose. Une femme, c'est comme un homme. On peut être forte, vulgaire, aimer le sexe et le porno, roter, vomir de la bière, ne pas s'occuper de notre apparence. Comme les hommes peuvent être sensibles, absolument ni autoritaires ni ambitieux et savoir utiliser un lave linge. Au lieu de nous fier à notre sexe, soyons comme nous sommes.
Elle se base sur sa vie, ses expériences, pour dresser un essai sur le féminisme, ce qu'il a été, ce qu'il est et ce qu'il devrait être.
Je découvre aujourd'hui Virginie Despentes, et j'en tombe amoureuse. Je n'ai absolument rien trouvé à redire sur son discours. Tout est, pas une ligne sans que je me dise "mais c'est exactement ça, elle a totalement".

Vous êtes une femme ? Lisez.
Vous êtes un homme ? Lisez (et desserrez vous le rectum)
King Kong théorie est un livre à découvrir et à étudier.

Partition amoureuse (Tatiana de Rosnay)

Résumé :
Margaux, célèbre chef d'orchestre, décide, à l’approche de ses 40 ans, d'inviter à dîner les hommes qui ont le plus compté pour elle. C’est l’occasion d’un bilan, le moment d’assumer les échecs du passé afin de mieux savourer ses bonheurs présents. Avec lucidité, Margaux dresse l’inventaire de sa vie amoureuse, comme elle le ferait sur une partition, chacun de ses amants apportant sa cadence.

Mon avis
Ce roman est une lettre. A l'approche de ses 40 ans et après avoir eu l'idée de ce "dîner des ex", Margaux écrit à l'amour de sa vie, Max, mort il y a 15 ans, qui est donc le grand absent de la soirée.
Son bilan lui est raconté, elle lui dit absolument tout. Parce que si elle en est là aujourd'hui, c'est surtout grâce à lui.
Alors finalement, il n'y aura que 2 ex à ce dîner : Manuel, son aventure aussi mouvementée que passionnée. Et Pierre, son ex mari et père de son fils Martin.
Au fil de cette lettre donc, Margaux raconte ces deux relations, les plus importantes, celles qui ont façonné la femme, l'amante et la mère qu'elle est.
Évidemment il n'y a pas eu que ces deux hommes, il y en a eu d'autres. Que Margaux raconte furtivement, parce qu'ils font aussi partie de son histoire et qu'ils ont compté chacun à leur manière.
Margaux est une femme libre, qui assume sa vie, son passé et ses erreurs. Elle gère du mieux qu'elle peut sa vie amoureuse, sa vie de mère, et sa carrière dans un milieu très masculin.

Ce court roman est beau. L'écriture est poétique, elle transporte. L'histoire de Margaux est belle, malgré ses erreurs et ses drames. Ce livre est magnifique, on est bercé par la musique, par Bach ou Beethoven.

Le seul petit truc qui m'a déçue, c'est que finalement, je m'attendais à assister au dîner. Dîner sur lequel se termine le livre, avant que les ex n'arrivent. Je ne m'attendais pas du tout à une lettre à un fantôme pour nous raconter sa vie amoureuse.