13 octobre 2018

Inéxorable (Claire Favan)

Résumé :
Vous ne rentrez pas dans le moule ? Ils sauront vous broyer.
Inexorables, les conséquences des mauvais choix d'un père.
Inexorable, le combat d'une mère pour protéger son fils.
Inexorable, le soupçon qui vous désigne comme l’éternel coupable.
Inexorable, la volonté de briser enfin l'engrenage...
Ils graissent les rouages de la société avec les larmes de nos enfants.

Mon avis :
J'attends toujours le prochain roman de Claire Favan comme une gosse qui attend Noël et son anniversaire.
Quand j'ai commencé à savoir quel sujet serait traité dans ce dernier né, j'ai compris de suite que j'allais être dans la merde.
Avant même d'ouvrir ce roman je savais que la lecture allait en être difficile, que j'aurais énormément de mal à m'en relever.
La journée que je viens de passer avec Milo m'a donné raison. Ce polar m'a foutu la claque de ma vie. Je le referme aussi traumatisée que déterminée.

Milo est un gamin de 4 ans, qui vit paisiblement avec sa maman chérie et son père aimant mais très souvent absent à cause de son boulot.
Ce bonheur sans nuage éclate un matin où l'enfant assiste impuissant à l'arrestation musclée de son héros, son père.
La scène laissera au fond de Milo un traumatisme sans fin.
Les adultes ne savent pas gérer, parler à un enfant. On tente de se mettre à leur place pour comprendre, mais on ne peut pas. On ne sait pas comment leur parler pour qu'eux nous disent ensuite ce qui ne va pas chez eux.
C'est évidemment ce qui arrive à Milo. Personne n'arrive à comprendre cette soudaine violence, cette haine générale, ces larmes.
L'Ecole française n'est pas faite pour les enfants ""en marge"", ceux qui sortent un peu du moule. Les équipes pédagogiques n'ont pas les outils pour les accompagner correctement.

Alors rapidement les adultes s'acharnent sur Milo, qui est incapable de faire comprendre pourquoi il agit de la sorte. Les autres gamins le prennent vite en grippe. Il sera la cible et le coupable parfaits.
Mais un enfant mal/pas accompagné devient quel genre d'adulte ?
La chute de Milo est interminable. Chaque fois qu'il commence à sortir la tête de l'eau, que lui et sa mère reprennent un peu espoir, la rechute arrive comme un boulet de canon. Il vit une veritable descente aux enfers.

Claire Favan fait démarrer sa nouvelle histoire sur un sujet sensible : le harcèlement scolaire, et l'école soit disant inclusive (si tu as un enfant en situation de handicap, tu sais que le "soit disant" est important).
Milo, à cause de son père, est d'office le coupable. Le gamin irrécupérable.
Les mots sont importants. Les mots détruisent. Comment grandir sainement, s'épanouir, quand tous les jours, tout le monde, vous traite comme le méchant de service ? A force d'entendre ces mots-cailloux, Milo se les approprie. Tout le monde le considère coupable ? Alors il sera coupable.
Sa mère se retrouve seule pour tout gérer. Son boulot avec son salaire pas franchement mirobolant, les reproches de l'école, les conneries de son fils. Elle ramasse tout, tout le temps, toute seule.
Elle aime son fils plus que tout au monde et fera tout pour lui. Même la faute de trop.

Je suis un déchet depuis que j'ai refermé ce livre, il y a déjà une heure. C'est dire si l'écriture de mon avis est difficile cette fois ci.
Cette histoire me concerne trop (et pas juste parce que mon prénom apparaît comme ça dans deux chapitres, merci, j'en suis ravie.).
Mon enfance, mon adolescence sont proches de celles de Milo (non, ne paniquez pas, c'est quand même pas à ce point). J'ai une fille en situation de handicap et c'est un combat quotidien depuis 4 ans avec l'école et toutes les personnes qui gravitent autour. Je me suis beaucoup trop impliquée dans cette lecture, j'en ai pleuré de la préface jusqu'aux remerciements. Ça a été un moment aussi magique que difficile.

Claire Favan est définitivement Ma Reine.
Ses romans passent comme du petit lait. On les savoure, on savoure l'histoire, l'écriture, les personnages. On devine, juste ou pas. On se fait avoir, ou pas, finalement. Ce bouquin figure de manière définitive parmi mes préférés.

10 août 2018

La jeune fille et la nuit (Guillaume Musso)

Résumé :
Un campus prestigieux figé sous la neige 
Trois amis liés par un secret tragique
Une jeune fille emportée par la nuit

Côte d’Azur - Hiver 1992
Une nuit glaciale, alors que le campus de son lycée est paralysé  par une tempête de neige, Vinca Rockwell, 19 ans, l’une des  plus  brillantes élèves de classes prépas, s’enfuit avec son professeur  de philo avec qui elle entretenait une relation secrète. Pour la jeune fille, « l’amour est tout ou il n’est rien ».
Personne ne la reverra jamais.

Côte d’Azur - Printemps 2017
Autrefois inséparables, Fanny, Thomas et Maxime – les meilleurs  amis de Vinca – ne se sont plus parlé depuis la fin de leurs études.  Ils se retrouvent lors d’une réunion d’anciens élèves. Vingt-cinq  ans plus tôt, dans des circonstances terribles, ils ont tous les trois  commis un meurtre et emmuré le cadavre dans le gymnase du lycée. Celui que l’on doit entièrement détruire aujourd’hui pour  construire un autre bâtiment.

Dès lors, plus rien ne s’oppose à ce qu’éclate la vérité.
Dérangeante
Douloureuse
Démoniaque…

Mon avis :
J'ai toujours eu énormément d'à priori sur Guillaume Musso. Faut dire que je n'avais testé qu'un seul de ses romans et ça a été un pur calvaire. Depuis, je me suis tenue éloignée de lui au maximum, lui préférant largement son frère.
Mais ce roman, j'ai eu une furieuse envie de le lire dès l'instant où il a commencé à en parler. Guillaume Musso et moi avons ce point commun d'avoir grandi à Antibes, ville très chère à mon cœur. Si j'ai voulu lire La jeune fille et la nuit, c'est avant tout par pure nostalgie, peu importe son auteur.
Alors j'ai profité de mes vacances pour me lancer.
Et ce fut une jolie petite surprise.
J'ai revu ma région, mon enfance, mes quartiers. Et même le lieu où chaque lundi matin je prenais le car pour aller à l'internat.
J'ai lu l'histoire de Thomas avec beaucoup d'émotion.
La joyeuse bande a vécu chacun de son coté, à vivre sa vie, évoluer, connaître le succès. Vingt-cinq ans à vivre avec un secret terrible, impossible à avouer à qui que ce soit.
Mais maintenant, ils n'ont plus le choix. Thomas, Maxime et Fanny vont devoir replonger dans un passé trouble pour sauver leur peau.
Thomas est écrivain et profite de ce statut pour mener l'enquête sur la mystérieuse disparition de Vinca, son amour de jeunesse. Aidé par toute la bande de l'époque, on reconstitue un puzzle dont personne n'a jamais eu le modèle.

Et bien figure toi que j'ai plutôt apprécié ! Au delà du lieu de l'histoire, j'ai beaucoup aimé l'intrigue principale. Comment Thomas va se sortir du merdier dans lequel il se trouve finalement depuis tout ce temps ? Sans se confier à qui que ce soit pour l'aider ?
Le dénouement était vraiment parfait, je pense que c'était la fin idéale pour une telle histoire. J'ai adoré découvrir ces secrets, les non-dits qui ont finalement scellé l'avenir de tant de personnes et ainsi tout gâché.
J'ai trouvé l'écriture de Guillaume Musso plutôt simple, sans fioritures, les phrases étaient directes. Je n'ai pas été totalement entraînée par la lecture, tournant les pages sans m'en rendre compte. Mais j'ai tout de même passé un très bon moment. Pas sûre de lire les autres romans de G.Musso mais celui ci a été une agréable surprise.

7 août 2018

Fahrenheit 451 (Ray Bradbury)

Résumé :
451 degrés Fahrenheit représentent la température à laquelle un livre s'enflamme et se consume.
Dans cette société future où la lecture, source de questionnement et de réflexion, est considérée comme un acte antisocial, un corps spécial de pompiers est chargé de brûler tous les livres dont la détention est interdite pour le bien collectif.
Le pompier Montag se met pourtant à rêver d'un monde différent, qui ne bannirait pas la littérature et l'imaginaire au profit d'un bonheur immédiatement consommable. Il devient dès lors un dangereux criminel, impitoyablement pourchassé par une société qui désavoue son passé.

Mon avis :
Quel livre !
Ce roman ne m'avait jamais attirée avant parce qu'estampillé SF, et la SF j'aime bien regarder, mais pas lire (vas comprendre).
Et puis finalement en tombant dessus jme suis dit "pourquoi pas ?"
Et ça y est, j'ai osé m'y attaquer.
Il a l'avantage d’être assez fin donc au pire on n'y passe pas le mois et on ne perd pas trop de temps.
Bradbury pose ici la difficile question de la censure.
Est-il correct de censurer une oeuvre ? Sous l'unique prétexte qu'elle amène à réfléchir, à s’intéresser, à sortir de notre zone de confort ? La censure n'est elle pas quelque chose de totalement arbitraire, du coup ? Comment définir la mauvaise influence ? Interdire ne rendrait pas plus attrayant, justement ?
Censurer un support culturel entraînerait forcement des dérives.
Le monde a besoin de culture. De livres, de spectacles, de musiques, de peintures. Les livres ne sont pas dangereux.
Nous pouvons censurer des bouquins pour nous même, nous interdire de lire tel ou tel auteur parce que nous ne partageons pas ses valeurs. Mais une généralisation de cette censure n'apporterait vraisemblablement rien de bon.

Montag est seul contre tous. Il se pose soudainement la question du métier de pompier. Pourquoi ? Pourquoi on brûle les livres ? Comment en sommes nous arrivés là ? Avant les pompiers sauvaient des vies. Mais il sait qu'il doit se battre, tant pis pour les risques, tant pis pour sa femme et sa maison. Il n'est pas heureux dans cette société hyper formatée.

J'ai énormément apprécié cette histoire. Tout est bien ficelé, bien trouvé et surtout très crédible dans notre monde actuel. Chacun a ses limites de censure.
Là où j'ai eu du mal c'est avec l’écriture. L'absence de vrais chapitres a pas mal perturbé ma lecture et j'ai eu pas mal de souci pour bien rester concentrée.

3 août 2018

Les ravagé(e)s (Louise Mey)

Résumé :
A la brigade des crimes et délit sexuels, les jours se suivent et se ressemblent, charriant leur cortège de victimes traumatisées et de pervers sûrs de leurs droits. Pas évident pour Alex Dueso, flic et mère célibataire, de conserver toujours son empathie pour les unes, son sang-froid face aux autres...
Quand soudain les statistiques se mettent à dérailler. Dans ce commissariat du nord de Paris, on n'a jamais vu ça : une succession d'agressions sans précédent vient confirmer l'apparition d'un prédateur d'un nouveau genre...

Mon avis :
Ce bouquin, ça fait une éternité que je voulais le lire. Depuis sa sortie en fait. Tout me plaisait. Rien que le titre, en ébauche d’écriture inclusive.
J'ai enfin eu l'occasion de m'y attaquer, et je ne regrette absolument pas.

Le soir, des victimes sont retrouvées à demi conscientes dans des coins sombres de la ville. Entièrement nues et complètement tabassées, violées. Victimes silencieuses qui se murent dans la honte. Honte que ça leur soit arrivé.
Les agressions sont d'une violence inouïe, du jamais vu. Le ou les coupables sont pétris de haine, de rage, de soif de vengeance surtout.

L’écriture de Louise Mey est clairement addictive. A aucun moment je n'ai eu envie de lâcher ce livre, quand bien même le chapitre faisait 40 pages. J'ai été accro à cette histoire dès les premières pages et surtout jusqu'à la dernière (oh, Marco ♥ )
J'ai absolument tout aimé. L'histoire, les victimes, les coupables, le mobile.
Les ravagé(e)s n'est rien de moins que le polar que j'ai attendu toute ma vie. Louise Mey, je t'aime (bois mes règles).