2 décembre 2017

Il court, il court, le furet (M.J. Arlidge)

Résumé :
Southampton, quartier rouge. Le corps d'un homme est retrouvé atrocement mutilé et le coeur arraché. Peu de temps après, un colis est déposé au domicile de la victime. En l'ouvrant, sa femme découvre, posé sur un tas de journaux, le coeur du disparu. Lorsqu'un deuxième corps es retrouvé avec la même mise en scène macabre, la peur s'empare de la ville. Le tueur en série est bientôt comparé à un Jack l'éventreur qui s'en prendrait aux clients : ses victimes, des hommes respectables, fréquentaient tous en secret les bas-fonds de la ville. Chargée de l'enquête, le commandant Helen Grace doit arrêter ce tueur déchaîné avant qu'il ne frappe de nouveau...

Mon avis :
Quelle joie !
Quelle joie immense de retrouver l'écriture de M.J. Arlidge qui m'avait conquise avec Am Stram Gram. De retrouver Helen Grace, cette flic aussi efficace que torturée, et Charlie, qui se remet comme elle peut de ce qu'elle a vécu peu de temps avant.
Ce duo est tellement merveilleux.
J'aime ces polars dans lesquels les principaux rôles sont donnés aux femmes (coucou le féminisme), loin des clichés que l'on peut lire ailleurs. Elles ne sont pas victimes. Ou pas comme on l'entend en général.

Nous retrouvons notre équipe un peu plus d'un an après Am Stram Gram. Tout le monde tente de surmonter un peu cette affaire qui a fait pas mal de dégâts.
Un respectable père de famille est découvert éventré dans le coin des putes. Dès le départ on comprend que rien ne sera facile pour les flics. Les cadavres tombent comme des mouches, ces hommes sont simplement torturés et tués de manière abominable.

J'ai passé un moment fabuleux. Les chapitres courts, l'écriture fluide, l'histoire passionnante et atroce.
Helen et Charlie qui doivent faire avec leurs cicatrices et leur traumatisme tout en menant à bien l'enquête, avec tellement peu d'indices ou de début de piste.
J'ai été horrifiée et scandalisée par la fin (ou du moins une partie). Les apparences, le sadisme, la cruauté, les sévices, la rage.
J'ai eu énormément de peine pour certains personnages, j'ai été heureuse pour d'autres, attendrie à certains moments de l'histoire.

Cette suite est clairement plus cruelle, plus degueu que le premier volume. Une merveille.

26 novembre 2017

La veuve (Fiona Barton)

Résumé :
La vie de Jane Taylor a toujours été ordinaire.
Un travail sans histoire, une jolie maison, un mari attentionné, en somme tout ce dont elle pouvait rêver, ou presque.
Jusqu'au jour où une petite fille disparaît et où les médias désignent Glen, son époux, comme LE suspect principal de cet acte.
Depuis, plus rien n'a été pareil.
Jane devient l'épouse d'un criminel aux yeux de tous.
Les quatre années suivantes ressemblent à une descente aux enfers : accusée par la justice, assaillie par les médias, abandonnée par les amis, elle ne connaît plus le bonheur ni la tranquillité, même après un acquittement.
Mais aujourd'hui, Glen est mort. Fauché par un bus.
Ne reste que Jane, celle qui a tout subi, qui pourtant n'est jamais partie.
Traquée par un policier en quête de vérité et une journaliste sans scrupule, la veuve va-t-elle enfin livrer sa version de l'histoire ?

Mon avis :
Le roman commence avec la mort de Glen. C'est rapide, soudain, on y assiste sans bien comprendre comment ça a pu arriver.
Les chapitres ensuite s'alternent entre le passé et le présent. Chacun centré sur un personnage. Le flic, la veuve, la journaliste, etc.
C'était super intéressant d'avoir tous ces différents points de vue pour une même situation.
Dès la mort de Glen, Jane est envahie par Kate, la journaliste. Elle lui propose son épaule pour pleurer puis une interview pour raconter ce qu'elle sait.
Une grande partie du roman relate la disparition de Bella, la petite fille. On apprend les circonstances du drame, l'avancée (ou non) de l'enquête, la vie de Glen et de la mère de Bella.
Jane nous livre sa version.
Jane est jeune, naïve et totalement soumise à son mari. Il n'y a pas de violence conjugale, Jane n'est pas maltraitée. Elle s'est simplement effacée derrière Glen. Il a toujours raison, elle n'a aucun avis sur rien et suit aveuglement ses conseils.
Quelle souffrance enfouit-elle ? Quel est son secret ? Que sait-elle ?

Que dire. Ce fut une lecture pas mal laborieuse. J'ai eu énormément de mal à rentrer dans l'histoire. Je n'ai pas été franchement passionnée par ce que je lisais. C'était intéressant, voir même sympa, mais loin d'être palpitant.
Il ne se passe strictement rien. On suit l'enquête, l'interview de Jane, on cherche à comprendre mais c'est tellement facile.
Même la fin laisse un arrière-goût de "bof" je trouve. Rien de bien transcendant même si c'est à ce moment que l'on comprend l'ampleur de l'affaire.
Jane pourrait être un personnage hyper intéressant, femme soumise mais avec son petit caractère. Mais elle n'est pas assez creusée, travaillée. Ni les autres personnages d'ailleurs.

La vérité fini par éclater et c'est bien le seul truc intéressant de ce roman. Le reste est moyen et j'en suis sortie assez déçue.

18 novembre 2017

Derrière les portes (B.A. Paris)

Résumé :
Jack est un homme charmant, un avocat brillant et un époux attentionné.
Grace est une femme élégante, une maîtresse de maison talentueuse.
Mais pourquoi ne la voit-on jamais sans son mari ?

Parfois, un mariage parfait cache un mensonge parfait.

Et vous, connaissez-vous vraiment vos amis ?

Mon avis :
Wahou. Je n'ai que ce mot à la bouche depuis que j'ai refermé ce livre. Wahou.
Jack est un brillant avocat, il s'occupe de défendre des femmes victimes de violences conjugales. Il est beau, tout lui réussit, c'est l'homme parfait.
Il rencontre par hasard Grace un après midi près d'un kiosque. Elle s'amuse avec sa petite sœur, Millie.
Rapidement, Jack et Grace tombent follement amoureux et se marient.
Le cauchemar commence durant le voyage de noces. Une fois dans leur chambre d'hôtel, Grace comprend qu'elle vient de faire la plus grosse connerie de sa vie, que désormais elle vivra un véritable cauchemar et qu'elle ne pourra jamais en sortir.
Elle ne perd malgré tout pas espoir, elle doit absolument tenir bon, pour sa sœur qui n'a plus qu'elle.

Jack est un putain de manipulateur. Rapidement, il a éloigné Grace de tous ses proches, il lui a tout retiré. Il ne lui a laissé aucune chance de lui échapper. Jack est intelligent mais aussi très malin.
L'entourage du couple ne devine pas une seule seconde la détresse de Grace. Et bien évidemment, si elle tente quoi que ce soit, Jack le lui fera payer.

Un thriller haletant, totalement passionnant, envoûtant. Si vous cherchiez la définition de "page-turner", ne cherchez pas plus loin que ce roman.
L'écriture de B.A. Paris est fascinante. Les chapitres alternent entre le passé et le présent, l'idylle et l'enfer. Parfois j'ai eu un peu de mal à restituer dans le temps, je me mélangeais certains détails, mais la lecture reste passionnante.
B.A. Paris dénonce avec brio les violences conjugales, la descente aux enfers, le pouvoir de manipulation des pervers narcissiques, de ces hommes avides de domination. Jack ne manipule pas uniquement sa femme, mais également leurs proches, ami.e.s ou collègues. Tout le danger est là : comment reconnaître un homme violent dans l'intimité de son couple quand il n'en montre que ce qu'il veut bien montrer ? Comment une femme intelligente, forte, indépendante et très bien insérée socialement et professionnellement peut-elle en arriver à se faire piéger, à être aveuglée ?
La société culpabilise systématiquement ces femmes. On n'a qu'à partir, quitter un homme ce n'est pas bien compliqué.
Si, ça l'est. Une femme victime de son mari est isolée et impuissante. Toutes les femmes, aussi fortes soient-elles peuvent être un jour victimes de violences conjugales.

J'ai été absolument époustouflée par ce bouquin. Impossible de le lâcher, j'étais plongée dans ma lecture, fascinée par Grace, sa force, son envie de s'en sortir, ses échecs.
Il y a aussi un autre personnage que j'ai particulièrement plus aimé que les autres, mais en dévoilant son nom je risque de vous spoiler et je ne veux pas vous retirer tout le plaisir de ce roman.
Juste, la fin est prodigieuse. Une des fins les plus dingues.
Je crois que ce thriller est un coup de cœur.

17 novembre 2017

Frappe-toi le coeur (Amélie Nothomb)

Résumé :
« Frappe-toi le cœur, c'est là qu'est le génie. »

Mon avis :
Ça fait énormément de temps que je n'avais pas lu Amélie Nothomb. J'aime tellement cette personne, l'auteure, la femme, sa vie, ses mystères, les histoires qu'elle raconte.
Ses romans sont toujours (trop) courts, on ne peut pas en profiter autant qu'ils le méritent. Et pourtant ils racontent tellement.

Ici, l'auteure s'attaque au sujet le plus épineux qui soit : la maternité. Il y a 150 manuels qui veulent nous expliquer comment être une "bonne mère", enfin, une mère qui ne sera jugée par personne, jamais regardée de travers. Mais personne ne nous explique vraiment comment être et faire dans la pratique.
Comment aimer nos enfants ? Quelle est la limite entre le trop et le pas assez ? Quelles conséquence selon à quel point on les aime (ou pas) ? Comment les élever avec nos défauts, nos névroses, notre caractère ?
Nous sommes ce que nous sommes grâce (ou à cause) de nos parents. Ce qu'ils ont été avec nous, l'amour qu'ils nous ont porté, tout ça a fait de nous l'adulte que nous sommes. Bon ou mauvais, on le leur doit.
Marie n'aime pas sa fille, Diane. Marie a grandie admirée de tou.te.s, tout le temps, depuis toujours. Belle, intelligente, merveilleuse Marie. Et puis un jour, Diane naît. La jalousie maladive de Marie explose. Diane est une petite merveille, une enfant absolument adorable et tellement mignonne. Tout ça rend Marie folle. Personne (ou presque) ne le remarque. Comment Diane peut-elle se construire sereinement avec une mère qui ne lui monte aucune signe d'affection ? Quelle adulte deviendra-t-elle ?

Amélie Nothomb nous décrit ici tous les ravages d'une mauvaise maternité. Le désamour, l'attente d'admiration ou d'attention. Les conséquences plus ou moins graves que tout ça peut avoir.

Ce texte est beau, vrai, violent, fabuleux. La recherche d'amour et de figure maternelle de Diane, la carapace qu'elle a été obligée de se forger pour survivre à sa mère.
Sublime.