14 janvier 2017

La prunelle de ses yeux (Ingrid Desjours)

Résumé :
Il est aveugle. Elle est ses yeux. Elle pense le guider vers la lumière. Il va l’entraîner dans ses ténèbres.

Gabriel a tout perdu en une nuit. Son fils de dix-sept ans, sauvagement assassiné. Ses yeux. Sa vie... Les années ont passé et l’aveugle n’a pas renoncé à recouvrer la vue. Encore moins à faire la lumière sur la mort de son enfant.
Quand un nouvel élément le met enfin sur la piste du meurtrier, c’est une évidence : il fera justice lui-même. Mais pour entreprendre ce long et éprouvant voyage, Gabriel a besoin de trouver un guide. Il recrute alors Maya, une jeune femme solitaire et mélancolique, sans lui avouer ses véritables intentions...

Mon avis :
Ça faisait un bon moment que je voulais découvrir l'auteure, sans trop savoir par où commencer.
Et puis ce livre me tentait particulièrement, alors je me suis décidée.
La claque ! Je me suis pris la claque de ma vie, bien comme il faut.
J'ai été secouée dans tous les sens, j'ai senti mes tripes me remonter au coin des lèvres, toutes mes émotions ont été mises à rude épreuve.

L'histoire est assez horrible. Un gamin de 17 ans retrouvé tabassé, un homme aveugle du jour au lendemain sans aucune raison médicale, de la violence conjugale. Secouez tout ça et vous aurez un roman totalement détonnant.

On lit tour à tour deux histoires : ce qui est arrivé en 2003. On fait la connaissance de tous les personnages. Victor, Gabriel, Maya et Tancrède (bon, déjà...). Puis on se retrouve en 2016. Avec Les conséquences, les nouvelles vies, les vies brisées.

Au fil des pages on comprend de plus en plus, on fait le lien entre les personnages, entre avant et après. On essaie de deviner un peu, ce qui est arrivé et ce qui va bien pouvoir se passer.
On a de la peine pour les uns alors qu'on voue rapidement une haine infinie pour les autres.

J'ai été totalement soufflée. L'écriture est superbe, et si l'histoire ne démarre pas à fond dès les premières pages, ça part rapidement dans tous les sens. J'ai été entraînée par l'histoire, par les découvertes qu'on fait page après page. J'ai espéré ou deviné. Et j'ai simplement kiffé comme jamais.

Ce roman est une magnifique critique sur l'élite, le pouvoir, la soif de vengeance et le pardon.

8 janvier 2017

Duma Key (Stephen King)

Résumé :
Duma Key, une île de Floride à la troublante beauté, hantée par des forces mystérieuses, qui ont pu faire d'Edgar Freemantle un artiste célèbre… mais, s'il ne les anéantit pas très vite, elles auront sa peau !

Mon avis :
Edgar Freemantle a frôlé la mort. Dans un grave accident sur un chantier, il a laissé un bras. Quelques séquelles ailleurs sur le corps ou l'esprit, aussi. C'est réellement un survivant. Comme beaucoup d'autres après une telle épreuve, Edgar change de vie. C'est comme ça qu'il se retrouve fraîchement divorcé, à débarquer sur une île paradisiaque de Floride. Une jolie petite baraque de bord de mer.
Là bas, il y a peu de voisins. Il fait donc rapidement et facilement la connaissance d'un certain Wireman, un éclopé comme lui. Wireman vit dans la maison la plus proche et s'occupe d'une ravissante vieille dame malade, Elizabeth.

Très vite, les deux hommes se lient d'amitié. Edgar en a bien besoin parce que la vie sur l'île, il ne connait pas tres bien. Un peu d'aide est donc appréciable.
Et puis, il faut bien occuper ses journées, ici. Alors Edgar se remet à dessiner. La dernière fois c'était il y a bien longtemps mais ma foi, pourquoi ne pas tenter le coup.
Et quel talent ! Ses toiles ont un succès hallucinant. Edgar devient très vite une star, les gens sont totalement subjugués par ses peintures. Il n'y a bien que lui, Elizabeth et Wireman qui se font un peu dessus.

Duma Key se révèle rapidement dangereuse, les peintures d'Egar aussi.
Que c'est-il passé ici même, il y a 80 ans ? Quels secrets cache Elizabeth, atteinte d'Alzeihmer ?
Notre peintre et son acolyte vont tout faire pour résoudre l'énigme, et sortir de ce merdier. Non sans quelques dommages collatéraux.

Un mois ! Il m'aura fallu un mois pour arriver à bout de ce pavé (855 pages).
Je voue une admiration sans limite pour Stephen King. J'aime comme il raconte, comme il ecrit.
Mais quand il se lance dans le pavé, ça traîne très facilement en longueur.
Et là, c'était clairement ça. Pendant une bonne grosse moitié du bouquin il ne se passe rien. Strictement rien. Même l'atmosphère est loin d'être oppressante. Même quand les peintures font leur boulot, ce n'est pas aussi terrible que ce à quoi je m'attendais. Le pouvoir d'Edgar est terrible, mais finalement ça ne sert pas à grand chose dans l'histoire.
Il n'y a qu'à la fin que ça bouge vraiment, qu'on est enfin dans du fantastique, que la peur approche.
Alors oui, la fin vaut largement la peine. Globalement l'histoire est très bonne, il n'y avait que de bonnes idées. Mais sincèrement, heureusement que c'est Stephen King sinon je pense que je n'aurais pas tenu. Son écriture emporte et là, c'est elle qui a fait tout le boulot.

10 décembre 2016

Réparer les vivants (Maylis de Kerangal)

Résumé :
« Le cœur de Simon migrait dans un autre endroit du pays, ses reins, son foie et ses poumons gagnaient d’autres provinces, ils filaient vers d’autres corps. »
Réparer les vivants est le roman d’une transplantation cardiaque. Telle une chanson de gestes, il tisse les présences et les espaces, les voix et les actes qui vont se relayer en vingt-quatre heures exactement. Roman de tension et de patience, d’accélérations paniques et de pauses méditatives, il trace une aventure métaphysique, à la fois collective et intime, où le cœur, au-delà de sa fonction organique, demeure le siège des affects et le symbole de l’amour.

Mon avis :
Simon a 19 ans. Sa vie, c'est le surf. Du genre à se lever en pleine nuit pour aller planche sous le bras sur la cote.
Et puis, au petit matin, c'est l'heure de rentrer. Il est avec ses potes. Sur la route. On ne sait trop comment, c'est l'accident. Simon n'avait pas de ceinture.
Alors, il faut se décider urgemment pour un don d'organes. Comment savoir ce que pensait sur le sujet un gamin de même pas 20 ans ?

J'avoue, j'ai rien compris. 95% du bouquin, c'est l'accident, la mort de Simon.
L'opération pour les transplantation arrive à la toute fin du livre.
Et du coup par moments ça peut être assez lourd. Barbant, même.

Mais l'histoire est magnifique.
Par contre, j'ai trouvé l'écriture hyper indigeste. Les phrases interminables qui s'enchaînent. Les dialogues plantés au milieu comme ça. Et puis on passe du coq à l'âne en plein milieu d'une phrase. Une longue, très longue parenthèse et on passe à autre chose. On perd le fil, on ne sait plus comment on est arrivé là, ni ce qu'on lisait 30 secondes avant. C'est assez insupportable en fait.
Et pourtant c'était aussi très poétique

3 décembre 2016

Point final (William Lafleur)

Résumé :
L'homme mort est le journal de bord d'un père de famille ayant mis en scène son propre décès pour observer les réactions de sa famille. Reclus derrière son ordinateur, il les regarde vivre au travers de ses écrans, grâce aux caméras et micros dont il a truffé son domicile avant de disparaître.

Mon avis :
Oh tiens, une lecture que j'assume moyen.
Je suis pas super fan de Mr le prof à la base (enfin, fut un temps où oui.), mais je sais pas, j'ai adoré l'idée de ce bouquin. Sans savoir que c'etait un blog à l'origine.
Alors autant un roman, j'adore l'idée. Mais faut etre sacrement tordu pour créer un blog en se faisant passer pour quelqu'un d'autre qui se fait passer pour mort.
Et pourtant, l'idée est geniale. Bin ouais. Si le mec est un grand malade d'epier sa famille pour voir comment est la vie depuis qu'il est mort, que penser des gens qui se delectent du recit de ce qu'il observe chaque jour ? Le lecteurs du blog (pourtant pas si cons, puisque certains ont grillé le fake direct) sont tout autant voyeurs que le mec planqué dans une piaule avec des cameras de surveillance partout chez lui.

Bref. Nous lisons donc la vie d'une mere et ses deux enfants apres la mort du mari et père. Des caméras et des micros partout, pour voir et entendre, ce qu'ils font, ce qu'ils disent. Pour voir si finalement sa mort a reellement un impact sur eux, s'il etait vraiment aimé.
Il assiste (et nous aussi) au deuil, au drame, à ses funerailles, à tous les chamboulements causés par une mort. Et faut pas croire, c'est pas evident pour lui (sans blague). Voir ses enfants malheureux, pour rien finalement.

Ce roman est bien court, evidemment les "chapitres" se lisent tres vite et on a rapidement le denoument. Et partie non negligeable : l'auteur nous a fait cadeau de quelques commentaires, gentils comme mechants (surement pour montrer toutes les facettes de l'humain, face au deuil ou à la supercherie), qu'a reçu son blog.