23 avril 2017

2 heures du matin à Richmond street (Marie-Helene Bertino)

Résumé :
Madeleine Altimari, 10 ans dans deux jours. Un grand nez, plus de maman, un vocabulaire de docker, mais une voix d'ange et le reve absolu de devenir chanteuse.
Jack Francis Lorca, le propriétaire du Cat's Pajamas. Des tatouages, de moins en moins d'envies face à la menace de perdre son club de jazz.
Sabina Greene, la prof de dessin de Madeleine. Une sonnerie embarrassante à son portable, un sentiment d’échec persistant depuis son divorce et le désir avoué de retrouver l'amour.
Trois destins boiteux que cette nuit de Noël à Richmond Street pourrait bien bouleverser.

Mon avis :
J'avais tenté une première lecture l'année dernière. Je m’étais arrêtée à une 20aine de pages je crois, tellement je m'ennuyais.
J'ai rouvert ce livre avec quelques appréhensions donc. Et puis finalement, ça s'est lu tout seul.
Il y a une foule de personnages. Certains super intéressants, comme Lorca, Alex ou Madeleine. Et d'autres super insignifiants, comme Ben ou Sabina.

Sérieusement, j'ai jamais vu une nana aussi plate que Sabina. Chaque fois qu'elle apparaissait, j'avais envie de la secouer dans tous les sens et lui mettre deux trois baffes.
Lorca est propriétaire d'un club de jazz qui ne respecte pas les lois. Il doit, entre autres, fermer à 2h du matin.
Madeleine rêve d’être chanteuse. Sa mère lui a tout appris. Madeleine n'a que 10 ans mais un talent fou qui envahit toute la pièce dès qu'elle enchaîne deux notes.

Et malgré tous ces personnages à la vie cabossée, je me suis quand même pas mal emmerdée pendant ces 300 pages. Il ne se passe absolument rien de vraiment captivant.
Madeleine essaye de mener sa vie sans sa mère et avec son père dépressif, Sarina court derrière son ex comme une débile, et Lorca se fout de tout, même de son fils.

Il faut attendre la fin de l'histoire, pour que tout le monde se croire au Cat's Pajamas. C'est dans les dernières pages que ces vies prennent un nouveau tournant.
L'écriture n'est pas spécialement entraînante, il n'y a absolument aucune ambiance jazzy que j'attendais pourtant.

Je suis passée totalement à coté de ce bouquin. Et c'est bien dommage parce que vu de l'extérieur, il avait tout pour me plaire. Et la fin est vraiment jolie malgré tout. Dommage.

16 avril 2017

Meurtres pour rédemption (Karine Giébel)

Résumé :
Marianne, vingt ans. Les barreaux comme seul horizon. Perpétuité pour cette meurtrière.
Indomptable, incontrôlable, Marianne se dresse contre la haine, la brutalité et les humiliations quotidiennes.
Aucun espoir de fuir cet enfer, ou seulement en rêve, grâce à la drogue, aux livres, au roulis des trains qui emporte l'esprit au-delà des grilles. Grace à l'amitié et à la passion qui portent la lumière au cœur des ténèbres.
Pourtant, un jour, une porte s'ouvre. Une chance de liberté.
Mais le prix à payer est terrifiant pour Marianne qui n'aspire qu'à la rédemption.

Mon avis :
Il m'a fallut une heure pour commencer à me remettre de cette lecture pour tenter d'en parler.
Ce livre est abominable. Je l'ai refermé le cœur en miettes et l'âme en vrac. J'ai passé le week-end le plus éprouvant de toute ma vie.

Pas un seul instant j'ai réussi à me dire que Marianne était un monstre. C'est juste une pauvre gamine qui n'a pas eu bol. Une ado rebelle contre l'ordre familial établi.
Élevée par ses grands-parents paternels et bourgeois, son avenir est tout tracé : avocate, médecin, ou épouse de gros friqué. Marianne a osé commettre l'affront de vouloir être prof d'arts martiaux. La honte de la famille.
C'est là que sa vie est partie en couilles. Petits et gros délits avec son mec, cambriolage, fusillade, des morts sur son passage.
Prison à vie. Marianne n'a que 21 ans mais a déjà passé 4 ans derrière les barreaux. En isolement ou au mitard. Parce qu'elle est un danger pour les autres détenues, et inversement.
La prison n'a pas calmé Marianne. Elle est devenue une bête féroce, sanguinaire. Mais jamais sans raison.
Poussée à bout par une matonne et d'autres détenues, Marianne va laisser quelques cadavres à la maison d'arrêt.
Elle n'a plus de famille, mais n'est pas seule pour autant. Elle a réussi à être amie avec deux autres détenues, deux matonnes et le chef des surveillants.
Elle vit malgré tout un enfer évident entre les 4 murs de sa cellule. Elle a vécu 4 ans d'enfer. Les violences physiques ou morales, les privations, les bastons, de viols, de peurs, d'insomnies.
Jusqu'au jour où 3 flics viennent au parloir. Le commissaire Franck lui propose un deal : tuer une personne en échange de sa liberté (nouvelle identité, nouveau pays, la totale). Les flics savent convaincre. Marianne refuse, veut réfléchir. Alors ils reviennent à la charge, régulièrement.

Marianne n'a rien vécu, elle ne rêve que de liberté. Évidemment qu'elle accepte.
Mais l'horreur ne s'arrête pas aux portes d'une prison. La liberté n'est-elle pas pire, quand on est comme Marianne ? Qui est cette mystérieuse victime ? Que cache le commissaire à Marianne ?

Ce bouquin a été une horreur. Je déteste Karine Giebel. Pour avoir autant joué avec mes sentiments, et mes  nerfs. Il m'a fallut 10 minutes pour lire les deux dernières pages, tellement je ne voyais plus rien à cause de mes larmes (oui, je chiale tout le temps).
La fin de cette histoire est abominable. J'ai passé plus de 900 pages avec Marianne et tous les autres, ils étaient devenus des amis, et paf, la claque. Magistrale, la claque.
Je n'ai pratiquement pas lâché mon livre du week end. J'ai juste fait des pauses forcées régulièrement pour me remettre de mes émotions, tellement j'en pouvais plus.
J'ai tellement aimé Daniel, Justine, Marianne. Et Franck (et son équipe) aussi, un peu. J'ai aimé Marianne, sa force de caractère, sa résistance, sa soif de vengeance. Incroyable pour une si jeune femme.
Meurtres pour rédemption a beau être un pavé, j'arrive pas à me faire à l'idée que ce soit terminé, que je vais devoir passer à autre chose, à un autre livre, comme si de rien n’était.
Pour moi, on est largement au delà du coup de cœur. Ce roman est au dessus de tout.
Joel Dicker a écrit "Un bon livre est un livre que l'on regrette d'avoir terminé". Meurtres pour rédemption, c'est ça. Aussi éprouvant soit-il.


13 avril 2017

Mala Vida (Marc Fernandez)

Résumé :
De nos jours en Espagne. Alors que les nostalgiques de Franco ont remporté les élections, une série de meurtres est perpétrée : un homme politique, un médecin, une religieuse...
Diego Martin, journaliste de radio, découvre vite que l'affaire dépasse le simple fait divers. Son enquête le mènera au plus près d'un scandale national, au coeur des secrets les plus honteux de l'ère Franco, dans une Espagne toujours hantée par son histoire récente.

Mon avis :
Quand j'ai appris que j'avais gagné ce petit bouquin sur le site de Lecteurs, j'étais mais totalement aux anges.
L'Espagne est un pays qui me fascine depuis que je suis toute gamine.
L'affaire des bébés volés est un scandale qui a frappé le pays (et d'autres !) pendant des années, sous Franco. Les opposantEs aux franquisme, principalement des communistes, se voyaient annoncer à la maternité que leur bébé était mort-né. Doux mensonge, pour revendre ces bébés à des couples franquistes, pour élever "correctement" ces gamins.
Une association vient de voir le jour, l'Association Nationale des Enfants Volés. Des parents dans le doutes, des adultes qui se posent des questions sur leurs origines, ou qui recherchent leurs vrais parents. Leur porte-parole est Isabel, une avocate franco-espagnole. L'histoire des bébés volés la touche de très près.
Et puis il y a Ana, détective transgenre.
Aidée de Diego et David, juge, toute cette petite équipe va révéler l'affaire au grand jour. Peut être au péril de leurs vies.
Évidemment le peuple est au courant depuis toujours, mais pas de l'ampleur que ça a pris.

A coté de cette affaire, il y a aussi des meurtres. Visiblement de sang froid. Hyper préparé, le coupable est clairement un pro. Pas d'indices, discrétion totale, jamais repéré. Une balle dans la tête. Simple et efficace.
Le lecteur apprend rapidement l'identité du tueur. Il ne nous reste plus qu'à apprendre pourquoi.
Un notaire, une bonne sœur, un homme politique et un médecin. Pourquoi eux ? Et puis déjà, est ce qu'il y a le moindre lien entre ces morts ? Lequel ?

Ce roman est terriblement addictif. Trop court, il se lit très vite. Je l'ai difficilement lâché, tellement j'étais envahie par l'histoire. Le franquisme est une horreur, l'affaire des bébés volés est un scandale plus énorme que ce que vous pensez.
Marc Fernandez aborde le sujet avec brio. Ce livre nous raconte un pan important de l'histoire espagnole.
Et clairement je lirai avec grand plaisir ses autres livres.

J'ai été vraiment ravie d'avoir eu l'opportunité d'en apprendre plus grâce à ce roman et j'en remercie infiniment Lecteurs.

Franco est mort, pas le mal qu'il a enfanté.

11 avril 2017

Maman a tort (Michel Bussi)

Résumé :
Rien n'est plus éphémère que la mémoire d'un enfant...
Quand Malone, du haut de ses trois ans et demi, affirme que sa maman n'est pas sa vraie maman, même si cela semble impossible, Vasile, psychologue scolaire, le croit.
Il est le seul. Il doit agir vite. Découvrir la vérité cachée. Trouver de l'aide. Celle de la commandante Marianne Augeresse par exemple. Car, déjà, les souvenirs de Malone s'effacent. Ils ne tiennent plus qu'à un fil. Le compte à rebours a commencé.
Qui est vraiment Malone ?

Mon avis :
Marianne Augeresse a la tête plongée dans l'enquête d'un braquage quand un psy scolaire vient la supplier de l'aider.
Un gamin de 3 ans prétend que sa mère n'est pas sa mère. Un gamin de 3 ans, à l'imagination débordante et une grande naïveté. Qui peut croire une chose pareille ?
Le psy a été envoyé à Marianne par une amie commune, du genre "dis lui que je t'ai conseillé d'aller la voir, elle t'aidera".
Ça n'a pas loupé. Après réflexion, Marianne accepte d'enquêter. Le psy a eu un discours assez convainquant sur l'enfance, la mémoire, l'urgence de l'affaire, etc.

C'est comme ça que Marianne et son équipe se retrouvent à gérer deux enquêtes clairement impossibles en même temps.
Un braquage survenu quelques mois plus tôt, avec un fugitif sur les bras. Et un gamin qui prétend que sa mère n'est pas sa mère, avec une histoire de pirates, d'ogres et de fusée.
Bon courage.

L'histoire est très très bien ficelé, Michel Bussi a réussi à monter un truc très bien travaillé. Ça triture les méninges, on ne sait pas trop où on va, on se demande si ce qui vient d'arriver est vraiment arrivé, on se demande ce qui ce passe, ce que veut dire l'auteur...
J'ai été baladée pendant plus de 500 pages, je ne m'attendais jamais à rien (sauf à deux trois petits détails sans trop d'importance), j'ai trouvé l'histoire fascinante.
J'ai eu une peine immense pour Malone. Et pour sa mère (laquelle ? AH AH).
Cette histoire est quand même sacrement triste, on voit que Malone est un gamin très perturbé. Il a tellement peur de la pluie que dès les premières gouttes il entre dans une crise de panique affolante, il a tout le temps froid, il s'isole, s'invente un monde.

Vraiment, j'ai trouvé que le concept était bien trouvé. La vraie mère de Malone, pourquoi il répète que sa mère n'est pas sa mère, comment on en est venu à cette configuration familiale, etc.
Alors certes, ce n'est pas le thriller de l'année, mais l'histoire se lit assez vite, j'ai vraiment été plongée dans le récit. Et il y a eu un vrai travail d'écriture, la partie pedopsy est hyper intéressante.

Le seul bémol que j'aurais, c'est par rapport à Marianne. Célibataire, sans enfant, cheffe de la police, fort caractère. Très bien. C'est une femme indépendante etc, c'est cool.
Mais franchement, son coté "feu aux fesses" constamment derrière chaque mec un peu mignon, franchement ?
Et la toute toute fin de l'histoire, était-elle vraiment nécessaire ? Franchement moi, ce qui se passe à ce moment là (et après), je m'en cogne complet. Ça n'apporte rien d'important.