12 octobre 2013

Ailleurs (Richard Russo)

Résumé :
Un monde ailleurs : voilà le rêve que sa mère avait insufflé à Rick, un rêve qu'elle caressait elle-même sans pouvoir le réaliser. A chaque étape de l'existence de son fils, de son enfance à Gloversville à sa carrière universitaire, de son mariage à l'éducation de ses deux filles, elle l'a suivi comme une ombre encombrante et intouchable, ballottée au grès des déménagements successifs, écartelée entre ses tentatives pour préserver un mode de vie qu'elle souhaitait "indépendant" et les violentes crises nerveuses dont elle était si souvent victime

Mon avis :
Mère célibataire, Jean a toujours parlé d'indépendance.
C'est d'ailleurs pour ça qu'elle travaille et gagne ainsi son argent.
C'est également pour ça qu'elle n'a pas de voiture, comptant sur son fils pour la conduire là où elle a besoin d'aller.
C'est également pour ça que finalement, elle et son fils vivent dans la petite maisonnée de ses parents. Chacun a son étage, quand même.
Bref, Jean est "indépendante mais pas trop quand même".
Et puis un jour, Richard s'en va à l'université. Loin. Loin de sa mère qui est un peu bizarre.
Sauf que sa mère, indépendante mais dépendante de son fils, veut aller loin avec lui.
Elle ira. Tout le temps. Loin avec lui. Lui qui aime sa mère mais qui doit s'en éloigner pour vivre sa vie.
Jean doit faire face à ses parents, ils savent que ce qu'elle raconte, prévoit, c'est du vent. Elle finira toujours par revenir à la maison.
Même quand elle trouve un nouveau travaille à perpette. Enfin non. Elle part avec son fils, loin donc, et a forcement du boulot qui l'attend, on l'a prévenue !
Mais non. Elle manque cruellement d'organisation et de plan de secours. Tout ça par envie de partir "ailleurs".
Mais Jean est "cinglée". Son "ailleurs" n'est pas le notre, ni celui de son fils.
Et ce pauvre Richard qui essaie de grandir, de vivre normalement, avec sa mère malade à coté.
Au début, tout petit, il a du mal à comprendre. Il sait que quelque chose cloche chez sa mère ("je me suis passé un sacré savon et tout va bien maintenant !") mais évidemment, il n'arrive pas à mettre le doigt dessus.
C'est son père qui va lui apprendre, plus tard.
Mais difficile de se "débarrasser" de sa mère comme ça ! Alors Richard vit comme il peut, avec sa mère à ses cotés. Pas toujours facile à gérer mais il essaie tant bien que mal.

Les premiers chapitres ont été difficiles pour moi, j'ai mis du temps à me mettre dans ma lecture, dans l'ambiance, c'était assez ennuyeux, presque.
Mais une fois ces quelques chapitres passés, une fois qu'on sait que Jean est VRAIMENT folle, l'histoire coule toute seule. Une jolie plume pour une histoire forte, un amour à deux faces. L'histoire d'un fils qui aime sa mère malgré tout. Magnifique mais pas évident. On a tous une tare dans nos familles. Pour Richard Russo, c'est sa mère.

Je remercie infiniment Babelio et les éditions du Quai Voltaire pour cette lecture terriblement intense et bouleversante.




8 octobre 2013

Tout le monde n'a pas le destin de Kate Middleton (Fred Ballard)

Résumé :
Capucine Guillon, rédactrice de questions pour jeux télévisés, maman solo de trois ados mal dégrossis, n'a pas vraiment le profil de la femme fatale épanouie ni de la businesswoman accomplie.
Entre choix des factures à ne pas payer, les vacances à organiser pour sa meute, un patron attirant, un ex qui se remarie..., elle a un irrésistible attrait pour tout ce qu'il faut éviter !
Heureusement qu'il reste l'humour, c'est un bon bagage pour voyager loin.

Mon avis :
Capucine est une quadra célibataire. Maman de 3 "ados mal dégrossis" (Paul, Émile, Victor. J'ai ri) de 3 pères différents. Guillon est le nom de son 1er mari, qui a accepté qu'elle le garde après le divorce (histoire de pas en changer 20 fois. Et faut dire que son nom de naissance n'est pas au top du top).
Elle nous raconte donc sa vie de mère célibataire qui rame à fond dans tous les domaines possibles et inimaginables. Comme elle le dit, elle, elle est faite pour la lose, son talon d'achille, c'est la gagne.

Elle doit se couper en 15 pour trouver une solution pour son nom de famille (puisque son ex se remarie et il ne peut pas avoir deux femmes, ha ha), payer des vacances à ses gamins, s'occuper d'une ado qui débarque à la maison comme un ouragan, réussir au taf avec un patron qui n'est là que grâce à ses mensonges et qui est en plus pas trop moche à mater...

Bref, elle frôle la vie de merde mais le vit plutôt bien. Elle prend tout du bon coté, tant qu'elle le peut, et ne manque pas d'humour et d'auto dérision.

J'ai kiffé Capucine, son humour justement, l'écriture super légère, l'histoire qui détend, qui fait rire et qui aère l'esprit. Ça fait vraiment du bien de rire comme ça.
J'ai aimé le style de l'auteure, les aventures de Capucine, ses gamins extraordinaires (mais je veux pas les mêmes, faut pas déconner non plus).
Par moment, j'ai trouvé que ça ressemblait pas mal à Agnès Abécassis (Cerbère Léonard. Pardon mais je m'en suis pas remise) donc pour moi, ça passe les doigts dans le nez les yeux fermés.

Un vrai moment de détente qui fait du bien.

5 octobre 2013

La mémoire des murs (Tatiana de Rosnay)

Résumé :
Lorsqu'on entre quelque part, on peut s'y sentir merveilleusement bien ou, au contraire, horriblement mal.
Comme si les pierres s’imprégnaient de joie ou de chagrin pour plus tard s'en décharger et les restituer.
Fraichement divorcée, Pascaline, une informaticienne de quarante ans, vient de trouver l'appartement de ses rêves. A peine installée, elle apprend que ces murs ont été témoins d'un crime. Lentement, par touches infimes, ce drame fait surgir en elle une ancienne douleur, une fragilité restée longtemps enfouie. Pour en finir avec son passé, elle se lance alors sur les traces d'un tueur en série.
Une quête obsessionnelle qui ravive ses blessures et l’amène à la lisière de la démence.

Mon avis :
Pascaline vient de divorcer.
Après plus de quinze ans de mariage et de tromperies, finalement, son mari s'en va avec une autre.
Elle trouve rapidement l'appartement idéal. Super bien situer, petit 2 pièces très accueillant, en le visitant elle se sent déjà chez elle.
Elle y emménage très rapidement, toute heureuse d'avoir sa vie à elle. Nouveau départ. Maintenant, elle va revivre, rencontrer des gens, prendre soin d'elle.
Première nuit dans cet appartement. Nuit blanche.
Elle apprend vite que dans cette chambre, il y a quelques années, une jeune fille a été violée et tuée. Ça calme ! C'est un tueur en série qui a été retrouvé après 7 victimes et qui est enfermé en prison pour le reste de sa vie (c'est un roman, hein...)
Pascaline est tellement empathique qu'elle ne pense plus qu'à cette gamine. Elle n'en dort pas. Jamais. Visiblement, elle a toujours été comme ça. Un mort dans une maison, et elle ne peut pas y dormir.

Tres vite, la joie de vivre fait place à la depression. Elle qui est si seule. Elle a bien sa mère avec laquelle elle n'est pas tellement complice, et Elizabeth, sa collègue de travail... Mais qui pourrait comprendre ce qui lui arrive ?
Certainement pas son ex mari.. Un coup elle n'a aucun sens de l'imagination, un coup elle en a trop !
Mais elle doit comprendre. Elle doit savoir. Elle se plonge donc dans le passé, pour apprendre l'histoire de cette Anna. Puis des autres. Elle est prise de compassion pour ces mères endeuillées. Et puis, finalement, à la mémoire de toutes ces victimes, elle part à la recherche des appartements, juste pour voir, pour s’imprégner. Et y déposer une rose blanche.

Et puis, après la dépression, vient la folie.
Pascaline ne vit plus que pour cette histoire d'appartement et de fantômes. Et pour une autre aussi. La sienne.
Et c'est là qu'elle commence à bien dérailler.
Autant au début, on a envie de l'aider, de la soutenir, de la prendre dans nos bras pour un gros câlin. Autant après, moi, j'ai bien eu envie de lui mettre deux trois claques.
Ma petite Pascaline, tu perds la boule. Complètement. Arrête ! Arrête de trop faire le lien entre ton histoire et ces gamines. Il n'y a strictement aucun rapport !
Mais forcement, quand on perd les pédales, on ne se rend pas compte. On ne se rend compte de rien.
Sa mère et Elizabeth veulent l'aider, la réveiller, la faire réagir. Rien n'y fait.
Elle pense trouver de l'aide auprès de son ex mari et de sa nouvelle femme. Finalement, c'est encore pire.

Une histoire dingue. Une angoisse plus que palpable pour une fin extraordinaire.
Qui est terriblement frustrante. Il se passe quoi, quand on referme le livre ? Et après ? Comment finit Pascaline ?
Plein de questions qui resteront sans réponses. Mais j'adore cette fin ! J'aime me poser des questions sur une fin terrible, avoir peur, ou de la peine pour des personnages complètement fictifs...
Un roman superbement mené par une plume divine. Dommage qu'il soit terriblement court, la lecture prend tellement peu de temps...

J'ai aimé aussi la préface de cette édition. L'auteure nous explique pourquoi ce roman, comment lui est venue l'idée. Et puis, le lien entre ce livre et un autre. C’était très instructif et vraiment très sympa

Ho dis, mais c'est un coup de cœur, ça ! ♥







3 octobre 2013

Noblesse oblige, Tome 1 - Le Duc mis à nu (Sally MacKenzie)

Résumé :
La chance ne sourit décidément pas à Miss Sarah Hamilton, fraîchement débarquée de Philadelphie. Pour obéir aux dernières volontés de son père, elle se rend en Angleterre chez son oncle, le comte de Westbrooke, mais des marins maladroits font tomber sa malle dans le port de Liverpool.
Démunie et un peu perdue, Sarah se voit réserver un accueil pour le moins étrange dans l'auberge où elle compte passer la nuit. A son réveil : stupeur ! Un homme nu partage son lit ! La voici compromise, et mêlée aux dangereuses affaires de la famille du séduisant duc d'Avold...

Mon avis :
J'ai été rapidement attirée par cette saga.
Déjà, je trouvais les titres vachement sympa. Et le thème plutôt tentant..
J'ai toujours eu du mal avec les romans historiques, mais là, avec de l'humour en plus, je me suis dit que ça pouvait donner quelque chose de sympa.
Et oui !
Alors j'avoue que le coté historique, histoire de roi, de rangs, de machin et trucmuche, c'était assez éprouvant pour moi.
Les protocoles, les convenances aussi par moment c'était assez chiant..
Mais ça, c'est une histoire de goût...
Moi, je me suis plutôt intéressée à Sarah et ses péripéties.
Après la mort de son père, elle n'a plus rien qui la retient chez elle. Elle s'en va donc pour l'Angleterre, un pays qu'elle ne connaît pas, dans une famille qu'elle ne connaît pas plus...
Cette Sarah est d'une naïveté ♥ (elle est maladroite, elle ne sait pas comment on fait les bébés, etc etc) c'est mignon mais un peu agaçant par moments, mais c'est ça qui est bien.
Elle se retrouve donc rapidement larguée et ça peut amener à de sacrées situations !
Il y a quand même une grosse grosse part qui est vachement prévisible et c'est bien dommage.
Mais j'ai tellement aimé Sarah et James ♥ J'ai même adoré James !

Pour moi qui n'aime pas franchement les romans historiques (et encore moins les romances :p ), heureusement qu'il y avait ce coté humour/décalé, ça m'a beaucoup aidée à avancer dans ma lecture, et même à y prendre plaisir.
Je ne suis pas sure de lire les suites, mais c'est vrai que l'idée est quand même très bonne