10 juillet 2013

Les autos tamponneuses (Stephane Hoffman)

Résumé :
"Le mariage a toujours ressemblé à un tour en auto tamponneuses : c'est inconfortable, on prend des coups, on en donne, on tourne en rond, on ne va nulle part mais, au moins, on n'est pas seul."

Lorsque Pierre veut prendre sa retraite pour passer le reste de sa vie auprès de sa femme dans leur belle maison du golfe du Morbihan, Hélène ne l'accepte pas. Elle ne tient pas à découvrir un vieux mari en l'homme qu'elle aime depuis toujours.
Une nouvelle vie commence. Tout est à réinventer.

Mon avis :
Ce court livre commence par une invitation à un anniversaire de mariage. 40 ans.
Nous voici rapidement embarqués dans une histoire d'amour un peu bizarre mais qui a le mérite d'être authentique.
Hélène a été élevée par son père, son maître, son Dieu. Pierre a travaillé pour cet homme. Il y avait du respect entre eux. C'est comme ça que le couple s'est marié. Le père voulait un mari comme ça pour sa fille, elle a obéit.
Mais les mariages sans amour n'ont aucun intérêt, si ce n'est financier. Le couple évolue dans un environnement guidé par l'argent, le paraître, les convenance. Et la boucherie (oui, conseil : ce bouquin n'est pas pour les végé. ça parle carcasses, abattoir, boyaux. Mmmm...).
Hélène et Pierre s'aiment comme par habitude, et puis bon, on s'accommode de ce que l'on a. On est marié, c'est déjà pas mal !
Ils ont vécu un drame dans le passé. Qu'ils ont pourtant bien vécu visiblement. Sans amour et sans coeur. Quelle tristesse !
Ils ont eu des enfants. Qu'ils n'ont pas aimés, qui ont coupés les ponts, dont ils n'ont plus de nouvelles depuis des lustres (sont ils mariés ? ont ils des enfants ? Ma foi !)

Pierre a l'âge de partir à la retraite. Il tenait un poste hyper important dans le groupe, il en a marre, il envoie tout balader. Tant pis si ça ne plaît pas à sa femme qui voit déjà son mari larver sur le canapé 24h par jour.
Elle a très bien vécu sans son mari dans les pattes et elle a bien l'intention de continuer comme ça, hein.

Alors on suit ce couple sans amour dans des dîners, dans la finance, dans le milieu des abattoirs et de la boucheries. Plein de monde gravite autour, les amis, les voisins, les fidèles. Pas les enfants. Alors on se lie avec quelqu'un d'autre pour combler un vide.

Et puis, finalement, on apprend que même après 40 ans de vie commune, on ne connaît pas la personne qui partage notre vie.  Vient le temps des confidences, des révélations, des surprises.

Ce livre est d'une tristesse nom de dieu, et c'est ça qui est bien ! Pas tristesse dans le sens où on pleure à chaque page, mais ça fait surtout pitié. Pourquoi se marier si on ne s'aime pas, vivre une vie plate sans aucune action, un couple moyen bof qui se contente du minimum. Et pourtant, ces deux personnages ont une certaine force, des envies, une manière de gérer la vie.
Une histoire intéressante, avec des personnages intéressants. Une jolie critique de la vie, en somme

J'ai juste un peu tiqué à deux passage où ça critique Alexandre Jardin et Zazie mais tant pis hein :p

Je sais depuis longtemps qu'il faut choisir ses livres comme ses fromages : au pif. On ouvre, on met le nez dedans : si ça sent, on prend ; si ça ne sent pas, on repose. Ça sent mauvais ? Ça sent bon ? Mieux vaut un livre qui pue qu'un livre sans odeur. Un livre doit avoir un arôme, du nez, des parfums, du fumet. Comme un fromage. Comme un vin, une viande, du foin coupé ou du réséda, si vous préférez : un livre doit d'abord sentir. Puis, faire resentir.


7 juillet 2013

Les Morues (Titiou Lecoq)

Résumé :
C'est l'histoire des Morues, trois filles - Ema, Gabrielle et Alice - et un garçon - Fred -, trentenaires féministes pris dans leurs turpitudes amoureuses et professionnelles.
Un livre qui commence par un hommage à Kurt Cobain, continue comme un polar, vous happe comme un thriller de journalisme politique, dévoile les dessous de la privatisation des services publics et s'achève finalement sur le roman de comment on s'aime et on se désire, en France, à l'ère de l'Internet.
C'est le roman d'une époque, la notre.

Mon avis :
L'histoire commence par une soirée hommage à Cobain, c'est l'anniversaire de sa mort alors toute la joyeuse bande de trentenaires élevée par le grunge de Nirvana se réunit.
Fred, le mec qui semble un peu paumé dans sa vie, qui ne fait pas le taf ni les études que tout le monde pensait/espérait, profite de l'occasion pour afficher son t-shirt d'In utero. Ça fait un peu jaser tout le monde qui trouve ça ringard à souhait et de mauvais gout. Sauf une personne : Charlotte. Elle aime beaucoup Fred et son t-shirt.
Alors, le jour de son enterrement (à elle), Fred décide de le remettre, comme un hommage, ou peut être pour la remercier de son soutien.

Ema et Charlotte étaient comme les deux doigts de la main, deux amies d'enfance qui vivaient une petite compétition gentillette à coup de "ma vie elle est mieux". Et puis, il y a eu un drame pour Ema, qui visiblement ne le vivait pas comme l'aurait conçu Charlotte. Gros clash.

Elles ne se sont pas parlé depuis longtemps, mais Ema pleure son amie perdue. Et n'arrive pas à comprendre comment une telle chose à pu arriver à Charlotte, c'est impossible.

Et puis Fred, le plus brillant de la famille qui a finalement tout laché pour finir secretaire. Et qui frequente, à 29 ans, une jeune etudiante, ce qui provoque des moqueries du groupe, et surtout de son frere, Antoine (une sombre historie de rivalité fraternelle)

On poursuit ainsi la vie des nos Morues, leurs questions, leur combat, toute la vie du groupe qui suit son chemin malgré tout, on assiste à la vie à notre époque, avec toutes ses failles, tous ces maux.

Alors, autant j'ai absolument kiffé le discours féministe des Morues, autant j'ai adoré le style d'écriture, les pages se tournent seules, on finit le livre sans s'en être rendu compte "mm quoi ? déjà ?", autant j'ai bien été prise dans l'histoire, parce que l'affaire Charlotte nous pose quand même quelques questions, autant il m'a manqué un petit quelque chose pour être vraiment enthousiaste... J'ai soupiré à plusieurs reprises, un peu ennuyée par le cours de l'histoire, ce qui se racontait. J'ai malgré tout vraiment apprécié ce roman que j'attendais de lire depuis bien longtemps déjà.

2 juillet 2013

Le joueur d'echecs (Stefan Zweig)

Résumé :
Qui est cet inconnu capable d'en remontrer au grand Czentovic, le champion mondial des échecs, véritable prodige aussi frustre qu'antipathique ? Peut-on croire, comme il l'affirme, qu'il n'a pas joué depuis plus de 20 ans ? Voilà un mystère que les passagers oisifs de ce paquebot de luxe aimeraient bien percer.
Le narrateur y parviendra. Les circonstance dans lesquelles l'inconnu a acquis cette science sont terribles. Elles nous reportent aux expérimentations nazies sur les effets de l'isolement absolu, lorsque, aux frontières de la folie, entre deux interrogatoires, le cerveau humain parvient à déployer ses facultés les plus étranges.
Un fable inquiétante, fantastique, qui, comme le dit le personnage avec une ironie douloureuse, "pourrait servir d'illustration à la charmante époque où nous vivons".

Mon avis :
Voici un roman très court mais également très fort.
En si peu de pages, Stefan Zweig nous montre toute la folie d'un homme, la violence nazie.
J'ai grandi avec un père fan d'échecs sans jamais y comprendre quoi que ce soit, sans même m'y intéresser. Alors cette histoire a une saveur particulière.

Nous nous retrouvons sur un paquebot. L'ambiance n'est pas franchement folichonne. Il y a juste un bruit qui court : Czentovic, LE champion d'échecs, est parmi nous.
Le narrateur fait la connaissance d'un certain McConnor, qui lui parle un peu du champion.
Doué aux échecs, mais en dehors de ça, il est limite un peu con. Renfermé sur lui même, il ne se mélange pas à la masse, n'approche personne, ne parle pas ou très peu. Et en dehors des échecs, il ne connait pas grand chose de la vie, il a une culture très très limitée.
Le narrateur se retrouve soudainement fasciné par Czentovic, il veut à tout prix le rencontrer, voir comment il est, comment il joue.
Avec McConnor, il décide d'organiser un concours d'échecs, la meilleure façon d'approcher un champion.
McConnor jouera contre lui, entouré des passagers du paquebot.

La partie est presque perdue quand soudain, dans le silence le plus total, un homme s'approche et suggère un coup à McConnor. Qui gagne.
L'homme mystère se confond en excuses auprès de notre narrateur. Je suis désolé, je n'aurais pas du, je ne joue plus depuis 20 ans, etc etc.

De là, cet homme, un certain monsieur B, raconte son histoire à notre narrateur.
Comment il a été fait prisonnier puis isolé. Un jour, lors d'un énième interrogatoire, il trouve un livre. Ce sera sa seule distraction, enfermé dans sa cellule vide. Le livre regorge de parties d'échecs célèbres. Peu intéressé, il finira par rejouer ces parties. Sans échiquier. Tout dans la tete.
Il ne vivra que pour et par les échecs, jusqu'à sombrer dans la folie puis finir par être libéré. Dès lors, plus jamais il ne jouera. Jusqu'à ce jour.

Ce jour où Czentovic et lui prévoient une partie. Une unique partie, juste pour voir comment ça fait de jouer face à un autre homme sur un vrai échiquier et de vraies pièces.

Ce roman est simplement surpuissant. Quand on enferme un homme, il finira forcement par devenir dingue dès l'instant où il n'aura qu'une source de distraction. Comment s'en sortir et ne plus sombrer. Que ce passe-t-il si on joue avec le feu ?
Dinguissime



30 juin 2013

[Juin] Bilan du mois

Le voici, le voilà, le petit bilan de Juin !

Alors ce mois ci, je n'ai pas lu autant que je le voulais/devais. J'ai lu 8 livres (1585 pages).
Ils etaient tous à peu pres faciles et rapides à lire, mais Juin a été pour moi le mois du demenagement.
Du coup, j'avais d'autres priorités que d'ouvrir un livre durant mon temps libre. A mon grand regret (ou pas !)

Parmi ces lectures, il y a eu 2 magnifiques histoires. La petite cloches au son grele (lisez le !) et La liste de mes envies (lisez le !). Le 1er je ne l'aurais jamais lu de moi meme et le 2eme etait dans ma wish list et j'ai passé deux moments incroyables. Le departage a été chaud bouillant mais j'ai voté pour le 1er. (Mais si j'avais eu le droit, j'aurais voté pour les deux hein !). D'ailleurs j'ai reçu les derniers livres en compet et ça fait tout drole, mais j'en parlerai un peu mieux en temps voulu.
J'ai eu aussi mon petit moment chick lit avec Laura Quick. J'en garde un petit bon souvenir meme si maintenant c'est devenu un peu flou.
J'ai egalement lu le plus gros bide de toute ma vie, pardon Guillaume Musso, mais entre nous, ça va pas etre possible.
Et puis, j'ai eu l'immense chance d'avoir gagné Mais délivrez-nous du mal pour Masse Critique. J'ai decouvert l'auteur et j'ai plutot bien accroché au style.

Globalement je suis plutot contente de moi, mais c'est vrai que j'ai laissé un peu la lecture de coté donc en fait c'est pas si important que ça, j'aurais lu plus de bides, c'etait pas grave....



au niveau des challenges :

46/52

1582 pages lues

1 point

56 livres lus

46 livres lus

7/10 livres lus

4/5

15 livres lus

6/12 livres lus

7 livres lus

1 livre lu