8 mai 2014

Fight Club (Chuck Palahniuk)

Résumé :
Laisse moi te parler de Tyler. Tyler dit : les choses que tu possèdes finissent toujours par te posséder.
C'est seulement après avoir tout perdu que tu es libre de faire ce dont tu as envie. Le fight club t'offre cette liberté.
Première règle du fight club : Tu ne parles pas du fight club.
Deuxième règle du fight club : Tu ne parles pas du fight club.
Tyler dit que chercher à s'améliorer, c'est rien que de la branlette. Tyler dit que l'autodestruction est sans doute la réponse.

Mon avis :
Difficile de donner un avis sur un livre alors qu'on en a vu le film à peu près 12 000 fois...
Lire le roman après avoir vu le film n'a strictement aucun intérêt. Ça gâche totalement la lecture, la découverte, le secret...
Le narrateur est un pur produit de la société. Il a tout. Comme beaucoup de gens, il a une vie foirée mais tant pis, il a un appart qui a de la gueule, c'est le principal.
Insomniaque, au bord du désespoir, il finit par traîner dans des groupes de soutien. Pour rencontrer des gens, pour voir qu'il y a plus malheureux que lui, pas parce qu'il a une quelconque maladie.

Il finit par créer le Fight Club avec Tyler Durden, qu'il vient de rencontrer.
Tyler est son parfait opposé. Apparemment bien plus beau que lui (sauf dans le film), plus heureux, plus libre, anti-société de consommation, il reste lucide sur la vie et le monde, très cynique.

Bientôt, le Fight Club ne sera qu'un groupe de losers, de mecs paumés, qui ne viendront que pour se défouler, évacuer leur haine et leur violence ici et nulle part ailleurs...

Mais ça, tout le monde le sait. Tout le monde n'a peut être pas lu ce roman mais tout le monde a vu le film (si ce n'est pas le cas, je ne vous veux plus ici, vous ne méritez même pas que je vous accepte HA HA HA).
Ce roman, qui a évidemment quelques différences avec le film, est passionnant. Il se lit vite parce qu'il est très fin, mais également parce qu'on est réellement plongé dans l'histoire. (Difficile de ne pas visualiser le film en même temps, c'est tout de même assez perturbant) (Surtout quand on déteste Brad Pitt).
L'écriture de Chuck Palahniuk est assez spéciale, j'ai eu du mal à m'accrocher au début mais j'ai voulu persister puisque, connaissant l'histoire, je savais que la suite valait la peine.
Je me demande juste pourquoi Folio l'a classé en SF m'enfin ça, hein...

Ça fait 10 ans que mon mec me harcèle pour que je le lise. C'est désormais chose faite, et je ne regrette vraiment pas !



4 mai 2014

Stupeur et tremblements (Amélie Nothomb)

Résumé :
Monsieur Haneda était le supérieur de monsieur Omochi, qui était le supérieur de monsieur Saito, qui était le supérieur de mademoiselle Mori, qui était ma supérieure. Et moi, je n’étais la supérieure de personne. On pourrait dire les choses autrement. J’étais aux ordres de mademoiselle Mori, qui était aux ordres de monsieur Saito, et ainsi de suite, avec cette précision que les ordres pouvaient, en aval, sauter les échelons hiérarchiques. Donc, dans la compagnie Yumimoto, j’étais aux ordres de tout le monde.

Mon avis :
Amélie a 22 ans et vient d'être embauchée dans une des compagnies les plus puissantes de l'univers. Au Japon.
Elle est immédiatement fascinée par sa supérieure, Fubuki Mori. Cette femme est jeune et incroyablement belle.
Amélie occupe donc un poste un peu ingrat. Du moins, c'est ce qu'elle pense au début, quand Omochi lui demande de photocopier des milliers de pages, puis recommencer, encore et encore.
Mais peut être était-ce finalement un travail plutôt tranquille...
Après un premier sermonage en bonne et due forme, Amélie se veut plus discrète. Elle met sa mémoire à profit et prend ainsi l'initiative de distribuer le courrier. Elle connaît tous les noms, c'est un jeu d'enfant pour elle.
Deuxième savon d'Omochi. Rétrogradation.
Et c'est ainsi pendant plusieurs mois. Jusqu'à être reléguée au poste de dame-pipi de l’étage.
Loin de frôler la dépression, Amélie s'amuse de sa situation alors que Fubuki s'en arrache presque les cheveux...

C'était absolument divin de lire les aventures de cette jeune occidentale jouer avec les nerfs de cette femme stricte au possible.
Amélie aurait largement le droit de péter un plomb, elle est réellement maltraitée, dégradée par ses supérieur-e-s. Mais non, elle s'en accommode, elle sauve son honneur comme tous les autres japonais qui se tuent au travail sans rien dire et en acceptant tout.. Et ça nous donne quelques situations bien rigolotes...
On peut se dire que cette jeune femme a des nerfs d'acier, pour résister à tout ce qu'elle endure.
Et puis finalement, avec un peu d'imagination et une repartie bien maîtrisée, c'est plutôt facile.

Ce livre dépeint avec talent l'enfer japonais, l'acharnement au travail, l'honneur quoi qu'il en coûte, la sévérité.
Je n'avais lu qu'un Nothomb, il y a bientôt 4 ans, et je n'en garde qu'un vague souvenir. Juste l'écriture qui m'avait un peu rebutée.
Là, c'est différent. Encore un court roman, mais l'écriture est belle, juste, parfaite, on se laisse porter par les mots et les aventures d'Amélie.
Tour à tour indignant et rigolo, ce roman est finalement un moment de détente très agréable.

Ma note : ♥ ♥ ♥

♦

L'avis de Sybelline

Un vrai jeu d'enfant (François-Xavier Dillard)

Résumé :
Une étudiante fauchée accepte un job facile et bien payé : convoyer incognito la nouvelle collection d'un bijoutier de la place Vendôme. Personne ne pourra deviner qu'elle transporte des millions dans son sac à dos.
Ce sera un jeu d'enfant.

Un ex-taulard accepte un dernier coup avant de se ranger : intercepter une gamine dont le sac à dos est rempli de diamants. Une affaire sans risque et sans violence.
Un vrai jeu d'enfant.

Un flic en mal de reconnaissance se voit confier un dossier en or : un indic a parlé d'un sale coup qui se prépare place Vendôme.
Intervenir sera pour lui un jeu d'enfant.

Trois destins vont se croiser place Vendôme. Trois vies, sur le point de basculer...

Mon avis :
Ha ha ha, comme je me suis faite avoir !
En entamant ma lecture, je suis partie sereine, à coup de "bon, de toute façon, c'est un premier roman, le brouillon avant le chef d’œuvre. il peut pas être aussi bien que Fais-le pour maman".
OU PAS !
Très différent de Fais-le pour maman, Un vrai jeu d'enfant n'en demeure pas moins un thriller absolument fantastique.

On suit l'affaire tour à tour dans la tête d'Emma, cette jeune étudiante en galère, François l'ex taulard et Marc, le flic.
Emma est jeune femme un peu banale. Pas la première qu'on remarque dans la foule. Elle accepte ce boulot parce qu'elle trouve très excitante l'idée de se trimballer avec une poignée de diamants dans les poches, tranquille, dans la cohue parisienne. Et puis, elle sera bien payée.
Elle est du genre grande gueule, pleine de cynisme. Elle fonce tête baissée, elle agit sans réfléchir, et elle finit par regretter. Un vrai caractère de bélier.

François, lui, a un parcours plutôt atypique. Héritier d'une petite fortune, il n'a pas eu le temps de remarquer qu'il a tout fait flamber. Puis la descente.
Il vient de sortir de prison et veut se ranger, vivre peinard et discrètement, une vie tranquille.

Marc est du genre bon flic un peu bas de gamme. Rien d'exceptionnel durant sa carrière.
Son commissaire lui parle de l'affaire, le reste, il gère comme il veut.
Vu l'ampleur du truc, Marc veut du discret.
Il n'embarque donc avec lui qu'une équipe très réduite... Le plan est nickel.
Ils laissent faire François et sa petite bande, ils ne bougeront qu'une fois tout ce petit monde dans la bagnole, prêt à décoller...

Mais si tout se passait bien, on serait chez les bisounours et ce roman ne ferait qu'une centaine de pages.
Je crois que c'est Emma, qui a tout fait foirer, avec sa grande gueule.
Ho, rien de grave, juste un tout petit incident de rien du tout... Mais quand des petites frappes se mettent à paniquer, ça dégénère bien trop vite...

Autant l'histoire met du temps à démarrer, parce qu'on doit faire la connaissance de ces personnages, connaître leur vie, leur passé, leurs motivations, autant une fois que c'est parti, c'est VRAIMENT parti.
Tout s'accélère soudainement, tout va très vite, tout s'enchaîne. Et surtout : tout part en vrille complet !
Panique, pétages de plombs, coups de feu, on a droit à tout, en très peu de temps.
Quand Emma raconte l'histoire, on panique avec elle, on en a des frissons, presque. En même temps, elle est jeune et n'a aucune expérience dans ce domaine...
On se dit que la fine équipe de voleurs de bijoux vaut vraiment pas grand chose. Faut dire, embarquer un gamin des cités complètement hystérique, c'est pas l'idée du siècle, non plus...

François-Xavier Dillard offre ici un premier roman explosif, fabuleux, terriblement bien mené et rythmé et nous sert une fin magnifique (je suis trop sensiiiiiiiiiiiiiible).
Il n'est pas moins bon que Fais-le pour maman. Il est juste différent.
Celui là aussi, il faut le lire, vraiment.


2 mai 2014

Un coeur trop lourd (Ann Rule)

Résumé :
Ann Rule n'a pas oublié qu'elle était flic, et la rigueur de ses investigations lui a valu un triomphe international. L'histoire qu'elle rapporte ici lui a pourtant donné du fil à retordre : elle débute comme un conte de fées, par un mariage
sur une plage hawaiienne, pour virer au cauchemar dans un camping de l'Oregon. Une meurtrière dépeinte comme une figure angélique, un mort qui passe pour un monstre... Entre les partisans de l'une et de l'autre, Ann Rule tente de démêler l'écheveau de mensonges, d'ambitions et de trahisons qui a conduit à cette tragédie insensée.

Mon avis :
Liysa DeWitt est une femme d'ambition.
Elle est jeune, belle et intelligente. Elle est également bourrée de talents.
Les hommes sont à ses pieds et les femmes la trouvent merveilleuse.
Elle se mariera 2 fois avant de rencontrer Chris Northon.
Lui est pilote de ligne. Elle, déjà maman, vit de ses passions.
Chris, comme tous les autres, a eu le coup de foudre pour Liysa. Ils vivent leur vie de couple peinards, lui est en coloc avec deux collègues et n'a pas spécialement envie de se marier. Du moins, pas maintenant.
Liysa, elle, semble un peu plus pressée, alors que son deuxième divorce n'est même pas encore prononcé !
Chris, amoureux qu'il est, finit par céder.
C'est là, que l'enfer va commencer pour lui.
Mensonges, colères, violence, manipulation.
Drame.
Après des années de mariage bancal, Liysa propose avec tout le bonheur du monde, de camper en amoureux, pour se retrouver.
Elle déposera son fils aîné chez une amie avant de rejoindre Chris au camping, avec leur bébé.

Le lendemain, le cadavre de Chris gît dans son sac de couchage, le crane traversé par une balle.
Tout le monde est convaincu de l'innocence de Liysa. Après tout, elle disait qu'elle était une femme battue par un mari alcoolique et drogué. Elle ne se gênait pas pour montrer à ses amies les marques de ces coups.
La police et les médecins sont tout de même très perplexes. Elle n'a ni le profil ni le comportement de la femme battue et soumise.

Une affaire difficile dans laquelle il y a autant de partisans d'un coté et de l'autre. Autant de personnes sont convaincues de la monstruosité de Chris comme de sa sagesse...
Difficile de dépêtrer le vrai du faux lorsqu'il n'y a que très peu de preuves, que l'accusée s'emmêle les pinceaux tout en étant persuadée de ce qu'elle raconte, jusqu'à en devenir très convaincante.
Il arrive de temps à autre au fil de l'histoire que l'on se retrouve avec des doutes. Avec ce que certains témoins affirment, on peut en arriver à se dire que oui, effectivement, peut être que...
Mais rien, absolument rien, ne concorde... L'autopsie raconte le contraire de Liysa, les médecins qui l'ont examinée après une plainte pour violence conjugale, idem...
Et pourtant, elle a toujours des gens auprès d'elle pour être convaincus par ses discours...

Une histoire loin d'être gore, une femme avec de sérieux problèmes de personnalité et de mythomanie, une vie de rêve brisée. Pour quoi ? Par appât du gain.  Pour rien.

Avec ce court roman, Ann Rule nous relate pourtant en détails cette histoire complètement hallucinante.
J'ai beau regarder Les enquêtes impossibles tous les jours, les meurtriers arrivent encore à m'épater. Par leur bêtise, leurs erreurs, leur soif de violence pour pas grand chose. Et finalement, ils se font choper (tellement ils sont pas malins) et ont eux aussi tout perdu.

Lisez ce roman si vous avez envie de tuer votre mari. Avec Liysa, vous saurez exactement ce qu'il ne faut pas faire.
Lisez le également si vous n'avez pas l'âme d'une tueuse hein. (Jvoudrais pas être accusée de complicité ou un truc du genre, non plus)