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29 mai 2014

Le sumo qui ne pouvait pas grossir (Eric-Emmanuel Schmitt)

Résumé :
Sauvage, révolté, Jun promène ses quinze ans dans les rues de Tokyo, loin d'une famille dont il refuse de parler. La rencontre avec un maître du sumo, qui décèle un "gros" en lui malgré son physique efflanqué, va l'entraîner dans la pratique du plus mystérieux des arts martiaux.

Mon avis :
J'ai commencé par ne mettre que le début du résumé, le reste en dit beaucoup trop.
Et déjà que le bouquin n'est pas super épais (75 pages), on va ptet pas insister, hein.

Bref... Jun est un ado qui est parti du jour au lendemain de chez lui, laissant seule sa mère analphabète qui essaie malgré tout de garder un contact qu'il refuse.
Il survit en vendant des babioles sur les trottoirs.
Pendant plusieurs jours, un vieillard l'aborde et dit voir un gros en lui. 1m70 60 kg tout mouillé, le gosse.
Ce vieillard, maître sumo (oui, étrange. un peu comme un vieillard qui voudrait enseigner le karaté à un gamin maltraité par les stars du lycée -cherchez pas, vous êtes trop jeunes) va le pousser, insister, pour qu'il vienne au moins une fois assister à des combats.
Très réfractaire, Jun ne supporte rien, ni les hommes, ni la vie, ni le contact.
Mais quand on a tout perdu, on risque quoi à tenter la nouveauté ?

L'illumination. A la fin des combats, nous avons un ado totalement fasciné par le sumo.
Il a enfin trouvé un but à sa vie.
Shomintsu, le vieillard, deviendra son maître, son modèle, son guide.
Jun sera un acharné, découvrant sa force, sa motivation, sa passion.

Qui est Shomintsu ?
Comment être sumo quand on peine à grossir ?
Que peut nous révéler un art martial aussi étrange que le sumo ?
Jun va se découvrir et sa vie en sera changée à jamais.

J'ai retrouvé mon EE Schmitt que j'ai tant aimé, malgré une histoire terriblement courte je me suis attachée à Jun et à sa vie.
L'écriture est toujours aussi sublime et le message-pas-si-caché peut sembler niais mais finalement, pourquoi pas ?

• L'avis de Sybelline

25 mai 2012

Monsieur Ibrahim et les fleurs du Coran (Eric-Emmanuel Schmitt)


Résumé :
Paris, années soixante. Momo, un petit garçon juif de douze ans, devient l'ami du vieil épicier arabe de la rue Bleue. Mais les apparences sont trompeuses : Monsieur Ibrahim, l'épicier, n'est pas arabe, la rue Bleue n'est pas bleue et l'enfant n'est peut-être pas juif…

Mon avis :
J'en ai marre.
Marre de systématiquement pleurer en refermant un livre d'EE Schmitt.
Je me fais toujours avoir. "Ho tiens, elle a l'air bien cette histoire, il est beau le résumé"
Bah tiens !

Monsieur Ibrahim est un homme bon, plein de savoir, plein d'amour à donner.
Momo (qui s'appelle Moïse) est un petit gamin d'une dizaine d'année qui n'a plus grand chose, à part peut être un père un peu trop dur (ou aigri ?). Sa mère est partie comme ça, un jour, alors qu'il n'était qu'un nourrisson.
Momo il aime bien Monsieur Ibrahim alors un jour, après une épreuve difficile, ils se rapprochent.
Monsieur Ibrahim prend ce gosse sous son aile, lui apprend la vie.
S'en suit un voyage, le voyage de la vie, une leçon pour ce vieillard et ce petit gamin.

Rho et mon dieu comme c'est beau ♥
J'ai aimé j'ai aimé j'ai aimé...
C'est tellement plein d'amour, c'est merveilleux ♥

Et puis, j'aime comme Momo raconte son passé (oui maintenant il est un peu plus vieux), c'était mignon, attendrissant, plein d'amour et de plein de trucs

Monsieur Schmitt, vous m'avez manqué et ça m'a vraiment fait très très très plaisir de vous retrouver ♥

Par contre, ce livre est hyper court :/


18 juin 2011

Ulysse from Bagdad (Eric-Emmanuel Schmitt)


Résumé :
Saad veut quitter Bagdad, son chaos, pour gagner l'Europe, la liberté, un avenir. Mais comment franchir les frontières sans un dinar en poche ? Comment, tel Ulysse, affronter les tempêtes, survivre aux naufrages, échapper aux trafiquants d'opium, ignorer le chant des sirènes devenues rockeuses, se soustraire à la cruauté d'un geôlier cyclopéen ou s'arracher aux enchantements amoureux d'une Calypso sicilienne ?

Mon avis :
La guerre, la pauvreté, la misère, la mort, la peur.
Tout ce que les gens seraient capables de faire pour sortir de tout ça, s'éloigner, oublier cette vie, ce pays et son bourreau.. L'espoir, les illusions
Saad n'a plus rien, il a perdu son père et l'amour de sa vie à cause de la guerre, s'il veut partir, c'est pour sa mère et ses soeurs, pour l'argent qui les aidera à se sortir de là...
Comme d'hab, je suis fan de Schmitt
J'ai été super attendrie par Saad, la relation avec sa mère (je veux la même !), avec son père, sa force, son courage...

Puis je m'emparai de la dérisoire étoffe en lui déclarant :
- Je ne la perdrai jamais. Lorsque je m'installerai en Angleterre, je l'encadrerai, cette couverture, je la placerai sous verre autour d'un bois travaillé à la feuille d'or, je l'exposerai au milieu de mon salon, au dessus de la cheminée. Chaque année, le 1er janvier, je la désignerai à mes enfants et jeu leur expliquerai : "Regardez ce tissu, c'est la couverture de votre grand-mère. En apparence, on dirait une vieille carpette très moche ; en réalité, c'est un tapis volant. Sur elle, j'ai traversé les continents pour m'établir ici, vous donner une belle vie, avec une excellente éducation, dans un pays prospère et en paix. Sans elle, vous ne seriez pas là, tous, heureux, autour de moi."

- Extraordinaire, fils, extraordinaire, cette capacité du corps humain à se débarrasser de ce qui l'encombre. On regrette que ces deux-là ne puissent pas chier par les oreilles ; au moins, ils se purgeraient de leurs idées pourries.

4 juin 2011

L'enfant de Noé (Eric-Emmanuel Schmitt)


Résumé :
« – Nous allons conclure un marché, veux-tu ? Toi, Joseph, tu feras semblant d’être chrétien, et moi je ferai semblant d’être juif. Ce sera notre secret, le plus grand des secrets. Toi et moi pourrions mourir de trahir ce secret. Juré ?
– Juré. »
1942. Joseph a sept ans. Séparé de sa famille, il est recueilli par le père Pons, un homme simple et juste, qui ne se contente pas de sauver des vies.
Mais que tente-t-il de préserver, tel Noé, dans ce monde menacé par un déluge de violence ?
Un court et bouleversant roman dans la lignée de Monsieur Ibrahim… et d’Oscar et la dame rose qui ont fait d’Eric-Emmanuel Schmitt l’un des romanciers français les plus lus dans le monde.

Mon avis :
Ce bouquin réunit deux de mes passions : La seconde guerre mondiale, et Eric-Emmanuel Schmitt.
EE Schmitt, cet auteur que j'ai découvert il y a un an et que je vénère.
Et que je n'avais pas lu depuis l'été dernier !!!
EE Schmitt a le don de me bouleverser.
Chaque fois que je ferme un livre, je pleure, je souris, je réfléchis.
Là, en le refermant, j'ai souris en pleurant, et j'ai caressé la couverture (c'était "la minute niaise de Mylou").
L'histoire de Joseph est belle, triste.
La guerre vécue par un gamin, un tout petit gamin.
Cette histoire nous transporte, réellement.
J'ai adoré.
Le Joseph "d'après guerre" est merveilleux.
Et la fin. Putain mais quelle FIN ! Juste la dernière phrase, la toute dernière. Des larmes. C'était beau.
Plus je le lis, plus je suis fan de Schmitt.

Ne me demandez pas à quoi ressemble ma mère : peut-on décrire le soleil ? De maman venaient de la chaleur, de la force, de la joie. Je me souviens de ses effets plus que de ses traits. Auprès d'elle je riais, et jamais rien de grave ne pourrait m'arriver.

- Chrétienne, c'est le contraire de juif ?
- Le contraire de juif, c'est nazi.

- Je me demande si nous, les chrétiens, ne sommes pas seulement des juifs sentimentaux...

- Je préférerais mourir avec vous parce que c'est vous que je préfère. Je préférerais mourir avec vous parce que je ne veux pas vous pleurer et encore moins que vous me pleuriez. Je préférerais mourir avec vous parce que vous seriez alors la dernière personne que je verrais au monde. Je préférerais mourir avec vous parce que le ciel, sans vous, ça ne va pas me plaire, ça va même m'angoisser.

8 août 2010

La reveuse d'Ostende (Eric-Emmanuel Schmitt)


Résumé :
Pour guérir d'une rupture sentimentale, un homme se réfugie à Ostende.
Sa logeuse, une vieille dame solitaire et mystérieuse, Emma Van A, se confie peu à peu à lui et, un soir, finit par lui avouer son grand secret : une étrange et incroyable passion amoureuse. Fiction ou réalité ? Cinq histoires - " La rêveuse d'Ostende ", " Crime parfait ", " La guérison ", " Les mauvaises lectures ", " La femme au bouquet " - où Eric-Emmanuel Schmitt montre le pouvoir de l'imagination dans nos existences.

Mon avis :
La rêveuse d'Ostende.
Quelle histoire ! Quelle merveilleuse histoire !!
J'ai été hyper attendrie par Emma. Quelle petite vieille géniale !
On devrait tous avoir une mémé comme elle.
J'ai aussi eu une tendresse particulière pour Emma et le narrateur. Leurs rapports, le comportement de l'un avec l'autre.
Et puis, l'histoire d'Emma, sa vie, quelle merveilleux conte.
Dès le début de son récit, on se demande si tout cela est bien vrai, ou si elle déraille pas un peu.
Où est le vrai, le faux ?
Ho est la fin ! ♥

Un crime parfait.
Cette histoire est terrible.
Une femme amoureuse, qui finit par douter, que serait-elle prête à croire ?
Tout.
Gabrielle s'est embarquée dans une histoire pas possible, simplement en écoutant l'avis d'une amie qu'on sent assez blasée.
J'ai eu une peine immense pour Gabrielle.
Et si ? Et si elle avait su plus tôt ?
Et je ne parle même pas de la fin.

Foutaises ! Faut t'extérioriser, cocotte, sinon tu vas faire un cancer. Les femmes qui se taisent font des cancers. Moi, je n'aurai pas de cancer parce que je gueule et je râle toute la journée. Tant pis si j'emmerde : je préfère que ce soient les autres qui souffrent plutôt que moi.

La guérison.
Pauvre conne tiens !
Qu'elle est con la Stephanie !
Bien fait tiens, na !
Bon, blague à part, je trouve tout ça simplement dommage.
Enfin, la relation Stephanie/malade est très belle évidemment.
Mais en s'investissant à fond dans une histoire sans avenir, elle passe à coté d'une autre qui aurait toutes les chances de marcher.
Et puis à la fin ? Mais il se passe quoi après rho !!!
Comme la précédente, cette histoire est triste et dommage.
Et on veut la suite, merde !

Une fille de rêve, ce n'est pas celle que la fille rêve d'être, mais celle que le garçon voit.

Les mauvaises lectures.
J'ai adoré cette espèce d'amour entre les cousins.
Du début à la fin on est à fond, complètement dans l'intrigue.
On ne sait rien, alors on suite Maurice et son super instinct.
Il a FORCEMENT raison.
Jusqu'à la fin.
On est totalement surpris, triste aussi un peu.
Et puis, finalement, on crie un "mais non pauvre débile profond !!!"
Là aussi, s'il avait su ? Si sa cousine lui avait parlé plus tôt ?
Mais c'est ballot pour Maurice, HA HA !

La femme au bouquet.
Cette femme m'a immédiatement fait penser à quelqu'un d'autre : Mamie trompe-la-mort, dans Donnie Darko.
Pas de bouquet, pas de quai, mais la même attente, quotidienne, durant une vie entière.
Très touchante comme histoire, très mignonne.
La fin est totalement prévisible mais soit, ça reste une très belle histoire.


Schmitt. Ça faisait longtemps.
En conclusion, je dirais que le livre est fidèle aux attente que nous offre son résumé : L'Imagination.
Tout ce qu'on peu vivre ou rater en s'imaginant un chemin plutôt qu'un autre, en ne voyant pas tous les détails, et qui change la vie.
Schmitt, fidèle à lui même. J'aime !

26 juillet 2010

La secte des égoïstes (Eric-Emmanuel Schmitt)


Résumé :
A la Bibliothèque nationale, un chercheur découvre la trace d'un inconnu, Gaspard Languenhaert, homme du XVIIIe siècle, qui soutint la philosophie " égoïste ". Selon lui, le monde extérieur n'a aucune réalité et la vie n'est qu'un songe. Intrigué, le chercheur part à la découverte d'éventuels documents. Mystérieusement, toutes les pistes tournent court. Conspiration ? Malédiction ? La logique devient folle, cette enquête l'emmène au fond de lui-même, emportant le lecteur avec lui dans des vertiges hallucinants.

Mon avis :
Ça me déchire le cœur d'avouer ça, mais ce roman m'a ennuyée.
Attention, j'ai pas dit qu'il était nul ni que je m'étais royalement emmerdée de la 1ere à la dernière page !!
L'histoire est fantastique !! Moi j'ai eu envie de googliser Languenhaert, c'est dire !
Le thème est génial : un mec, un peu foufou, très mégalo, se prend pour Dieu, créateur de la Terre et de tout.
Moi c'est plutôt les recherches du narrateur qui m'ont ennuyée.
Mais la vie de ce "philosophe-Dieu-égoïste" est vraiment géniale.
En lisant la folie de cet homme, je me suis quand même bien marrée.
Et la fin !!! La fin mérite qu'on s'ennuie pendant le reste de l'histoire, vraiment.
La folie des hommes...
Qui était donc ce satané petit vieux ?
Qui était réellement Gaspard Languenhaert ?
Et si Dieu, c'etait moi ? Si le chant des cigales à ma fenêtre ne venait que de moi ?
On ferme le livre l'esprit rempli de questions sans réponses

Enfin, on parle là d'Eric-Emmanuel Schmitt, mon nouvel amour.
Alors je dirais que j'ai été déçue sans l'avoir été.
Disons que comparé à Lorsque j'étais une œuvre d'art, oui, c'etait moins bien.
Mais pas nul.

4 juillet 2010

Lorsque j'étais une oeuvre d'art (Eric-Emmanuel Schmitt)


Résumé :
Parce qu’il se sent médiocre et inexistant, un jeune homme va se suicider quand un artiste mégalomane suspend son geste. Il lui propose d’acheter son âme et son corps pour en faire une sculpture vivante, sublime ou monstrueuse, et une marchandise planétaire. Le désespéré accepte le pacte et l’opération, se laisse déshumaniser, et exposer aux yeux des foules, sous le nom d’Adam-bis. Mais peut-il abdiquer entièrement son humanité ? Grâce à l’amour d’une jeune-femme, « l’œuvre d’art » tente alors de sortir de l’emprise de son créateur et de retrouver sa conscience perdue. Cette fable excentrique, inquiétante et comique nous entraîne dans un monde rongé par le narcissisme, le culte du simulacre et de l’apparence, le totalitarisme de l’image : le nôtre.

Mon avis :
Splendide.
Flippant aussi, un peu. L'individu qui devient la totale propriété d'un Artiste complétement fêlé/mégalo/etc, c'est quand même terrible !
Terrible de voir tout ce qu'on peut accepter de faire (et de ne pas faire, aussi !), en échange de la gloire et la reconnaissance...
Selon moi, une magnifique analyse de l'Homme, de notre nature, de notre personne, de ce que nous sommes réellement, de la soumission, et du revers de la célébrité
J'ai A DO RE !
J'ai été particulièrement émue par le personnage de Carlos Hannibal ♥

Avant de commencer ce livre, j'avais lu par ci par là les critiques d'autres lecteurs et tous étaient d'accord : ce livre est un excellent roman.
Je ne peux que les plussoyer. J'ai même envie de dire que le titre résume tout : ce roman est une œuvre-d'art. Très clairement l'un des meilleurs livres que j'ai lu cette année (voir de toute ma vie).
Je pense même que je vais pas attendre trop longtemps avant de le relire...
Par ce livre j'ai découvert Eric-Emmanuel Schmitt et déjà j'en suis fan, j'aime sa plume, sa façon d'écrire, d'amener les personnages et les évènements, son approche du sujet, sa façon de penser... Mon gros coup de cœur, quoi.

12 juin 2010

La part de l'autre (Eric-Emmanuel Schmitt)


Résumé :
" Que se serait-il passé si l'Ecole des beaux-arts de Vienne en avait décidé autrement ? Que serait-il arrivé si, cette minute-là, le jury avait accepté et non refusé Adolf Hitler, flatté puis épanoui ses ambitions d'artiste ? Cette minute-là aurait changé le cours d'une vie, celle du jeune, timide et passionné Adolf Hitler, mais elle aurait aussi changé le cours du monde... "

Mon avis :
En chacun de nous sommeille un monstre qui ne demande qu'à être réveillé.
Le monstre Hitler a bel et bien été sorti de son sommeil.
Il suffit d'un tout petit détail, de trois fois rien, pour faire déclic et changer toute une personne.
C'est ce qu'il s'est passé pour Adolf Hitler. Deux fois.
Ce roman est grandiose.
On a de la sympathie pour Adolf, cet artiste, ce grand peintre amoureux, bon, marié à une juive et ami d'un homo (dis donc, il cumule !)
On regrette que les beaux-arts l'aient recalé, on leur en veut !
Même sans Hitler il y aurait eu la guerre, mais dans de moindres proportions. Il n'y aurait eu que Mussolini et Staline (ce qui n'est déjà pas si mal). La guerre n'aurait pas duré si longtemps et les dégâts auraient été réduits.

La double vie Adolf H. / Hitler est un délice à lire.
Hitler était un monstre et pourtant ce roman se lit avec un plaisir énorme.
Et une réflexion intense : Quel monstre je ferais, moi ?