23 novembre 2013

Captif (Neil Cross)


Résumé :
Tumeur maligne : six mois. C'est le verdict des médecins. Avant de partir, Kenny voudrait se racheter des quelques lâchetés qu'il a laissées derrière lui. Sa liste est courte, quatre noms. Parmi eux, Callie, une amie d'enfance disparue depuis quelques années. Fugue ? Meurtre ? Et si seul son mari connaissait la réponse ? Bientôt le soupçon vire à l'obsession et la quête du salut se mue en une mécanique infernale.

Mon avis :
Kenny, quadra grisonnant, est atteint d'un cancer du cerveau.
Il va mourir prochainement et il est plutôt serein face à ça. De toute façon, il ne peut pas y faire grand chose et le verdict est plutôt clair.
Il a une vie plutôt simple, banale, sans trop de souci.
Il aimerait se confier à son ex femme, Mary, qui est aujourd'hui une merveilleuse amie. Tous deux sont restés très proches et s'apprécient sincèrement. Évidemment, plus facile à dire qu'à faire, il n'arrive pas à dire la vérité. Mary le connaît et forcement, elle commence à se faire du souci.
Tant pis, il lui dira quand il sera vraiment prêt.

En attendant, dans son coin, il dresse une liste de noms. Des personnes qu'il a plus ou moins déçues il y a longtemps. Il ne veut pas forcement se racheter, mais au moins s'excuser, même après tout ce temps.
On apprend que ce qu'il se reproche, c'est vraiment pas grand chose. C'est rien, même.
Dans cette liste figurent Mary donc. Puis un vieil épicier. Un gamin. Et Callie.
Bref, le plus intéressant c'est évidemment Callie.
Kenny ne trouve aucune trace d'elle... On ne sait pas ce qu'il a bien pu lui faire, mais visiblement c'est super important pour lui. Alors il demande de l'aide à une amie flic à la retraite.
Ils trouvent une piste. Un mari. Et c'est tout.
Kenny comprend vite qu'il y a un truc super louche là dedans parce que même si les flics n'ont rien trouvé sur le mari, il n'a pas l'air d'être super passionné par la disparition de sa femme. Son dernier message pour elle c'était plutôt du genre "c'est pas grave si elle revient pas, je veux juste savoir si elle va bien" ok d'accord, didonc t'as l'air de grave l'aimer ta meuf hein. Le site internet qui lui est dédié n'est même plus mis à jour depuis 1 an, les photos de Callie qui s'y trouvent sont pas au top du top.

Kenny se met donc à la recherche puis la poursuite de ce fameux Jonathan Reese.

Pour mémoire, j'ai lu Luther : l'alerte (préquel de la série d'à peu près du même nom) au début de l'année et ça a été un p*tain de coup de coeur du feu de dieu. Je n'avais qu'une envie : lire les autres romans de Neil Cross.
Captif est celui qui m'intéressait le plus, et je suis ravie d'avoir pu le lire maintenant.
Le résumé est plus qu'accrocheur, ce fameux Kenny est quelqu'un de bien, d'adorable et d'attachant. Moi je l'ai beaucoup aimé et j'ai eu pas mal de tristesse pour lui. Quand il va présenter ses excuse auprès du gamin (qui n'en est plus un aujourd'hui) j'ai trouvé ça super mignon, vraiment. Et sa relation avec son ex-femme et son nouveau mari (qui est son meilleur ami) est vraiment très touchante...
Bref, après m'avoir redonné foi en l'espèce humaine, Neil Cross fout tout en l'air, le con, ha ha ha. Une femme disparue sans laisser aucune trace, un couple pas hyper stable et un mari pas franchement sympatoche.
Tout fout le camp, quoi.

L'histoire a peiné à démarrer, il faut passer pas mal de pages pour qu'on en arrive enfin à Callie, et encore pas mal d'autres pour que ça commence à bien bouger. Et ça, c'est bien dommage, parce que du coup j'ai un peu perdu patience et donc galeré à avancer.
Et là, ça bouge vraiment ! Oubliés les regrets du passé, on ne s'occupe que du mari, le reste on s'en fout.
Ça devient palpitant, on suit Kenny dans son enquête, dans ses pulsions, ses pensées... Qui est ce Reese ? Qu'est devenue Callie ? Pourquoi ?
Tant de questions qui  nous tiennent en haleine jusqu'à la fin.

L'écriture de Neil Cross est toujours divine, détaillée, travaillée, c'est un véritable régal.


17 novembre 2013

[Livre Audio] Le Club des Incorrigibles Optimistes (Jean-Michel Guenassia - Stephane Ronchewski)

Résumé :
Michel Marini - douze ans en 1959, élève à Henri IV - a une passion, la littérature. Il ne s'en intéresse pas moins au rock 'n' roll. Et au baby-foot. Au café où il joue tous les jours se réunit un club d'échecs fréquenté par Tibor, Léonid, Sasha, et les autres, tous réfugiés de l'Est qui ont dû s'exiler pour survivre. Petit à petit Michel découvre la vie de ces hommes broyés par l'Histoire qui n'en continuent pas moins à croire, débattre, se fâcher puis en rire... A vivre, tout simplement...

Mon avis :
Comment vous dire... Je ne sais vraiment pas comment m'y prendre là.
Ce livre est un putain de coup de coeur ! Vraiment. Une merveille absolue. Un bijou.
Nous sommes plongés dans les années 60. La culture, l'ambiance de cette époque, l'enfance qui n'est pas la même qu'aujourd'hui, ni plus la même qu'hier. Les drames, les plaisirs simples.
La guerre.
L'histoire nous est racontée par Michel. Il nous présente sa vie, ses amis, ses rencontres. Cet ado se passionne pour tout, il est curieux de tout et de tout le monde. Entre le babyfoot avec son ami Nicolas, le rock et son frère, la littérature, la photographie... Ce gamin est un véritable touche à tout.
Le babyfoot, ça, c'est sa grande passion. Il est très très fort. Avec Nicolas, ils battent tout le monde, même les plus âgés/forts qu'eux...
A force de traîner dans son bistrot préféré, il découvre cet étrange club. Que des immigrés. Qui parlent en français de tout, mais pas du passé, de la guerre, de leur vie d'avant, de l'horreur vécue.

Ce long roman sur l'adolescence, l'amitié, la guerre, la vie est absolument passionnant. Ça peut paraître assez démoralisant tous ces thèmes abordés, surtout pour un adolescent en plein conflit familial, mais l'histoire est belle, magnifique.

Il faut souligner aussi que non seulement l'histoire est magnifique, et merveilleusement bien écrite, mais en plus, ce roman est incroyablement élaboré. On sent dans le style toute la recherche, le travail de l'auteur. Tout ça rajoute de la puissance, de la force.

Comme vous l'avez compris (non ?), moi, j'ai la version audio du roman. Je l'ai donc écouté, savouré, adoré, pleuré pendant plus de 21 heures (750 pages et des brouettes). Un pur délice. Toute la beauté du roman réside dans la voix du conteur, Stéphane Ronchewski. Il a su retranscrire parfaitement toutes les émotions de l’écriture, j'en ai même pleuré plusieurs fois
Oui, au milieu de tous ces dialogues, il est le seul à lire, ce qui fait qu'on peut être un peu largué par moment, mais finalement on s'y fait facilement. L'histoire est incroyablement bien lue, bien racontée. La voix de Stephane Ronchewski m'a bercée tout au long. (How do you do, Callaghan ?)
Par contre, c'est sûrement une habitude à prendre évidemment, mais comme je n'avais pas de livre entre mes mains, pendant l'écoute je faisais toujours autre chose (c'est un peu le but des livres audios, on est d'accord), du coup, par moments, j'étais assez déconcentrée et donc un peu larguée. Mais on reprend vite le fil de l'histoire (et puis on peut revenir en arrière, aussi), donc c'est pas trop grave. Cependant, je ne sais pas si je renouvellerai un jour l'expérience. Il faut que je trouve un livre qui m'intéresse lu par une voix que j'aime, donc ça limite pas mal... Enfin, on verra...

Merci énormément à Jean-Michel Guenassia pour ce petit bijou et à Stéphane Ronchewski pour sa voix merveilleuse ♥



13 novembre 2013

L'ange du mal (Gilles Caillot)

Résumé :
Lyon, 2006 :
Des meurtres atroces sont perpétrés dans la capitale rhodanienne. La police est sur les dents. L'enquête est confiée à Massimo Zanetti, capitaine de police à la criminelle.
Aidé de Julie Martin, responsable de l'IML dont il est toujours amoureux et de toute son équipe d'investigation, il va mener la chasse et nous conduire dans un des lieux les plus mystérieux de la cité lyonnaise : les catacombes.

Mon avis :
L'histoire commence en 2005, dans le Nebraska. Un homme, Garry Holts, est dans le couloir de la mort. Il sera exécuté aujourd'hui. Il a commis des meurtres abominables. Plus que ça, même.. D'une violence inouïe, des sévices sexuels d'une horreur innommable... Vraiment, dès les premières pages on a droit à des scènes hyper glauques très détaillées et ça fout un peu la gerbe... Il faut vraiment avoir le cœur bien accroché parce que bon, c'est sacrement beurk...
Bref, le mec est électrocuté et nous voilà un an après, à Lyon.
Une femme est retrouvée morte, elle est dans le même état que les victimes de Holts.
Le cadavre soulève le cœur des policiers. Même du médecin légiste, qui a pourtant l'habitude...

Bref, nous voici plongés dans un roman hautement noir, horrible, gore, des crimes inhumains, des monstres humains.
On suit l'enquête plutôt difficile de toute cette équipe, composée des meilleurs. Il faut au moins ça pour traquer un criminel pareil.

Un roman abominable, grandiose, mené de main de maître par ce grand malade qu'est Gilles Caillot.
J'ai les tripes retournées et j'ai rarement vécue une lecture aussi énorme et intense.
Les chapitres sont courts, les pages se tournent seule et vite, on est réellement happé par cette histoire où tout s'enchaîne.



9 novembre 2013

L'enfant de tous les silences (Kim Edwards)

Résumé :
"Notre petite fille est morte à la naissance." Ces mots terribles que prononce le docteur David Henry à sa femme Norah par une nuit de tempête de neige effroyable, scellent à jamais leur destin.
A cause du temps, David doit accoucher lui-même sa femme. Il y aura d'abord un garçon, en parfaite santé, puis une fille, visiblement atteinte du syndrome de Down. En un instant, David, pensant agir pour le bien de tous, prend une décision tragique. Il confie la petite fille à Caroline, son infirmière, qui doit la mener dans une institution spécialisée, et annonce à Norah que le bébé est mort.
Mais Caroline choisit de sauver la petite et de l'élever comme son propre enfant...

Mon avis :
Il faut savoir que l'histoire se passe en 1964.
Une nuit de mars, le couple Henry est tranquille à la maison. Norah est bien enceinte mais l'accouchement n'est pas pour de suite. Évidemment, ils ignorent qu'ils s'apprêtent à accueillir des jumeaux, et que donc comme souvent, les jumeaux arrivent plus tôt. Ils ignorent également le sexe.
Si c'est un garçon, il s'appellera Paul. Si c'est une fille, ce sera Phoebe.
Ce soir là, une tempête s'annonce.
Évidemment, c'est ce soir là que le travail commence. Panique totale. Imprévu, route bloquée, obstétricien absent. David réussi à avoir son infirmière. Norah accouche dans le cabinet de son mari. Pas de péri, mais le masque à gaz, celui qui te fout dans les vapes.
La naissance de Phoebe est une surprise totale. David, en comprenant qu'il ne va pas attraper le placenta de Paul, mais un 2eme bébé, re-gaze sa femme. Quand il comprend que cette petite fille est trisomique, il décide en une fraction de seconde de mentir à Norah.
Trisomique, mais très bon résultat au test d'Apgar. Caroline prend peur, son boss devient fou...
Elle se retrouve avec la responsabilité de refourguer un bébé à une institution à la con pour enfants trisomiques (Ha, la belle époque où on avait si peu de considération pour les bébés. d'ailleurs elle n'est pas trisomique mais "mongolienne")
Les choses s'enchaînent très vite. Caroline, cette femme si douce, si sage, si honnête, se voit avec ce petit bébé dans les bras, elle ne le refilera pas à cette institution glauquissime. Finalement, elle la garde avec elle.
Et ment. Pour sauver les apparences. A tout le monde. Surtout à la commère de service. C'est la fille de son cousin qu'elle garde. Elle a 3 semaines. Et puis à d'autres elle dira que c'est sa fille.

On est tour à tour chez le couple, puis chez Caroline.
Norah est une mère heureuse. Son fils, c'est sa merveille. Mais elle a un manque. Paul l'a peut être aussi ? Se souvient-il de sa soeur ? Va-t-il en souffrir plus tard ?
Chacun gère sa souffrance à sa manière. David va passer sa vie à mentir à sa femme. Un mensonge terrible. Un lourd secret à garder. Norah, elle, ne fait que penser à cette petite fille morte-née qu'elle n'a même pas vue une seconde.

Nous voilà donc ballotté à droite, à gauche. Face à deux destins, deux femmes différentes, un drame qui les unit en secret. Et cette petite fille, Phoebe. Élevée par une autre que sa mère, seule, dans le mensonge.

Un roman hyper poignant, incroyable, puissant et magnifique.